Suite à l’emprisonnement d’un soldat de Tsahal qui a tué un terroriste au sol, car il craignait qu’il porte des explosifs, un autre soldat a tenu à s’exprimer suite à son expérience personnel et nommer explicitement les conséquences quand il y a trop de retenue face au terrorisme imposé par le haut commandement de Tsahal :
« Aujourd’hui, j’ai besoin de m’exprimer car cela fait deux jours que je vois ce qui passe pour ce soldat qui a tué un terroriste et cela bout en moi.
Le 29 décembre 2015, je faisais partie d’une patrouille de routine dans le cadre des activités opérationnelles à Tulkarem avec mon unité. Au cours de la visite, nous avons reçu un avertissement concernant le risque d’attentat terroriste à partir d’une camionnette avec des occupants palestiniens.
Nous avons reçu une instruction précise de vérifier tous les véhicules et de vérifier la date de naissance des occupants et surtout ceux nés avant 1976, ce que nous avons fait. Nous avons commencé à contrôler les véhicules.
Les dons sont la bienvenue en cette situation particulièrement difficile :
Après 50 minutes, un mini-bus étant un taxi palestinien est arrivé avec 8 passagers. J’ai demandé leur carte d’identité, et après vérification, j’ai vu parmi eux un homme avec l’année de naissance 1976 ?
Immédiatement, on lui a demandé de sortir pour qu’on puisse y jeter un coup d’œil. On a vérifié 3 autres passagers et ils avaient des fusils (de combats) et on leur a dit de se mettre de côté..
Le quatrième passager portait une veste en cuir. Même si c’était le mois de décembre, il faisait plus chaud que d’habitude. Pouvait-il être un kamikaze prêt à se faire exploser, nous étions dans le doute.
(Il est important d’ajouter que le kamikaze et le reste des passagers possédaient un permis de travail pour Israël).
Mon ami, Uri Binmo (son supérieur) voulait vérifier sous son manteau mais mes soupçons étaient de plus en plus fort concernant la présence d’une bombe. Afin de tester je visais avec mon arme la tête du terroriste, et Uri a vu que je le visais avec mon arme, puis il se tourna vers moi.
Ce dialogue entre nous, je ne l’oublieras jamais :
Uri : Zicherman, tu ne tires pas.
Moi : Mais il porte une veste en cuir ?
Uri : Tu ne dois pas tirer sur place.
Moi : Je devais l’écouter en espérant qu’il me donne l’autorisation de tirer
Après quelques secondes, Uri s’est dirigé vers le kamikaze en lui parlant en hébreu.
Uri : Ouvre ta veste et montre moi ton t-shirt.
Le terroriste faisait comme si, il ne comprenait pas l’hébreu, alors Uri a commencé à lui crier en arabe en me demandant de ne pas tirer, et une balle était déjà dans le chargeur prête à partir …mais j’ai préféré écouter Uri et je n’ai rien fait…
Le terroriste a fait croire qu’il était sur le point d’enlever son t-shirt. Mais il a appuyé sur un interrupteur qui a déclenché une bombe de près de 30 kilos, et s’est fait exploser devant moi et Uri. Uri a été tué et j’ai été gravement blessé (voir sa photo avec le journal montrant Uri ZL et le mini bus).
Après des années de blessure, chaque nuit, cet événement me revient.
J’ai suivi les instructions.
Je n’ai pas tiré sur un terroriste parce qu’il n’y avait pas d’identification positive.
Je voulais vraiment lui tirer dessus, mais j’ai été méticuleux, car Uri n’a pas approuvé.
Nous avons tous deux payé le prix, un prix très lourd.
Lui de sa vie et moi de ma santé.
Tout ça parce que j’étais en train d’agir selon les règles d’engagement.
Et même si je voulais vraiment tirer sur le terroriste, je n’ai pas tiré pour ne pas désobéir aux ordres.
Pourquoi aujourd’hui, j’ai décidé de partager ce drame ? Parce que je suis malade, je suis très frustré avec ce qui se passe dans notre pays au cours des derniers mois, les soldats des Tsahal font face à un dilemme, face aux médias internationaux, au terrorisme continuel…
Parler de protocole dans les forces de défense israéliennes est une blague de très mauvais goût…
Notre armée est humaine, mais avant de nous parler de procédures pour ouvrir le feu, souvenez-vous de cette même procédure, où Uri est parti, et j’ai été gravement blessé…
Je vais vous dire, je pense que ce soldat au banc des accusés est un héros et je le salue, il a tué un terroriste, pour prévenir la future mort d’innocents. »
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