Une groupe de Juifs orthodoxes Ă  la rencontre d’un groupe gay pour pleurer les victimes d’Orlando

Rabbi Shmuel Herzfeld a Ă©crit l’histoire suivante Ă  propos de sa congrĂ©gation orthodoxe au Washington Post :

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

« Notre synagogue a appris l’horrible tragĂ©die qui a eu lieu Ă  la discothèque Pulse d’Orlando, en mĂŞme temps que nous fĂŞtions la fĂŞte de Chavouot, qui cĂ©lèbre le don de la Torah par D…

En tant que Juifs orthodoxes, nous ne voyageons pas, ni utilisons internet durant le Sabbat ou les jours fĂ©riĂ©s, comme Chavouot. Mais ce dimanche soir, nous avons Ă©couté les nouvelles, j’ai annoncé cette tragĂ©die dès que la fĂŞte a pris fin Ă  21h17, ce lundi. Nous avons donc dĂ©cidĂ© de quitter notre synagogue au nord-ouest de Washington vers un bar gay comme acte de solidaritĂ©.

Nous voulions simplement partager le message que nous Ă©tions tous dans la douleur et que nos vies n’Ă©taient pas comme d’habitude, ce soir lĂ . MĂŞme si la fĂŞte est un Ă©vènement joyeux, je pouvais voir les larmes dans les yeux de ceux qui priaient.

Je ne me suis pas rendu dans un bar depuis plus de 20 ans. Et je n’ai jamais Ă©tĂ© dans un bar gay. Quelqu’un dans la congrĂ©gation m’a parlĂ© d’un bar appelĂ© Fireplace, donc j’ai annoncĂ© notre destination. Par la suite, j’ai dĂ©couvert qu’il Ă©tait surtout frĂ©quentĂ© par des homosexuels afro-amĂ©ricains.

Environ une douzaine d’entre nous, portons des Kippot, ou yarmulkes, et nous y sommes descendus dès que la fĂŞte fut terminĂ©e. Quand nous nous sommes rĂ©unis Ă  l’extĂ©rieur du Bar, nous avons vu un grand homme ivre parler fort et bizarrement. Je me demandais si nous Ă©tions au bon endroit. Puis ma mère, qui Ă©tait avec moi, est allĂ©e vers un homme qui se tenait sur le cĂ´tĂ© du bâtiment. Elle lui a dit pourquoi nous Ă©tions lĂ . Il a fondu en larmes et nous a dit que son cousin a Ă©tĂ© tuĂ© au Pulse. Il nous a embrassĂ© et nous a invitĂ© Ă  entrer.

Nous ne savions pas Ă  quoi nous attendre, mais il s’est avĂ©rĂ© que nous avions beaucoup en commun. Nous avons rencontrĂ© du monde dans le bar. Un des patrons m’a dit que ses petits-enfants avaient fait leur bar-mitsva dans notre congrĂ©gation. Un autre a demandĂ© ma carte de telle sorte que son Ă©glise puisse nous visiter. Le barman a Ă©teint la musique dans la salle et la foule s’est tue pendant que nous prononcions quelques mots de prière et de guĂ©rison pour les blessĂ©s.

Puis nous avons allumĂ© des bougies commĂ©moratives et tout le monde se donna les mains, les uns avec les autres, et nous avons chantĂ© des airs mĂ©lancoliques. Après cela, l’un de nos fidèles a proposé un verre de bière à l’ensemble des personnes prĂ©sentes.

Tout le monde dans le bar s’est embrassĂ©. C’Ă©tait puissant et Ă©mouvant, rĂ©el et sincère.

Après cela, nous nous sommes rendus en extĂ©rieur Ă  Dupont Circle. LĂ  aussi, nous ne savions pas Ă  quoi nous attendre. Mais comme nous nous sommes rĂ©unis autour du cercle commĂ©moratif, les gens ont continuĂ© Ă  venir Ă  nous et nous embrasser. Un homme que nous avons rencontrĂ© nous a dit que sa fille prie parfois avec nous. D’autres Ă©taient en visite de Los Angeles, mais se sont joints aux prières, connaissant les mots en hĂ©breux et la chanson que nous chantions.

Comme nous chantions, je regardais certains membres homosexuels de notre congrĂ©gation avec des larmes couler sur leurs visages. J’ai senti cette rĂ©alitĂ© que nous vivons dans un temps de douleur Ă©norme. Mais je sentais aussi que cette nuit fut une expĂ©rience d’apprentissage extraordinaire pour moi. J’ai appris qu’en tant que rabbin et membre d’une synagogue orthodoxe, il est possible de se rendre dans un bar gay afro-amĂ©ricain, de se connecter et d’ouvrir un dialogue, de briser les barrières et de se joindre aux autres jusqu’à former un tout, de rĂ©aliser que si nous voulons survivre, nous avons tous besoin les uns des autres ».