Jour du Souvenir : quĂŞte d’un IsraĂ©lien pour canaliser les traumatismes des victimes des attentats palestiniens

En 2002, le père de Jacob Kimchy est mort dans un attentat-suicide du Hamas dans sa ville natale de Rishon LeZion. Treize ans plus tard Kimchy est toujours aux prises avec l’angoisse, y compris les cauchemars au milieu de la nuit. NĂ©anmoins, il a entrepris un voyage pour aider d’autres victimes du terrorisme Ă  surmonter leurs traumatismes comme en IsraĂ«l, ce mercredi pour marquer Yom Hazikaron, la journĂ©e nationale du souvenir des soldats et des victimes du terrorisme.

«J’ai rencontrĂ© les victimes de traumatismes….La douleur s’accumule Ă  l’intĂ©rieur des victimes, « c’est comme un poison. Il vous tue et vous mange lentement. L’autre façon est d’ouvrir votre cĹ“ur, d’ouvrir la bouche, d’exprimer et de partager ses Ă©motions. »

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« Dans le monde psychologique, il y a quelque chose qu’on appelle, la croissance post-traumatique » et il prĂ©sente un autre chemin pour les victimes de traumatismes, dit Kimchy. Il s’agit de prendre ce qui est arrivĂ© et de le transformer en « quelque chose de grand », ce qui peut devenir quelque chose de plus positif dans leurs propres vies.

Le père de Koby, Rami Kimchy, un chauffeur de taxi est entrĂ© dans une boĂ®te de nuit le 7 Mai 2002 Ă  Rishon LeZion pour chercher un client. Quelques minutes après que Rami soit entrĂ© dans le club, un kamikaze du Hamas de 18 ans est entrĂ© et s’est fait exploser, tuant instantanĂ©ment Rami et 14 autres personnes. Jacob, l’un des trois enfants, a Ă©tĂ© l’un des premiers Ă  arriver sur les lieux, dans l’espoir d’aider les survivants. Quand il a remarquĂ© le taxi de son père garĂ© devant le club, Jacob s’est Ă  ce moment rendu compte que son père avait Ă©tĂ© tuĂ©.

« Depuis cette perte, je suis complètement dĂ©truit », a dĂ©clarĂ© Jacob, ajoutant qu’il avait une « relation forte » avec son père. «C’Ă©tait au-delĂ  de tout. Au dĂ©but, j’ai refusĂ© de voir un psychologue. Je me sentais comme mon père, juste assassinĂ©, pourquoi quelqu’un allait-il essayer de m’aider Ă  prendre ma douleur. Je voulait sentir la douleur parce que je mĂ©rite de sentir la douleur de la mort de mon père. »

« Certains jours, je ne pouvais rien faire», a-t-il ajouté.

Jacob a finalement demandĂ© de l’aide psychologique, et a dĂ©cidĂ© de continuer Ă  vivre, il a voulu tendre la main Ă  d’autres victimes du terrorisme. En 2006, il a fondĂ© « One Heart », une organisation Ă  but non lucratif qui unit les adultes et les enfants du monde entier dans des camps d’Ă©tĂ© et des rĂ©unions de groupes appelĂ©s les Cercles de survivants. L’organisation a Ă©galement offert un soutien psychologique gratuit et la chirurgie plastique aux victimes de blessures subies lors d’attaques terroristes.

Les mémoires de Jacob, Un nouveau soleil: A True Story , a été publié ce mois-ci avec les détails de son voyage déchirant, mais inspirant depuis la mort de son père. Ce Yom Hazikaron sera le premier en 10 ans où Jacob ne sera pas en Israël avec sa mère.

Jacob parle souvent et publiquement comment survivre au traumatisme et au terrorisme. Il est apparu lors de conférences internationales pour les victimes du terrorisme où il a parlé à travers le monde, y compris aux Pays-Bas, Angleterre, Espagne, France, Suède, États-Unis et Israël.

Dans un message universel, il raconte que toutes les victimes du terrorisme ne doivent jamais abandonner. «Quoi qu’il arrive, vous avez Ă©tĂ© victime, si vous avez perdu un membre, si vous avez perdu un ĂŞtre cher, un membre de la famille, un ami – ce ne est pas grave, il y a toujours quelqu’un pour vous aider. Nous pouvons trouver une meilleure façon; un meilleur endroit et ne jamais abandonner ».

Jacob poussĂ© par son propre traumatisme, a dit qu’il a beaucoup grandi avec ce lourd fardeau. D’autre part, face Ă  la perte de son père et sa dĂ©vastation, quelque chose restera toujours avec lui. Il a dit avoir entendu parler des horreurs du terrorisme dans les mĂ©dias, mais le voir en première loge, c’est comme « frapper la tĂŞte très fort et vous rĂ©veiller, et vous dire que toutes ces choses que les gens entendent tous les jours sont effectivement vraies ».

«Cela fait 13 annĂ©es, [et] je souffre encore de cauchemars. J’ai beaucoup de cauchemars oĂą moi-mĂŞme, mes amis, ma famille, nous sommes tous tuĂ©s Ă  plusieurs reprises dans des attentats-suicides », a-t-il dit. « Je me rĂ©veille au milieu de la nuit avec des cauchemars, et je crie parce que je pense que c’est si rĂ©el. Je me rĂ©veille d’un rĂŞve oĂą je perds deux mains ou mes jambes, et je crie parce qu’il est si rĂ©el et si effrayant et je ne suis mĂŞme pas sĂ»r, si je suis Ă©veillĂ© ou non. Il me faut une seconde pour me dĂ©tendre. »

«Les parents sont comme nos deux jambes », a-t-il dit. « Mais quand vous perdez un parent, c’est comme avoir perdu une de vos jambes. Il est difficile de marcher, il est difficile de continuer et de voir comment vous pouvez procĂ©der dans la vie. Mais oui, vous le pouvez. Et nous devons tous le savoir. »