Vague de chaleur en Europe : quand les fleuves s’assèchent, les nazis refont surface

La chaleur intense et les conditions de sécheresse sévère continuent de frapper l’Europe, plusieurs pays d’Europe centrale et orientale ayant enregistré cette semaine des records de température. Les autorités slovaques ont ainsi annoncé un nouveau record national de 42 degrés, mesuré dans le village de Dolná Fľastinca. L’une des principales victimes de cette crise climatique est le Danube, qui traverse dix pays et voit son niveau chuter jusqu’à atteindre des seuils historiquement bas. Cette baisse spectaculaire a mis au jour des vestiges du passé nazi : des dizaines de navires datant de la Seconde Guerre mondiale ont émergé du lit du fleuve.

Une flotte engloutie qui refait surface

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Au cœur du fleuve, à la frontière entre la Serbie et la Roumanie, la coque démantelée d’un navire est apparue sur un banc de sable habituellement submergé. D’autres embarcations, partiellement immergées, sont toujours considérées comme chargées d’armements et de munitions. Selon les informations rapportées ce samedi par le Guardian, ces navires faisaient partie de la flotte de la mer Noire d’Adolf Hitler, que l’armée allemande avait délibérément sabordée vers la fin du conflit afin de ralentir l’avancée soviétique.

Les historiens rappellent que jusqu’à 200 navires de guerre allemands ont été coulés de cette manière en septembre 1944. L’Allemagne nazie ne capitulera pourtant que l’année suivante, en mai 1945. En 1944 toujours, la Royal Air Force britannique avait miné le fleuve dans le but de perturber les mouvements des forces ennemies. Ces épaves avaient déjà été mises au jour lors de précédentes périodes de sécheresse, avant de disparaître à nouveau lorsque le niveau des eaux remontait le long de ce deuxième plus long fleuve d’Europe. Le gouvernement serbe avait par le passé tenté de retirer ces vestiges, mais la plupart d’entre eux sont restés en place en raison des explosifs qu’ils transportent encore.

D’autres vestiges de la Seconde Guerre mondiale ont refait surface ailleurs le long du fleuve. En Slovaquie, la police a désamorcé une bombe britannique non explosée pesant environ 700 kilos. Les autorités l’ont chargée sur un véhicule de pompiers spécialement adapté avec un caisson de sable, garantissant son transport en toute sécurité, avant de l’emmener dans une fosse creusée à cinq mètres de profondeur pour la faire exploser.

Une motocyclette militaire allemande a également été repérée dans la capitale hongroise, Budapest, où le niveau du fleuve a atteint un plancher de seulement 10 centimètres, contre un précédent record négatif de 33 centimètres en 2018. Le niveau des eaux du Danube ne devrait pas remonter dans les jours ni les semaines à venir, aucune précipitation significative n’étant attendue.

Une crise qui dépasse le seul patrimoine historique

La baisse importante du niveau du fleuve a également provoqué une crise énergétique, plusieurs centrales électriques se trouvant au bord de l’arrêt. Les pays d’Europe centrale et orientale ont dû prendre des mesures drastiques pour économiser l’électricité et éviter une crise énergétique plus large. En Roumanie, la situation a atteint un point tel que les autorités ont dû faire exploser cette semaine un important rocher présent dans le fleuve afin de dévier les eaux vers le chenal du Danube et alimenter le dernier réacteur nucléaire encore actif du pays, indispensable à son refroidissement.

Cette pénurie d’eau a également conduit la seule centrale nucléaire de Hongrie, celle de Paks, construite à l’époque soviétique et comptant quatre réacteurs, à se retrouver au bord d’un arrêt complet pour la première fois en 44 ans d’activité. Cette installation, qui utilise les eaux du Danube pour refroidir ses réacteurs, n’a produit aujourd’hui que 240 mégawatts d’électricité, contre 2 000 en temps normal. Dans une vidéo publiée sur Facebook, le premier ministre hongrois Péter Magyar a indiqué que des ingénieurs étaient parvenus à maintenir en fonctionnement la dernière turbine encore active sur le site, évitant ainsi l’arrêt qui était redouté dès le week-end dernier, tout en précisant qu’un arrêt complet de la centrale serait probablement nécessaire dès demain ou après-demain.

Pour prolonger la lecture sur ce sujet, retrouvez notre article sur la sécheresse qui avait déjà exposé des navires nazis sur le Danube en 2022.