Une semaine avant son dĂ©part de la President’s House, le prĂ©sident sortant Reuven Rivlin est rentrĂ© aujourd’hui (mercredi) d’une campagne d’adieu, sorte de voyage de libĂ©ration de trois jours aux États-Unis. Rivlin a visitĂ© la Maison Blanche, le Congrès, l’ONU et la communautĂ© juive Ă New York, et portait tous les messages IsraĂ©liens politiques vendeurs – Iran, palestinien, le Hezbollah et l’antisĂ©mitisme.
La rĂ©union Ă la Maison Blanche, a Ă©tĂ© mĂŞme prolongĂ©e au-delĂ des attentes, et a traitĂ© de questions rĂ©gionales sensibles. Mais surtout, ce furent trois jours d’apprĂ©ciation, de remerciements et de fĂ©licitations, de la part du prĂ©sident Joe Biden, tous cherchant Ă rendre hommage Ă Rivlin pour la fin de sept ans d’un mandat passionnant et tumultueux.
Rivlin s’est efforcĂ© de ne pas toucher Ă la politique pendant la visite, ni de tomber dans des pièges qui terniraient l’atmosphère festive avec des Ă©tincelles du pays, comme l’article clichĂ© – « Mais pourquoi Ă l’Ă©tranger ?  » La visite s’est ouverte par une rencontre avec des responsables juifs de tous les coins du spectre politique et religieux, dĂ©mocrates, rĂ©publicains, rĂ©formistes, conservateurs et orthodoxes comme une grande « famille ».
Un jour plus tard, Ă la Maison Blanche, oĂą se trouvait le premier invitĂ© israĂ©lien officiel du prĂ©sident Biden, de nombreuses questions ont Ă©tĂ© posĂ©es dans le bureau ovale sur la nature, le caractère et les chances de succès du nouveau gouvernement israĂ©lien, mais Rivlin a Ă©ludĂ© et refusĂ© de dire aux journalistes ses rĂ©ponses. De lĂ , il a dĂ©mĂ©nagĂ© Ă Capitol Hill, pour une rĂ©union avec des membres supĂ©rieurs du Congrès – Ă laquelle assistaient un nombre Ă©gal de lĂ©gislateurs des deux partis, afin de maintenir un Ă©quilibre parfait.
Lors de la rĂ©union de clĂ´ture avec les ambassadeurs Ă©trangers auprès de l’ONU, organisĂ©e par l’ambassadeur Gilad Ardan, le prĂ©sident a plaisantĂ© en disant qu’il Ă©tait originaire d’un « parti dont je ne me souviens pas du nom » qui n’etait autre que le Likoud et par cela donne une claque Ă ce parti liĂ© Ă Bibi.
Pourtant, comme il sied Ă un homme politique, qui met fin non seulement Ă un mandat de prĂ©sident mais aussi Ă une carrière politique de plusieurs dĂ©cennies, la politique a Ă©tĂ© prĂ©sente mais aux États-Unis, ou du moins parmi l’Ă©crasante majoritĂ© de la communautĂ© juive et les dirigeants du parti dĂ©mocrate, Rivlin est perçu comme celui qui a comblĂ© les Ă©carts et les diffĂ©rends politiques profonds créés ces dernières annĂ©es sous Netanyahu et Trump, qui avait quand Ă eux une relation stratĂ©gique Ă©troite entre JĂ©rusalem et Washington qui ont atteint de nouveaux sommets mais beaucoup de Juifs des États-Unis, dont la grande majoritĂ© soutient le Parti dĂ©mocrate, et le soutien bipartite au Congrès, l’une des pierres angulaires de l’alliance entre les deux pays ont montrĂ© leur mĂ©contentement.
Rivlin, qui vient de l’extrĂŞme droite de la carte politique, n’a jamais partagĂ© les vues de paix des dĂ©mocrates amĂ©ricains. MĂŞme lors de sa dernière rencontre avec Biden, qu’il connaĂ®t depuis les annĂ©es 1970, il a pris la peine de souligner qu’il s’oppose toujours fermement Ă la solution Ă deux États dont son interlocuteur rĂŞve passionnĂ©ment Ă ce jour ; Mais dans son attachement aux valeurs de tolĂ©rance, de pluralisme et de dĂ©mocratie – ils le voyaient comme un partenaire et un alliĂ© – et surtout, une antithèse Ă la relation belliqueuse et hostile avec M. America, qui ces dernières annĂ©es a prĂ©fĂ©rĂ© investir dans les actions de seconde partie et les partisans chrĂ©tiens Ă©vangĂ©liques.
Lorsque Netanyahu a insultĂ© l’ancien prĂ©sident Obama et menĂ© une guerre acharnĂ©e Ă propos de l’accord nuclĂ©aire, Rivlin et sa femme Nehama se sont rĂ©chauffĂ©s avec lui et Michelle. En aoĂ»t 2019, lorsque l’ancien prĂ©sident Donald Trump a insultĂ© les Juifs amĂ©ricains et remis en question leur loyautĂ© envers IsraĂ«l, Netanyahu est restĂ© silencieux, mais Rivlin a appelĂ© la prĂ©sidente de la Chambre des reprĂ©sentants, Nancy Pelosi, Ă condamner et Ă faire preuve de partenariat avec les Juifs qu’il a dĂ©finis comme la « cinquième tribu », et leur a attribuĂ© un rĂ´le vital et crucial dans l’existence et la sĂ©curitĂ© d’IsraĂ«l.
Ainsi, entre bibisme et trumpisme, le prĂ©sident sortant a prĂ©sentĂ© les juifs dĂ©mocrates aux juifs dĂ©mocrates. Et son invitation au Bureau ovale juste avant sa retraite Ă©tait une expression de gratitude, mais aussi – une sorte de doigt dans l’Ĺ“il de Netanyahu, qui s’il Ă©tait encore Premier ministre – il le regarderait de loin.
La campagne d’adieu de Rivlin se poursuivra avec son retour en IsraĂ«l, avec une visite officielle de notre deuxième alliĂ© en importance et en force – le prĂ©sident allemand Frank Walter Steinmeier, qui vient Ă JĂ©rusalem pour lui dire au revoir.
Mercredi, il prononcera son discours d’adieu Ă la Knesset, passant le relais Ă son successeur, Yitzhak Herzog. Pour la première et unique fois de tout son mandat – dans le fauteuil du Premier ministre devant la tribune du plĂ©num sera assis un homme autre que Netanyahu – l’homme qui a agi contre son Ă©lection au poste en premier lieu, il y a exactement sept ans.





