Gaza après les otages : pourquoi l’aide massive renforce le Hamas au lieu de le faire tomber

Tous les otages israéliens sont rentrés chez eux. Ce fait fondamental, obtenu grâce à l’action de Tsahal et au prix d’efforts militaires, humains et moraux immenses, change radicalement la réalité stratégique. Israël n’est plus retenu par l’impératif absolu de sauver des captifs. Nous sommes désormais entrés dans une nouvelle phase : celle qui devait logiquement conduire au démantèlement du Hamas et au désarmement de Gaza.

Pourtant, sur le terrain, la réalité est exactement inverse.

Alors que l’objectif officiel du « deuxième volet » de l’accord est de mettre fin au pouvoir du Hamas, l’organisation terroriste se renforce, s’enrichit et reconstitue ses capacités. Et cela ne se fait pas malgré Israël — mais en grande partie à cause de nos propres choix.

600 camions par jour : une aberration stratégique

Aujourd’hui, environ 600 camions de marchandises entrent chaque jour dans la bande de Gaza. Ce chiffre n’est pas contesté. Il est même reconnu par les autorités sécuritaires israéliennes elles-mêmes. Or, selon les évaluations humanitaires officielles, le besoin réel ne dépasse pas 120 à 150 camions par jour.

Nous sommes donc face à un volume quatre fois supérieur au strict nécessaire humanitaire.

Cette différence n’est pas anodine. Elle est le cœur du problème.

Car contrairement au discours naïf entretenu dans certaines capitales occidentales, le Hamas contrôle toujours Gaza. Il contrôle les points de distribution, les entrepôts, les circuits de vente et surtout la fiscalité imposée sur chaque produit qui entre dans la bande.

Résultat :
Chaque camion devient une source de revenus pour l’organisation terroriste.
Chaque cargaison renforce son emprise économique.
Chaque jour qui passe lui permet de consolider son pouvoir.

Une aide détournée, taxée et instrumentalisée

Le Hamas ne se contente pas de détourner une partie des marchandises. Il impose des taxes, prélève des commissions et maintient artificiellement des prix élevés sur les marchés locaux. Cette manne financière lui permet de :

  • payer ses cadres
  • réorganiser ses structures
  • maintenir la loyauté de clans locaux
  • reconstruire des réseaux logistiques
  • et, dans certains cas, réintroduire des moyens à usage terroriste

Plus grave encore : certaines cargaisons ont servi à dissimuler du matériel interdit, incluant des équipements à double usage qui peuvent être convertis à des fins militaires. Cela n’est plus une hypothèse, mais un fait établi par les forces de sécurité.

Ainsi, sous couvert d’humanitaire, nous alimentons indirectement l’ennemi que nous prétendons vouloir neutraliser.

Le mythe du désarmement volontaire

Il faut désormais regarder la réalité en face, sans slogans ni illusions.

Le Hamas n’acceptera jamais volontairement de se désarmer.
Il ne renoncera jamais à son pouvoir.
Il ne quittera jamais Gaza par négociation sincère.

Son idéologie, sa structure et son histoire reposent précisément sur la lutte armée et le contrôle total de la population. Parler de « désarmement progressif » ou de « transition politique » relève de la fiction diplomatique.

Chaque jour gagné par le Hamas est un jour de préparation supplémentaire pour le prochain conflit.

Plus de camions ou plus de pression ?

La question centrale n’est donc plus morale, mais stratégique.

Tant qu’Israël continuera à inonder Gaza de marchandises, le Hamas n’aura aucune raison réelle de céder. Pourquoi se désarmer quand l’argent entre, que le contrôle demeure et que la pression militaire s’est relâchée ?

À l’inverse, fixer un délai clair, conditionner toute aide à un processus réel et vérifiable de démantèlement, et surtout préparer une option militaire crédible est la seule voie susceptible de produire un changement.

Il ne s’agit pas de chercher la guerre par idéologie.
Il s’agit de reconnaître qu’aucune autre option n’existe.

Lorsque l’ennemi refuse toute reddition, toute démilitarisation et toute perte de pouvoir, la contrainte devient inévitable.

La responsabilité israélienne

Israël ne peut pas se contenter de gérer le temps.
Chaque semaine de statu quo renforce le Hamas.
Chaque concession sans contrepartie affaiblit notre position.

Maintenant que plus aucun otage n’est retenu, aucun obstacle stratégique majeur ne justifie l’inaction. Continuer à temporiser, c’est jouer le jeu du Hamas, consciemment ou non.

La fin du Hamas ne viendra ni des camions, ni des communiqués, ni des illusions diplomatiques. Elle viendra soit par une capitulation imposée, soit par une disparition militaire.

Il n’y a pas de troisième voie.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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