Selon le quotidien libanais An-Nahar, le président libanais Joseph Aoun mène depuis les toutes premières semaines de son mandat des discussions avec la direction du Hezbollah autour d’une possible renonciation de l’organisation à son armement lourd, qui serait alors transféré à l’armée libanaise ou à un autre cadre convenu entre les parties.
L’armement léger pourrait rester en place, dans un premier temps
Selon les informations rapportées, les acteurs impliqués dans l’élaboration de ce plan ne s’opposeraient pas à ce que le Hezbollah conserve, dans une première étape, son armement léger et moyen. L’avenir de cet arsenal devrait être tranché ultérieurement, dans le cadre d’un règlement distinct entre l’organisation et le gouvernement libanais. Le Hezbollah n’a toutefois toujours pas donné de réponse à cette proposition. Toujours selon An-Nahar, l’organisation attendrait de voir comment évoluent les négociations entre les États-Unis et l’Iran, dans l’espoir qu’un accord plus large entre Washington et Téhéran — notamment sur la question du détroit d’Ormuz — crée des conditions plus favorables à une avancée également sur le dossier libanais.
À découvrir aussi :
Si ce plan venait à progresser, une autre question devra être tranchée : celle de la force internationale qui serait chargée de surveiller la frontière entre le Liban et Israël une fois l’accord conclu. Cette possibilité est actuellement examinée dans le cadre de discussions menées à Rome et dans d’autres capitales, mais Israël n’aurait, selon ces mêmes informations, pas encore donné son accord au déploiement d’une telle force.
La Turquie prête à s’impliquer — en coordination avec l’Iran
Selon le journal, la Turquie ne s’opposerait pas à prendre part à cet arrangement, mais elle conditionnerait son implication à une coordination préalable avec l’Iran, et n’agirait qu’une fois clarifié l’avenir des ententes entre Téhéran et l’administration de Donald Trump. Bien que les liens entre Ankara et le Hezbollah n’aient jamais été totalement rompus et se poursuivent notamment par des canaux sécuritaires, une réserve profonde subsiste en Turquie à l’égard de l’organisation, en raison de son implication de longue date dans la guerre civile syrienne et de son soutien au régime de Bachar el-Assad.
À l’heure actuelle, deux questions centrales demeurent en suspens : celle d’Israël, qui ne s’est pas encore retiré de l’ensemble des zones qu’il occupe dans le sud du Liban, et celle du Hezbollah, qui n’a toujours pas répondu au plan censé lui faire céder au moins son armement lourd.
Sur ce dossier, retrouvez également notre analyse sur les avertissements voilés du chef du Hezbollah Naïm Qassem face à la perspective d’un désarmement, ainsi que notre suivi de l’histoire de rivalité entre Israël et le Hezbollah au fil des décennies.






