Le chef de la «faction de JĂ©rusalem» a menĂ© une scission historique dans le courant lituanien et sa mort a stoppĂ© la lutte indĂ©pendante menĂ©e par ses fidèles contre la direction rabbinique. Bien que les partisans d’Auerbach n’entendent pas abandonner, l’absence d’un nouveau leader conduira Ă un dĂ©clin de l’intensitĂ© de leur guerre interne et contre Tsahal.
La mort du chef de la  » faction de JĂ©rusalem  » Rabbi Shmuel Auerbach ce week-end est Ă©galement la mort de l’opposition ultra-orthodoxe. Il y a cinq ans, quelque chose s’est passĂ© dans le secteur ultra-orthodoxe. Avec la mort de Rabbi Yossef Shalom Elyashiv, le courant lituanien qui Ă©tait uni et influent en IsraĂ«l, s’est scindĂ© en deux groupes pour la première fois.
Le groupe principal Ă©tait dirigĂ© par le rabbin Aharon Steinman . Ce dernier a Ă©tĂ© nommĂ© comme le successeur de Rabbi Elyashiv, mais le rabbin Auerbach et ses Ă©tudiants ont refusĂ© d’accepter son autoritĂ©. Les implications Ă©taient immĂ©diates. Rav Auerbach a Ă©tĂ© poussĂ© aux marges de la direction centrale, ses loyalistes ont Ă©tĂ© chassĂ©s du journal Yated Neeman, qu’ils ont dirigĂ© pendant des annĂ©es, et leurs enfants n’ont pas Ă©tĂ© acceptĂ©s dans les Ă©tablissements d’enseignement ordinaires.
En rĂ©ponse, ils ne sont pas restĂ©s indiffĂ©rents. Ils ont fondĂ© un nouveau journal, fondĂ© des institutions Ă©ducatives et ont concouru pour la reprĂ©sentation politique dans les autoritĂ©s locales Haredi. Dans le cadre de la diffĂ©renciation du reste de la communautĂ© Haredi, Rabbi Auerbach s’est opposĂ© au recrutement des haredim Ă l’armĂ©e israĂ©lienne, et a demandĂ© Ă ses disciples de ne pas apparaĂ®tre dans les bureaux de recrutement afin d’ Ă©viter les frictions avec les autoritĂ©s militaires , un ordre qui est devenu le sujet de la direction centrale et une rĂ©action extrĂŞme par rapport Ă la direction Haredi.
Les Ă©tudiants du rabbin Auerbach ont Ă©tĂ© très choquĂ©s par sa mort car ils ne se sont pas prĂ©parĂ©s Ă la figure qui hĂ©riterait de sa place , ce qui a laissĂ© un grand vide. La nouvelle qu’ils ont Ă©tĂ© informĂ©s de la fin du shabbat a coupĂ© une longue lutte pour l’indĂ©pendance qui Ă©tait sans prĂ©cĂ©dent dans le public haredi jusqu’Ă la dernière dĂ©cennie.
La question principale est de savoir si son peuple marquera un nouveau chef Ă sa place. Les rabbins identifiĂ©s Ă la faction de JĂ©rusalem ne sont pas nombreux, et l’on estime qu’il sera difficile de dĂ©cider qui sera l’un d’eux comme le successeur qui sera suivi par tous ses Ă©lèves. Cependant, la possibilitĂ© qu’ils reviennent en bloc au mouvement principal Degel Hatorah , dont ils se sont sĂ©parĂ© est sans espoir, non seulement Ă cause de leur opposition, mais aussi Ă cause de l’opposition du mouvement lui-mĂŞme.
La poursuite de la lutte de la faction de JĂ©rusalem pour la reconnaissance sans chef spirituel est sujette Ă une perte d’avance parmi le public dont les gens obĂ©issent aux rabbins. Ce matin dans le journal « The Plas », le porte-parole de la faction, a fait allusion Ă la poursuite de la direction. Au lieu du rabbin Auerbach, 12 chefs de Yeshivot affiliĂ©s Ă lui serviront sous le parapluie de direction. Il n’est pas clair comment une telle dĂ©claration sera acceptĂ©e par le public haredi et la faction de JĂ©rusalem, mais cette annĂ©e sera le vĂ©ritable test pour eux.
Dans les prochains mois, les élections locales auront lieu et les hommes de Rav Auerbach tenteront de montrer leur force. Plus ils parviendront à amener des représentants dans les autorités locales, plus ils auront de sens après la mort.
Les délégués des autres partis ultra-orthodoxes Haredi pris dans un conflit en cours avec la faction de Jérusalem élaborent ces jours -ci la loi sur la conscription à nouveau après la disqualification de la Haute Cour. On estime que la lutte contre une telle question ne se décolore pas, mais se pose la question de savoir si elle sera de la même intensité.
La mort de Rav Auerbach soulève d’autres questions, telles que ce qui va arriver au journal « The Plas », qui a Ă©tĂ© le porte-parole des membres de la faction au cours des dernières annĂ©es. Dans le journal, ils ont soulignĂ© la ligne politique et idĂ©ologique, et l’annĂ©e dernière, qui a fait les manchettes quand 17 de ses hommes ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s parce qu’ils Ă©taient soupçonnĂ©s de menacer et d’extorquer des hauts fonctionnaires dans l’Ă©conomie. Ils Ă©taient soupçonnĂ©s d’avoir acceptĂ© de boycotter le journal et se sont abstenus de le publier.
Depuis lors, le journal a connu des difficultĂ©s financières et certains de ses membres l’ont abandonnĂ©. Rav Auerbach, qui avait de riches hommes d’affaires pour soutenir le journal, et n’est plus en vie peut entraĂ®ner une fin de soutien.
Les membres de la faction de JĂ©rusalem n’abandonneront pas facilement. La rĂ©alitĂ© du passĂ© montre que cette lutte est menĂ©e de toutes ses forces. Ils sont Ă la hauteur d’un mouvement d’opposition dont le but principal est une lutte pour la reconnaissance, mais maintenant le leader qui l’a dirigĂ© n’est plus. L’Ă©valuation est que cette guerre continuera de toutes ses forces, mais après la mort de leur rabbin, le pouvoir ne sera plus le mĂŞme et on peut supposer que l’opposition Haredi a commencĂ© Ă mourir plus tĂ´t que prĂ©vu.
Rabbi Auerbach Ă©tait connu ces dernières annĂ©es, surtout Ă la lumière de la lutte de recrutement, mais Ă©tait aussi l’un des grands leaders dans le secteur ultra-orthodoxe. Il Ă©tait le fils de Rabbi Shlomo Zalman, l’un des plus grands rabbins de la gĂ©nĂ©ration prĂ©cĂ©dente. Rav Auerbach Ă©tait un talmid hakham, un gĂ©nie de la Torah et de la Halakhah qui dirigea pendant de nombreuses annĂ©es une yeshiva oĂą des milliers d’Ă©tudiants Ă©tudièrent.
Ses Ă©tudiants faisaient partie de l’incitation et de la violence dirigĂ©es contre les soldats ultra-orthodoxes, mais le rabbin lui-mĂŞme s’est opposĂ© Ă l’utilisation politique faite par ceux qui sont proches de lui. De son point de vue, il voit cela comme une guerre sainte sur l’un des fondements de l’existence haredi dans le pays, et c’est peut-ĂŞtre ainsi qu’il aimerait qu’on se souvienne de lui pour toujours.





