Le kibboutz Kerem Shalom, situĂ© Ă la frontière entre la bande de Gaza et la frontière israĂ©lo-Ă©gyptienne, fait peau neuve. Selon le Makor Rishon de vendredi, le kibboutz laĂŻc, fondĂ© en 1967 sur les terres d’une ancienne localitĂ© agricole de Tsahal, a dĂ©cidĂ© d’admettre son premier groupe de familles orthodoxes. Le kibboutz espère que le dĂ©mĂ©nagement revitaliserait avec la communautĂ© laĂŻque, qui ne compte plus que 20 familles, sont 118 rĂ©sidents au total.
Ha’aretz a dĂ©crit Kerem Shalom comme «une petite communautĂ© avec un mode de vie commun-sĂ©culier». Plus maintenant. Le kibboutz, qui Ă la veille de Pessah, a Ă©tĂ© le plus bombardĂ© par des obus de mortier depuis le dĂ©sengagement israĂ©lien de Gaza (ils ont insistĂ© pour cĂ©lĂ©brer le seder dans la salle Ă manger du kibboutz), s’attend Ă ce que « le kibboutz augmente sa croissance et son dĂ©veloppement. »
Le plan prĂ©voit que le kibboutz accueille dix familles orthodoxes pour l’Ă©tĂ© 2018 et dix autres deux ans plus tard. Cela crĂ©era une communautĂ© avec un mĂ©lange Ă©gal de familles religieuses et laĂŻques.
L’une des raisons pour lesquelles les membres du kibboutz prĂ©fèrent agir prudemment est le dĂ©sastre auquel ils ont Ă©tĂ© confrontĂ©s dans les annĂ©es 1970, lorsque des membres d’extrĂŞme-gauche se sont installĂ©s le long de la frontière et son venus habiter dans ce kibboutz, mais ont traversĂ© une crise Ă©conomique et sont partis. Quelques annĂ©es plus tard, d’autres familles venues du nord, se sont installĂ©es mais ont Ă©tĂ© dĂ©couragĂ©es par les bombardements frĂ©quents dans la bande de Gaza.
Avant d’opter pour les nouvelles familles orthodoxes, le kibboutz a tentĂ© plusieurs efforts de recrutement et est passĂ© d’un kibboutz coopĂ©ratif Ă un kibboutz de style nouveau, car le modèle coopĂ©ratif a dĂ©couragĂ© les nouveaux arrivants potentiels. Mais les efforts promotionnels qui reposaient strictement sur l’attrait d’une communautĂ© agrĂ©able dans un endroit difficile restaient vains, jusqu’Ă ce que le kibboutz se rende compte, comme l’a dit un membre du comitĂ© Tzurit Yarchi Ă Makor Rishon : « Quand nous avons essayĂ© de rĂ©pondre Ă un groupe de personnes qui voudraient s’installer Ă Kerem Shalom, nous avons rĂ©alisĂ© que ce sont des raisons sionistes qui les habitaient. «Â
« Nous n’avons aucune commoditĂ© ou qualitĂ© de vie. Nous sommes menacĂ©s militairement et vivons loin de toute ville centrale. MĂŞme au sein du Conseil rĂ©gional d’Eshkol, nous sommes considĂ©rĂ©s comme isolĂ©s. Et nous avons donc eu l’idĂ©e d’apporter ici une nouvelle communautĂ© « , confesse Yarchi.
Le kibboutz s’est d’abord adressĂ© aux anciens membres du mouvement sioniste religieux, et a mĂŞme approchĂ© le mouvement kibboutz Ha’Dati pour obtenir une liste. Finalement, ils se sont installĂ©s sur le modèle de communautĂ© mixte, qui est dĂ©veloppĂ© et promu par l’Association Mirkam.
Le manifeste de Mirkam a déclaré : « Nous croyons que des mesures devraient être prises pour établir et renforcer les communautés assorties juives qui partagent différents styles de vie et croyances spirituelles à travers le pays. Ces communautés seront des modèles pour la société israélienne, affichant un objectif commun et montrant le pouvoir et la prospérité qui se trouvent dans la vie commune, encourageant le dialogue entre les différentes populations, à la fois au niveau local et national. »
Mais huit des quarante membres du comitĂ© ont objectĂ© en principe Ă la cohabitation avec les juifs orthodoxes. Ils craignaient, comme le font beaucoup d’IsraĂ©liens laĂŻcs, qu’une fois qu’une communautĂ© religieuse s’installe, ils rendraient l’endroit complètement religieux. Les IsraĂ©liens laĂŻcs citent rĂ©gulièrement des villes comme Beit Shemesh et Arad comme des exemples de prise de contrĂ´le par les Haredis de ce qui Ă©tait autrefois des communautĂ©s religieuses laĂŻques et nationales.
Mais aucun Haredim ne vient d’emmĂ©nager dans Kerem Shalom. Les familles qui sont venues au dĂ©but de Hanukkah pour une cĂ©rĂ©monie conjointe d’allumage des bougies dans le bâtiment de la blanchisserie qui avait Ă©tĂ© transformĂ© en synagogue provisoire Ă©taient les gens avec la kippa tricotĂ©e. Un abri contre les bombes est en train d’ĂŞtre construit, avec l’argent du gouvernement, ainsi que des installations supplĂ©mentaires pour rendre possible la vie religieuse lĂ -bas (y aura t-il un mikveh ?)
Le reste dĂ©pend de la chance et, comme le dit Yarchi, Kerem Shalom reste un tres beau Kibboutz, malgrĂ© le fait qu’il est situĂ© derrière la clĂ´ture, Ă quelques mètres de Gaza dirigĂ© par le Hamas…





