J’ai rencontrĂ© Michael Bassin la semaine dernière. C’est un gars très gentil, sympathique et ouvert, et il m’a parlĂ© d’un livre qu’il a Ă©crit sur ses aventures dans le monde arabe et plus tard dans les FDI.
Sioniste, idĂ©aliste, il lui a Ă©tĂ© demandĂ© ce qu’il pouvait faire personnellement pour contribuer Ă la paix entre IsraĂ«l et le monde arabe.Il a rĂ©pondu qu’il devait apprendre Ă connaĂ®tre l’autre cĂ´tĂ© Ă un niveau personnel, en lui rappelant qu’on ne faisait pas la paix avec des amis.
Après avoir étudié l’arabe classique à l’université George Washington, Michael a passé un semestre à l’Université américaine de Sharjah, dans les Émirats arabes unis pour protester contre les objections de ses parents juifs conservateurs.
Michael s’est d’abord rendu en Égypte, puis Ă Amman, en Jordanie. Étant un homme naturellement ouvert et ne voulant pas tromper personne, il a laissĂ© savoir Ă ceux qui le lui demandaient qu’il Ă©tait juif. Les chrĂ©tiens en Égypte l’informèrent rapidement qu’en fait, le fait de hurler qu’il Ă©tait juif, il Ă©tait extrĂŞmement stupide et dangereux d’agir ainsi dans le pays le plus antisĂ©mite du monde.
MalgrĂ© cela, quand il est allĂ© Ă Sharjah, il a dĂ©cidĂ© de dire Ă tous ceux qui le demandaient qu’il Ă©tait juif et de laisser sa personnalitĂ© gagnante permettre aux gens de voir que les juifs n’Ă©taient pas mauvais.
Sharjah reprend l’essentiel de l’histoire de Bassin et elle est fascinante. Bassin n’est pas du type idĂ©aliste comme l’organisation gauchiste « la voix juive pour la paix » qui passe du temps dans le monde arabe Ă dire aux gens Ă quel point IsraĂ«l est pervers. Michael est sioniste et très bien informĂ©. D’autre part, il veut vraiment nouer des relations avec les Arabes qu’il rencontre.
La diversitĂ© des gens Ă l’universitĂ© est diversifiĂ©. Il y a Mo, qui aime l’enthousiasme d’ĂŞtre ami avec un Juif mais dont le frère tente de diffamer Michael parmi les Ă©tudiants Ă chaque moment. Il y a Jake, un AmĂ©ricain chrĂ©tien qui se trompe en tant que Juif. Un professeur admet Ă Michael qu’il travaillait en IsraĂ«l et qu’il adore ça lĂ -bas. D’autres professeurs n’essayent mĂŞme pas de cacher leur antisĂ©mitisme. Deux Arabes de JĂ©rusalem deviennent des alliĂ©s sionistes improbables, ravis de mettre mal Ă l’aise les autres Arabes de raconter Ă quel point IsraĂ«l est bon. Un espion prĂ©sumĂ© des Emirats Arabes Unis est envoyĂ© pour le sĂ©duire et le droguer afin de lui donner une excuse pour l’expulser du pays. Oussama, un sosie de Ben Laden, tente de convertir Michael Ă l’islam…
Michael est accusĂ© d’ĂŞtre un espion israĂ©lien Ă l’Ă©cole, mais il en rit: après tout, un espion n’admettrait pas qu’il Ă©tait juif. Pourtant, quand il se sent mal Ă l’aise avec la façon dont les gens le traitent, en particulier les Palestiniens sur le campus, il n’est pas intimidĂ© – il assiste plutĂ´t Ă un Ă©vĂ©nement du Club culturel palestinien. Alors que tout le monde est sous le choc, au cours des prochaines semaines, un certain nombre de Palestiniens l’approchent individuellement pour lui demander d’expliquer le point de vue israĂ©lien. Son courage et les dirigeants du PCC qui n’osaient pas l’affronter lors de la rĂ©union, les faisant ressembler Ă des lâches, augmentèrent le respect de chacun pour lui.
