France : l’imam qui a justifiĂ© le meurtre de Juifs a Ă©tĂ© acquittĂ© du chef d’accusation d’incitation

Mohamed Tatai, le recteur de la Grande MosquĂ©e de Toulouse, n’avait aucune envie d’inciter Ă  la haine dans son sermon de 2017, a jugĂ© mardi le tribunal correctionnel de Toulouse. Le sermon a eu lieu quelques jours après l’annonce que les États-Unis reconnaĂ®traient JĂ©rusalem comme la capitale d’IsraĂ«l.

Les dirigeants de la communauté juive, qui ont rompu leurs relations avec Tatai et sa mosquée après la découverte de son sermon, ont protesté contre la condamnation. Tatai dirige un groupe de dialogue interreligieux appelé Circle for Civil Dialogue.

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Franck Teboul, prĂ©sident de la section toulousaine du groupe de coordination CRIF des communautĂ©s juives de France, a dĂ©clarĂ© que cela rappelait une dĂ©cision rĂ©cente en France de ne pas poursuivre le meurtrier d’une femme juive parisienne lors de l’assassinat de Sarah Halimi en 2017 avec des injures antisĂ©mites tout en criant au sujet d’Allah. Un tribunal a statuĂ© que Kabili TraorĂ© Ă©tait trop sous l’effet de la marijuana pour le tenir responsable de ses actes.

« Même lorsque vous tuez un juif, ils ne vous condamnent pas mais vous considèrent comme un fou », a déclaré Teboul à France Bleu. « Alors vous dites à des milliers de personnes dans une mosquée de tuer les Juifs et vous vous cachez derrière un texte vieux de plusieurs siècles pour éviter la condamnation. »

Les dirigeants de la communautĂ© musulmane ont saluĂ© l’acquittement du tribunal.

Abdallah Zekri, prĂ©sident de l’Observatoire de lutte contre l’islamophobie et leader communautaire nommĂ© par la Grande MosquĂ©e de Paris, a dĂ©clarĂ© que le verdict « va Ă  l’encontre des fondamentalistes radicaux qui s’attendaient Ă  ce que Tatai soit condamnĂ© Ă  dire Ă  ses partisans : ‘Regardez comment ils traitent un musulman modĂ©rĂ©,’ comme citĂ© par France Bleu.

Zekri a défendu Tatai, affirmant qu' »il a toujours entretenu de bonnes relations avec les communautés juives et catholiques ».

Tatai, qui n’a pas dĂ©missionnĂ© de ses fonctions communautaires, a reçu un certain soutien de membres Ă©minents de la communautĂ© musulmane.

Dans le sermon qui a Ă©tĂ© filmĂ©, il a dĂ©clarĂ© que le prophète Mahomet nous a parlĂ© de la bataille finale et dĂ©cisive : ‘Le Jour du Jugement ne viendra pas tant que les musulmans n’auront pas combattu les Juifs. Les Juifs se cacheront derrière les pierres et les arbres, et les pierres et les arbres diront : Musulman, serviteur d’Allah, il y a un Juif qui se cache derrière moi, viens le tuer – sauf l’arbre de Gharqad, qui est un des arbres des Juifs.’

Il a Ă©galement prĂ©dit la disparition d’IsraĂ«l et a dĂ©clarĂ© que les funĂ©railles du prĂ©sident israĂ©lien Shimon Peres en 2016 Ă©taient en fait les funĂ©railles d’IsraĂ«l.

Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris et président du Conseil français du culte musulman, a protesté contre la controverse sur le sermon Tatai plutôt que sur le sermon lui-même.

Agissant en tant que porte-parole de Tatai, Boubaker a dĂ©clarĂ© que Tatasi « s’excuse auprès de quiconque a Ă©tĂ© accidentellement offensĂ© en sortant le sermon de son contexte ». Aucun des deux imams n’a expliquĂ© quel est, Ă  leur avis, le contexte correct.