Franco-israélien, vous avez un bien immobilier en France ? Une nouvelle loi restreint son héritage..

De nombreux IsraĂ©liens de nationalitĂ© française investissent dans l’immobilier en France. Pas mal de français, majoritairement juifs, investissent aussi dans des propriĂ©tĂ©s en IsraĂ«l et considèrent cela comme un certificat d’assurance, et un accueil et un abri en cas de dĂ©part de France, entre autres Ă  cause de l’antisĂ©mitisme ou par crainte lors des nouvelles Ă©lections.

Dans la plupart des cas, ces biens sont louĂ©s jusqu’au dĂ©cès du propriĂ©taire, puis les descendants se retrouvent empĂŞtrĂ©s dans des dossiers successoraux mettant en cause le droit français et le droit israĂ©lien.

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Selon la loi israélienne, il n’y a aucune restriction sur le droit de succession et un  testateur peut, dans son testament,  léguer ses biens à qui il voudra, sans limitation. Par contre, la loi française stipule que le testateur ne peut déshériter complètement ses enfants. Ceux-ci auront le droit d’hériter, dans tous les cas, d’une partie de la succession du testateur. Si l’un des enfants du défunt décède avant lui, ses enfants (c’est-à-dire les petits-enfants du défunt) hériteront d’une partie de la succession. Dans le cas où le défunt n’aurait pas d’enfants, son/sa conjoint/e aura droit à 25% de sa succession. Après répartition aux héritiers protégés, le testateur pourra léguer le solde de la succession à qui il voudra.

Le nouveau règlement europĂ©en entrĂ© en vigueur le 17 aoĂ»t 2015 en France a fixĂ© des règles claires concernant le partage de la succession des propriĂ©taires dĂ©cĂ©dĂ©s dans un pays qui n’est pas leur pays de rĂ©sidence principale
(Par exemple, avoirs d’IsraĂ©liens rĂ©sidant en France ou de Français rĂ©sidant en IsraĂ«l).

Ainsi, s’agissant des rĂ©sidents français dont les biens se trouvent en IsraĂ«l, le règlement prĂ©voit qu’Ă  dĂ©faut de testament, les biens en IsraĂ«l seront rĂ©partis conformĂ©ment Ă  la loi dans la rĂ©sidence principale du dĂ©funt, c’est-Ă -dire conformĂ©ment au droit interne français, Ă  condition que le dĂ©funt rĂ©sidait en France au moment du dĂ©cès.

Toutefois, un rĂ©sident de France peut choisir de faire appliquer une loi diffĂ©rente Ă  l’ensemble de ses biens, auxquels il a une affiliation ou un lien Ă©troit. Un rĂ©sident français peut explicitement dĂ©cider dans un testament que la loi israĂ©lienne s’appliquera Ă  son patrimoine. Ce principe laissait en effet au testateur toute libertĂ© de dĂ©cider du partage de la succession (contrairement aux dispositions du droit interne français qui prĂ©voient qu’il existe des parts rĂ©servĂ©es aux enfants).

Suite Ă  l’installation, bon nombre de rĂ©sidents français en IsraĂ«l ou des rĂ©sidents d’IsraĂ«l en France ont dĂ©cidĂ© de faire des testaments dans lesquels seule la loi israĂ©lienne s’appliquerait Ă  leur succession et ainsi le droit français serait rĂ©voquĂ© pour eux.
Cependant, compte tenu de l’impact important de la rĂ©glementation sur la formation des testaments en France et en IsraĂ«l, la loi française a dĂ©cidĂ© de la restreindre. Fin 2021, une deuxième rĂ©volution est nĂ©e dans le droit des successions français : les restrictions au partage du patrimoine des rĂ©sidents français et des binationaux (israĂ©liens et français) concernant les biens en France.

DĂ©but novembre dernier, une nouvelle loi est entrĂ©e en vigueur en France qui permet aux hĂ©ritiers protĂ©gĂ©s (enfants et petits-enfants) de rĂ©clamer une indemnisation si le père ou le grand-père a choisi de diviser la succession en vertu d’une loi successorale Ă©trangère (par exemple la loi israĂ©lienne sur les successions) .

La nouvelle loi vise Ă  restreindre substantiellement la rĂ©glementation europĂ©enne Ă  partir de 2015. Cette lĂ©gislation est venue Ă  l’encontre des rĂ©sidents français dĂ©tenteurs de la double nationalitĂ© qui ont choisi de partager leur succession selon le droit Ă©tranger (par exemple israĂ©lien), et parfois de rattacher tous leurs biens Ă  un conjoint issu d’un second mariage et de dĂ©possĂ©der les enfants.

Le lĂ©gislateur français a notĂ© que cette conduite Ă©tant totalement contraire aux principes du droit français, qui protège les enfants contre la perte de l’hĂ©ritage, les juges français se sont retrouvĂ©s les mains liĂ©es et ont Ă©tĂ© contraints d’approuver les testaments dans lesquels Ă©tait exerçaient la rĂ©glementation europĂ©enne.

DĂ©sormais, un rĂ©sident français ne pourra pas dĂ©cider de partager son patrimoine comme il l’entend, mĂŞme s’il choisit de faire un testament selon la loi israĂ©lienne. S’il dĂ©cide nĂ©anmoins de dĂ©possĂ©der les enfants ou petits-enfants – qui sont comme susdits hĂ©ritiers protĂ©gĂ©s par la loi française – ceux-ci pourront rĂ©clamer une indemnitĂ© Ă  la succession.

Cependant, il est important de souligner que la restriction est imposĂ©e uniquement sur les avoirs du testateur en France et non sur ses avoirs en IsraĂ«l. Autrement dit, un rĂ©sident de France qui est Ă©galement rĂ©sident d’IsraĂ«l pourra toujours hĂ©riter de tous ses biens en IsraĂ«l Ă  volontĂ©, sans aucune restriction.