Iran :  » Le « grand satan » et les « sionistes » sont derrière les manifestations »

Bien que le Corps des gardiens de la rĂ©volution islamique (CGRI) s’inquiète de la hausse des prix du carburant, il ne s’est pas prĂ©parĂ© Ă  l’ampleur des Ă©meutes qui ont commencĂ© Ă  la mi-novembre et ont tuĂ© des centaines de manifestants iraniens innocents.

Le commandant de l’IRGC, Esmaeil Kowsari, a dĂ©clarĂ© ce week-end que les manifestations faisaient partie des « buts sales du grand Satan « et des sionistes. » Le « Grand Satan » est un terme utilisĂ© par le rĂ©gime iranien pour dĂ©signer les États-Unis.

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C’est l’un des premiers commentaires importants dans lesquels l’Iran a directement blâmé Israël, bien que la République islamique ait déjà reproché aux forces étrangères d’avoir provoqué les manifestations.

Kowsari est un soldat et homme politique qui est chef adjoint du quartier gĂ©nĂ©ral de Sarallah, chargĂ© de la sĂ©curitĂ© en pĂ©riode de troubles civils. Cela signifie qu’il Ă©tait essentiel de supprimer les manifestations.

Selon son entretien avec Tasnim News, Ă©galement publiĂ© par Radio Farda, il a dĂ©clarĂ© que certains des « fauteurs de troubles » qui avaient Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s avaient « avouĂ© leurs liens avec IsraĂ«l ». L’Iran a Ă©tĂ© accusĂ© d’avoir torturĂ© les manifestants. «Lorsque les autoritĂ©s le disent, il y a dĂ©finitivement des preuves est car ces individus ont avouĂ© lorsqu’ils ont Ă©tĂ© interrogĂ©s. « 

Il a dit ces commentaires impromptus Ă  une Ă©quipe de presse de Tasnim. Pendant le week-end, vendredi et lundi, il a fait d’autres commentaires lors d’un discours prononcĂ© Ă  la mosquĂ©e Al-Reza Ă  TĂ©hĂ©ran pour commĂ©morer plusieurs « martyrs » iraniens. Il a affirmĂ© que Daesh avait Ă©tĂ© créé par les AmĂ©ricains et que l’Arabie saoudite et IsraĂ«l Ă©taient Ă©galement derrière l’ISIS.

« L’Iran a très bien reconnu les traces de l’ennemi lors des rĂ©centes Ă©meutes ». Il a dĂ©clarĂ© que les mains criminelles des Etats-Unis, de l’Arabie saoudite et d’IsraĂ«l Ă©taient venues en Iran pour nuire Ă  la « rĂ©sistance » et agir contre les « nations de la rĂ©sistance ». C’est le terme utilisĂ© par l’Iran pour dĂ©signer le rĂ©seau de reprĂ©sentants du rĂ©gime pro-iranien, tels que le Hezbollah, les milices chiites et les rebelles Houthis, ainsi que le rĂ©gime de Bachar Assad en Syrie.

Dans la vision du monde du rĂ©gime iranien, tout au Moyen-Orient est rĂ©duit Ă  une vaste conspiration dans laquelle les États-Unis, IsraĂ«l et l’Arabie saoudite s’opposent Ă  « l’axe de la rĂ©sistance » dirigĂ© par l’Iran. La rhĂ©torique du rĂ©gime iranien compare cela Ă  une sorte de bataille mondiale massive du style du Seigneur des Anneaux entre ses forces et les forces des États-Unis, qui sont reprĂ©sentĂ©es sous le nom de Mordor ou de quelque chose de satanique.

Le problème avec le rĂ©cit du rĂ©gime est que dans toute la rĂ©gion, des manifestants ont protestĂ© contre le rĂ´le de l’Iran, du Liban Ă  l’Irak et au sein de l’Iran. Les anciens dirigeants iraniens et leurs anciens alliĂ©s, tels que Hadi al-Amiri de l’Organisation Badr en Irak, Hassan Nasrallah au Liban et le rĂ©gime relativement faible d’Assad, ne constituent pas exactement une alliance de forces. Son dĂ©sir de blâmer IsraĂ«l est une excuse pour les dĂ©fauts de TĂ©hĂ©ran. Dans le mĂŞme temps, le ministre des Affaires Ă©trangères, Mohammad Javad Zarif, supplie l’Europe d’essayer d’Ă©viter les sanctions amĂ©ricaines.

En silence, le rĂ©gime sait quand les manifestants Ă©taient motivĂ©s par des prĂ©occupations rĂ©elles et locales. Les rĂ©centes arrestations visaient des marchands et d’autres personnes, les accusant de « crimes Ă©conomiques ».