Le vendredi soir dernier, Boris Kounik, habitant d’Ashdod âgé de 70 ans, est sorti pour sa promenade habituelle avec son chien. Une sortie banale, routinière. Dans un jardin public de la ville, il a croisé le chemin d’un jeune homme avec son chien non tenu en laisse et sans muselière. Il a osé lui faire une remarque. Ce qui a suivi a failli lui coûter la vie.
Selon les éléments de l’enquête et le récit de son fils Léonard, le jeune homme — Yaniv Tourona, 24 ans — n’a pas apprécié la remarque. Il a franchi le portail, a ordonné à son chien d’attaquer Boris, puis l’a frappé à coups de pied et de pierres. « Pendant que le chien attaquait mon père, l’individu lui bottait dessus et le frappait avec des pierres », raconte Léonard. « Il lui a cassé des dents, des côtes et l’os de la pommette. Il a des coupures aux sourcils, une blessure à l’œil et à la tête. Mon père a des blessures profondes aux membres, notamment au pied droit — on peut voir l’os. Heureusement, il n’a pas de lésions cérébrales, mais il est un peu confus. Il oublie des mots. »
Un téléphone volé, une victime laissée à saigner seule
Avant de fuir, Tourona a également dérobé de force le téléphone portable de Boris, qui tentait d’appeler son fils. Il l’a laissé seul, blessé, à saigner sur place. « Mon père a réussi à se relever et est rentré à la maison — et le chien de cet individu a continué à le suivre jusqu’à chez lui. Dès qu’il est arrivé, ma sœur l’a trouvé et a appelé une ambulance et la police. S’il n’avait pas réussi à rentrer, il aurait pu mourir là-bas. C’est extrêmement grave », confie Léonard, qui s’interroge encore : « Je ne sais pas quel genre d’être humain peut frapper comme ça un homme de 70 ans. »
Boris Kounik a été transporté d’urgence à l’hôpital. Une semaine plus tard, il y est toujours hospitalisé et doit subir une nouvelle intervention chirurgicale.
La détention prolongée, les charges qui se renforcent
La police d’Ashdod a rapidement identifié et arrêté Yaniv Tourona. Un second suspect, présent dans l’appartement de Tourona au moment de l’arrestation, a également été interpellé — non pour l’agression elle-même, mais pour n’avoir rien fait après les faits et pour ne pas avoir pu fournir d’explication à ce sujet.
Ce jeudi 7 mai, la détention de Yaniv Tourona a été prolongée jusqu’au 11 mai. La police souligne que les soupçons à son encontre se sont considérablement renforcés au fil de l’enquête. La détention du second suspect, elle, a été prolongée jusqu’au 7 mai. Des vêtements ensanglantés ont été saisis lors de la perquisition, et le chien impliqué dans l’agression a été placé en quarantaine dans le chenil municipal d’Ashdod.
Léonard ne cache pas sa méfiance vis-à-vis du système : « À ma connaissance, la police connaît déjà ce garçon. J’espère qu’ils feront ce qu’il faut. »
« Ce n’est pas un incident, c’est un abandon »
La réaction de l’association « Lobby du Million » — qui milite pour les droits des victimes — a été cinglante : « La violence contre Boris, 70 ans, est la preuve d’une police qui a perdu le contrôle et d’un système judiciaire à porte tournante, qui abandonne encore et encore les plus vulnérables aux mains de délinquants récidivistes. Ce n’est pas un ‘incident’ — c’est l’abandon du sang de nos retraités. Nous exigeons justice pour Boris et la prison ferme pour ces monstres. Nos rues ne sont pas le Far West. »
Cette affaire s’inscrit dans une série d’incidents de violence urbaine qui alimentent en Israël un sentiment croissant d’insécurité dans l’espace public — là où une promenade du soir devrait être le moment le plus anodin de la journée.
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