Il n’y aura pas de troisième chance avec l’Iran

L’ultimatum que l’Iran a donnĂ© aux États-Unis sur la levĂ©e des sanctions imposĂ©es Ă  l’Ă©conomie de TĂ©hĂ©ran et son engagement en faveur de l’accord nuclĂ©aire de 2015 a expirĂ©.

Il a Ă©galement Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ© que tous deux avaient menĂ© des nĂ©gociations clandestines pendant des semaines dans le but de reprendre les pourparlers sur le pacte et, en outre, plusieurs responsables qui faisaient partie des nĂ©gociations sous la prĂ©sidence d’Obama ont participĂ© Ă  ces conversations, ce qui explique pourquoi une sensation de dĂ©jĂ  vu.

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Les nĂ©gociations clandestines ont Ă©galement eu lieu fin 2012 et ont fini par ouvrir la voie Ă  des discussions publiques. La diffĂ©rence est qu’alors il y avait un consensus international sur le fait que les nĂ©gociations Ă©taient impossibles tant que l’Iran insistait pour enrichir l’uranium, l’accord a finalement donnĂ© Ă  l’Iran ce qu’il voulait le plus : la reconnaissance internationale de son « droit fondamental » d’enrichir l’uranium comme il l’entendait.

Une autre ressemblance Ă©trange est la discussion sur un calendrier. PlutĂ´t que de se concentrer sur le fait d’empĂŞcher l’Iran de devenir un État nuclĂ©aire, les nĂ©gociations semblent essayer d’Ă©valuer «quand» l’Iran le deviendra, plutĂ´t que «si» cela se produit.

Les pourparlers qui ont prĂ©cĂ©dĂ© l’accord de 2015 avaient un sentiment d’urgence pour parvenir Ă  un accord sur cette mĂŞme question, tout comme les nĂ©gociations actuelles. Ceux qui l’ont nĂ©gociĂ© ont admis qu’Ă  son expiration, « l’Iran sera dans quelques mois avant d’avoir une bombe ». Donc, en fait, les pourparlers avec l’Iran n’essaient pas de prĂ©venir la menace, mais simplement de la retarder.

Bien que l’Iran ait violĂ© l’accord Ă  gauche et Ă  droite, il ne s’est jamais vraiment sĂ©parĂ© de lui, car il vaut la peine de prĂ©tendre qu’il le maintient. Comme le souligne l’Institut de recherche sur les mĂ©dias du Moyen-Orient, «l’Iran ne se retirera jamais de l’accord nuclĂ©aire, car il le reconnaĂ®t comme un État nuclĂ©aire, un statut approuvĂ© et reconnu par le Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU».

Donc, essentiellement, le Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU a reconnu, de jure, le droit de l’Iran d’enrichir de l’uranium, ainsi que la reconnaissance de facto du rĂ©gime de l’Ayatollah. Le supprimer sera très difficile.

L’Iran n’a pas retirĂ© les 8,5 tonnes d’uranium enrichi de son sol, comme l’avait ordonnĂ© l’Agence internationale de l’Ă©nergie atomique ; il n’a pas dĂ©truit le rĂ©acteur Ă  eau lourde d’Arak, comme il s’Ă©tait engagĂ© Ă  le faire dans l’accord de 2015 ; Il n’a pas non plus renoncĂ© aux aspects militaires de son programme nuclĂ©aire, comme l’a dĂ©montrĂ© le dossier nuclĂ©aire publiĂ© par IsraĂ«l en 2018.

Rien de tout cela n’a toutefois été suffisant pour que le Conseil de sécurité change de position.

Le scĂ©nario israĂ©lien suit Ă©galement une ligne similaire. L’opposition n’a pas soutenu la bataille du Premier ministre Benjamin Netanyahu contre l’accord Ă  l’Ă©poque, elle est restĂ©e tĂŞtue et, au lieu de se ranger du cĂ´tĂ© du gouvernement pour produire un front uni contre l’Iran, l’opposition perd une fois de plus l’occasion de dĂ©montrer sa responsabilitĂ©.

Étant donnĂ© que tous les acteurs empruntent Ă  nouveau le mĂŞme chemin, on ne sait pas si cela fait intentionnellement la sourde oreille Ă  la rĂ©alitĂ© ou s’ils sont chroniquement naĂŻfs. Dans tous les cas, tout le monde devrait se rĂ©veiller car il n’y aura pas de troisième chance lorsqu’il s’agira de traiter avec l’Iran.

Dr Limor Samimian-Darash sur Israël Hayom