IsraĂ«l a exprimĂ© des doutes ce dimanche auprès d’un haut fonctionnaire concernant un plan de cessez le feu international pour la Syrie.
Bien que formellement neutre sur la guerre civile de cinq ans qui ravage son pays voisin, IsraĂ«l a une certaine influence parmi les puissances mondiales qui ont montĂ© des interventions armĂ©es et qui, ce vendredi, ont convenu d’une « cessation des hostilitĂ©s » dans une semaine.
L’accord, qui a Ă©tĂ© Ă©voqué lors d’une confĂ©rence de sĂ©curitĂ© Ă Â Munich, est dĂ©jĂ en proie Ă des rĂ©criminations de la part de la Russie -qui soutient militairement le prĂ©sident syrien Bachar el Assad et qui veut voir son Ă©tat restaurĂ©- et de la part des puissances occidentales qui ont appelĂ© Ă un changement Ă Damas impliquant des groupes d’opposition.
« La situation en Syrie est très complexe et il est difficile de voir comment la guerre et les meurtres de masse vont s’arrĂŞter » selon le ministre israĂ©lien de la DĂ©fense.
Selon Moshe Ya’alon qui devrait rencontrer Ă Munich ses homologues europĂ©ens et le roi Abdallah de Jordanie :
« La Syrie comme nous l’avons connue ne sera pas unie Ă nouveau dans un avenir prĂ©visible, et Ă un certain moment, je prĂ©vois que nous allons la voir se morceler en enclaves, organisĂ©es ou non, formĂ©es par diffĂ©rents secteurs qui y vivent et s’y battent ».
Ram Ben-Barak, directeur gĂ©nĂ©ral du ministère du Renseignement d’IsraĂ«l, a dĂ©crit la partition comme « la seule solution possible ».
«Je pense qu’en fin de compte la Syrie devrait ĂŞtre transformĂ©e en rĂ©gions, sous le contrĂ´le des Alaouites lĂ oĂą ils sont, et des sunnites lĂ oĂą ils sont », a dĂ©clarĂ© Ben-Barak Ă la radio de l’armĂ©e d’IsraĂ«l, faisant rĂ©fĂ©rence respectivement à la secte minoritaire d’Assad et de la majoritĂ© musulmane..
«Je ne vois pas comment une situation peut ĂŞtre rĂ©tablie après qu’un demi-million de personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es en Syrie ».
AidĂ©s par la puissance de feu russe, les forces gouvernementales syriennes et leurs alliĂ©s ont encerclĂ© les zones d’Alep occupĂ©es par les rebelles. « Cela donnerait Ă Assad un contrĂ´le effectif de l’ouest de la Syrie », a dĂ©clarĂ© Ben-Barak, mĂŞme si une grande partie de l’est est dominĂ©e par des insurgĂ©s de l’Etat islamique.
Une victoire d’Assad Ă Alep ne va pas, selon Ben-Barak :  » rĂ©soudre le problème, parce que les combats continueront. Ni ISIS ni les rebelles ne dĂ©poseront les armes « .
Tout en partageant les soucis Ă©trangers sur les avancĂ©es de l’Etat islamique, IsraĂ«l craint que la menace commune des insurgĂ©s crĂ©e un axe de facto entre les puissances mondiales et son ennemi jurĂ© l’Iran, qui a aussi des troupes aidant Assad.
« Tant que l’Iran est en Syrie, le pays ne pourra pas revenir Ă ce qu’il Ă©tait, et il aura des difficultĂ©s Ă devenir stable en tant que pays qui est divisĂ© en enclaves ».




