La France a Ă©mis un mandat d’arrĂŞt contre le prĂ©sident syrien Bachar al-Assad pour utilisation prĂ©sumĂ©e d’ armes chimiques interdites contre des civils en Syrie , a dĂ©clarĂ© mercredi une source judiciaire Ă CNN.
Selon la source, deux juges d’instruction ont Ă©mis mardi quatre mandats d’arrĂŞt contre Assad , son frère Maher al-Assad et deux autres hauts responsables, pour complicitĂ© de crimes contre l’humanitĂ© et complicitĂ© de crimes de guerre.
Anwar al-Bunni, avocat syrien spĂ©cialisĂ© dans les droits de l’homme et fondateur du Centre syrien d’études et de recherches juridiques, a dĂ©clarĂ© Ă CNN que cette dĂ©cision Ă©tait « sans prĂ©cĂ©dent ». Il semblerait que ce soit la première fois qu’un pays Ă©mette un mandat d’arrĂŞt pour crimes contre l’humanitĂ© contre un chef d’État en exercice dans un autre pays.
Une notice rouge est une demande adressĂ©e aux forces de l’ordre du monde entier pour localiser et arrĂŞter provisoirement une personne en attendant son extradition, sa remise ou une action en justice similaire, selon Interpol.
« Tous les États membres d’Interpol devraient alors se conformer au mandat d’arrĂŞt », a dĂ©clarĂ© Chammas Ă CNN.
Le gouvernement syrien a Ă©tĂ© accusĂ© d’avoir utilisĂ© des gaz toxiques dans la Ghouta, une banlieue de Damas, alors bastion rebelle que le rĂ©gime tentait dĂ©sespĂ©rĂ©ment de reprendre depuis plus d’un an. Il a Ă son tour accusĂ© les forces de l’opposition d’avoir menĂ© elles-mĂŞmes les attaques.
Une enquĂŞte a Ă©tĂ© ouverte « en rĂ©ponse Ă une plainte pĂ©nale fondĂ©e sur les tĂ©moignages de survivants des attentats d’aoĂ»t 2013 », indique le communiquĂ© des plaignants.
L’avocat Mazen Darwish, fondateur et directeur gĂ©nĂ©ral du Centre syrien pour les mĂ©dias et la libertĂ© d’expression (SCM), a dĂ©clarĂ© mercredi dans un communiquĂ© que la dĂ©cision « constitue un prĂ©cĂ©dent judiciaire historique ».
« C’est une nouvelle victoire pour les victimes, leurs familles et les survivants et une Ă©tape sur la voie de la justice et d’une paix durable en Syrie », a dĂ©clarĂ© Darwish.
Hadi al Khatib, fondateur des Archives syriennes, a dĂ©clarĂ© : « Avec ces mandats d’arrĂŞt, la France prend fermement position sur le fait que les crimes horribles commis il y a dix ans ne peuvent et ne resteront pas inaperçus. Nous voyons la France, et nous l’espĂ©rons bientĂ´t, d’autres pays, s’appuyer sur les preuves solides que nous avons rassemblĂ©es au fil des annĂ©es et exiger enfin la responsabilitĂ© pĂ©nale des plus hauts responsables. »
CNN tente de joindre le gouvernement syrien pour obtenir ses commentaires.
Le gouvernement syrien a longtemps été accusé de crimes de guerre, mais il a insisté à plusieurs reprises sur le fait que ses frappes visaient des « terroristes ». Il a nié avoir utilisé des armes chimiques.
« Nous n’avons jamais utilisé notre arsenal chimique dans notre histoire », a déclaré Assad en 2017. Il a ajouté que « moralement », le gouvernement syrien ne ferait jamais cela « parce que ce n’est pas acceptable ».
Cette histoire a Ă©tĂ© mise Ă jour pour dĂ©crire plus prĂ©cisĂ©ment comment l’avocat Michael Chammas est associĂ© Ă l’affaire.






