Selon l’agence de Presse Tazpit, et une de ses journalistes Anav Silverman, la libĂ©ration prochaine des terroristes est un erreur très grave.
Depuis plus de 25 ans, les jets de pierres palestiniens deviennent une partie de la vie courante pour les résidents juifs, vivant en Judée et Samarie. La plupart des 300.000 habitants qui vivent dans la région ont connu au moins une fois une attaque de pierre lancée sur leur véhicule.
Pour Akhikam Simantov de Ofra, une communauté établie en 1975 sur la route principale entre Jérusalem et Shehem, une énorme pierre lancée sur la voiture de sa famille a changé pour toujours sa vie, il y a 23 ans.
En mai 1990, après la cĂ©lĂ©bration de la JournĂ©e de JĂ©rusalem dans la capitale du pays, la famille Simantov rentrait Ă son domicile Ă Ofra. Mais plusieurs attaques de pierres ont ciblĂ© leur voiture le long du chemin. Une pierre ayant traversĂ© la fenĂŞtre de la voiture s’est Ă©crasĂ©e sur la tĂŞte de Akhikam, qui Ă©tait âgĂ© de sept mois Ă l’Ă©poque.
«C’Ă©tait une pĂ©riode oĂą il Ă©tait impossible de conduire sa voiture sans ĂŞtre touchĂ© [par] les roches », a dĂ©clarĂ© Edna Simantov, la mère de Akhikam sur Tazpit :
«La voiture de mon mari avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© touchĂ©e la semaine prĂ©cĂ©dente, c’Ă©tait la première Intifada, et les routes Ă©taient dangereuses, tout le monde devait ĂŞtre Ă©quipĂ© d’un blindage de protection pour les voitures. »
« Akhikam se mit Ă pleurer, sa tĂŞte n’avait pas de grosses plaies, pas mais elle avait commencĂ© Ă enfler. À la maison, nous l’avons lavĂ© et retirĂ© tous les morceaux de verre brisĂ© ». Il y avait trois autres frères et sĹ“urs dans la voiture Ă l’Ă©poque.
Parce qu’il n’y avait pas d’ambulances disponibles, la famille Simantov est retournĂ©e Ă JĂ©rusalem, cette nuit-lĂ , pour emmener leur bĂ©bĂ© Ă l’hĂ´pital. Le bĂ©bĂ© a perdu connaissance pendant le trajet.
« Il avait une importante hémorragie interne, et les médecins ne savaient pas si Akhikam allait survivre», a dit sa mère.
Akhikam a souffert, mais il a survĂ©cu malgrĂ© les dommages permanents au cerveau Ă la suite de l’attaque. L’enfant a eu des crises d’Ă©pilepsie et lorsque le mĂ©dicament ne pouvait plus contrĂ´ler ses crises, les parents de Akhikam ont commencĂ© Ă explorer l’option chirurgicale.
La famille Simantov, aidĂ©e de leur famille et des amis, se sont rendus Ă l’Institut neurologique de MontrĂ©al, oĂą Akhikam a subi une intervention chirurgicale Ă l’âge de 16 ans, ce qui a arrĂŞtĂ© les attaques d’Ă©pilepsie, mais n’a pas enlevĂ© tout le cĂ´tĂ© handicapant de son Ă©tat.
«Je ne peux, ni lire, ni Ă©crire, je ne serai jamais capable de servir dans l’armĂ©e, ou d’obtenir mon permis de conduire», raconte tristement Akhikam. «Je devrai toujours dĂ©pendre des autres pour m’aider, et quelque chose d’aussi simple que d’envoyer un SMS sera toujours compliquĂ© pour moi. Souvent, je me dis…Pourquoi moi ?  »
Simantov iAhikam qui dĂ©tient la roche s’est cognĂ© la tĂŞte comme un enfant, causant des dommages permanents au cerveau. Photo: Tzuriel Cohen-Araz.La mère d’ Akhikam a conservĂ© la pierre qui a fait basculer la vie de son fils et celui de sa famille. «Nous avons toujours su que les pierres Ă©taient des armes, et nous avons souffert de cette arme depuis des dĂ©cennies.» « Pour cette raison, un tiers du cerveau de mon fils a disparu. Il boite, et a des problèmes de dos, ne peut pas sentir sa main droite. Il fait de la physiothĂ©rapie trois fois par semaine. J’avais tellement d’espoir pour lui quand il est nĂ©, il avait tellement de potentiel.  »
« C’est une tragĂ©die qui se poursuit non seulement pour Akhikam, mais pour toute notre famille», conclut Edna. La sĹ“ur aĂ®nĂ©e de Akhikam, Yael, 25 ans, ajoute que «toute notre famille a vĂ©cu dans l’ombre de cette pierre.
MalgrĂ© tout cela, Akhikam a terminĂ© son service national, une annĂ©e de travail bĂ©nĂ©vole pour l’Etat, en prenant soin des chevaux, une activitĂ© qu’il continue de faire aujourd’hui. Il donne Ă©galement des confĂ©rences et des prĂ©sentations avec ACERCA pour raconter son expĂ©rience de vie Ă la police israĂ©lienne, aux soldats et Ă des Ă©tudiants, au QuĂ©bec.
Dans quelques heures, les hommes responsables de ces attaques seront libĂ©rĂ©s pour le bon vouloir des Etats Unis et de l’AutoritĂ© palestinienne.




