Frida Wattenberg était trop jeune pour obtenir un permis de conduire lorsque les nazis ont envahi sa France natale en 1940.
Mais trois ans plus tard, Ă l’âge de 19 ans, elle risquait dĂ©jĂ sa vie en aidant Ă faire sortir des enfants juifs de la France occupĂ©e vers la Suisse neutre.
Frida Wattenberg est décédé à Paris le 3 avril des coronavirus. Elle avait 96 ans.
« C’Ă©tait une femme courageuse et une combattante infatigable », Ă©crit le MĂ©morial de la Shoah dans une nĂ©crologie.
NĂ©e Ă Paris en 1924 de parents juifs ayant immigrĂ© de la ville polonaise de Lodz, Wattenberg Ă©tait une activiste du mouvement de jeunesse juive HaShomer Hatzair dès son adolescence. Des mois après l’invasion des Allemands, Frida Wattenberg, alors âgĂ© de 16 ans, a Ă©tĂ© recrutĂ©e dans la rĂ©sistance.
En 1942, elle obtient la libĂ©ration de sa mère du Vel d’Hiv, le fameux point d’internement des Juifs parisiens, en obtenant des documents indiquant que sa mère Ă©tait employĂ©e d’une usine jugĂ©e vitale pour l’effort de guerre allemand. Un an plus tard, elle Ă©tait Ă Grenoble, dans le sud-est de la France, aidant les enfants juifs, dont beaucoup d’orphelins, Ă passer la frontière en lieu sĂ»r.
« C’Ă©tait horrible ce qui s’est passĂ© dans toute l’Europe », a dĂ©clarĂ© Wattenberg dans un tĂ©moignage dĂ©taillĂ© de 97 minutes qu’elle a rendu au MĂ©morial de la Shoah en 2014, Ă l’âge de 90 ans. « Nous ne pouvions pas toujours sauver les adultes. Mais nous avons essayĂ© de faire ce que nous pouvions pour les enfants. »
Après la guerre, Wattenberg a continuĂ© Ă travailler avec les enfants rĂ©fugiĂ©s, devenant un travailleuse sociale pour l’OPEJ, un groupe communautaire juif qui s’occupait des orphelins de guerre. Fervente sioniste, elle a aidĂ© Ă organiser l’immigration clandestine de Juifs en provenance de l’État d’IsraĂ«l.
Wattenberg a eu deux enfants, Amnon et Anita, avec son mari, Marcel Rudman.