L’une des Palestiniennes curieuse Ă©tait une jeune fille hijabi, du nom de Samira, qui avait eu peur de lui avant l’Ă©vĂ©nement. Ils ont flirtĂ© mais ils savaient qu’il ne pouvait pas aller plus loin, car sa vie serait en danger si la nouvelle venait Ă sortir. Des choses innocentes peuvent entraĂ®ner la vie ou la mort. Michael a appris cela plus tard lorsqu’un ami dont il avait l’habitude d’envoyer un courrier Ă©lectronique Ă un ami israĂ©lien (son propre Internet a Ă©tĂ© fermĂ© par un directeur de dortoir vindicatif) a Ă©tĂ© enlevĂ© et battu par les forces de sĂ©curitĂ© des Émirats arabes unis, accusant ces amis d’ĂŞtre un espion israĂ©lien.
Pour moi, la chose la plus imprudente que Michael ait faite Ă©tait d’aller en vacances Ă Beyrouth, juste après la guerre de 2006 au Liban. InvitĂ©s Ă l’origine par des Ă©tudiants libanais, ils ont tous annulĂ© leur projet, le Hezbollah s’apprĂŞtant Ă prendre le contrĂ´le du pays avec une certaine violence. Michael et Jake sont allĂ©s de l’avant et ont constatĂ© que mĂŞme les sunnites et les chrĂ©tiens sunnites de Beyrouth avaient abandonnĂ© la ville de peur. Mais une fois sur place, ils ont visitĂ© les ruines des quartiers chiites de Beyrouth.
Un dĂ©tail de cet Ă©pisode m’a marquĂ©. A l’approche de la section bombardĂ©e, ils s’affichent avec des photos de jeunes garçons « martyrisĂ©s » par les bombes israĂ©liennes. Michael s’est senti mal pour la perte de vies innocentes. Ils ont ensuite rencontrĂ© Mohammed, âgĂ© de 17 ans, enthousiasmĂ© par les AmĂ©ricains, qui leur a dit: « Tout le monde a quittĂ© Beit Jibail au dĂ©but de la guerre. Mais le Hezbollah a choisi certaines personnes pour rester et devenir chahid , des combattants qui combattent les IsraĂ©liens « .
Le propre frère de Mohammed Ă©tait l’un de ceux choisis comme bouclier humain pour le Hezbollah. Et Mohammed Ă©tait heureux que son frère ait Ă©tĂ© choisi comme martyr pour que le Hezbollah puisse accuser IsraĂ«l d’avoir tuĂ© des enfants.
Étonnamment, Michael et Jake parviennent mĂŞme Ă se rendre Ă Damas pendant quelques jours, suivis par un membre de la police pas si secrète – ils finissent par lui demander des indications pour se rendre dans un bon restaurant car il Ă©tait si Ă©vident qu’il les suivait.Â
Le livre prend une tournure particulière lorsque, après ses Ă©tudes universitaires, Bassin se porte volontaire pour l’armĂ©e israĂ©lienne, oĂą il parle couramment sa langue arabe. Il est affectĂ© Ă des patrouilles en JudĂ©e-Samarie et tente d’apporter de l’humanitĂ© aux Palestiniens qu’il rencontre, et raconte la tension qui existe entre vouloir ĂŞtre amical et savoir qu’il doit agir en tant qu’autoritĂ© sinon la sĂ©curitĂ© en gĂ©nĂ©ral en souffrirait. Cette section du livre ressemble Ă une partie de « Au-delĂ de la ligne verte » de  Marc Goldberg.
« Je ne suis pas un espion » est parsemĂ© d’anecdotes drĂ´les et touchantes – sa recherche d’un jinn avec ses amis Ă©miriens vaut le prix du livre Ă elle seule.
Plus important encore, Bassin dĂ©crit la mentalitĂ© arabe mieux que quiconque. Tant de soi-disant « experts » prĂ©tendent savoir comment les Arabes pensent, mais les Arabes savent comment agir avec les ONG et les journalistes pour Ă©viter de faire honte Ă leur peuple. En vivant avec eux et en Ă©tant proactifs au lieu de timides, Bassin a gagnĂ© le respect et la confiance de nombreux Arabes qui lui ont parlĂ© franchement de l’antisĂ©mitisme qui leur avait Ă©tĂ© enseignĂ© dès la naissance.
C’Ă©tait un plaisir inattendu de rencontrer Michael et un autre plaisir de lire son livre. Je le recommande vivement Ă tout le monde – en particulier aux « progressistes » qui prĂ©tendent vouloir la paix mais dont l’idĂ©e de la paix est de faire avec douceur ce que les Arabes leur demandent.
Bassin respecte et veut la paix avec les Arabes  mais, contrairement à la foule progressiste, il se respecte également.






