Le paiement des salaires aux terroristes emprisonnés et aux familles de « martyrs » n’a jamais été interrompu. Ce n’est pas Jérusalem qui l’affirme cette fois, mais un porte-parole de l’Autorité palestinienne lui-même, dans un extrait vidéo repéré par Palestinian Media Watch et relayé par le ministère israélien des Affaires étrangères. Face à un intervieweur, l’homme explique sans détour comment Ramallah a contourné les tentatives israéliennes de mettre fin au programme que l’AP baptise « Fonds des martyrs », tout en reconnaissant les obstacles et les difficultés rencontrés en chemin.
« Un porte-parole palestinien vient d’admettre la vérité : le programme de « paiement pour meurtre » de l’Autorité palestinienne n’a jamais cessé. Ils ont simplement caché la trace des paiements », a écrit le ministère israélien des Affaires étrangères en publiant la séquence.
Vidéo de l’extrait : https://jewishbreakingnews.com/wp-content/uploads/2026/09/savetwt.com_2096914625082085565_1280x720.mp4
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PA defies US, continues Pay-for-Slay — Fatah spokesman
Fatah Spokesman in the Gaza Strip Mundhir Al-Hayek:
« What the US is asking for regarding stopping the payment of salaries to (i.e., terrorist) prisoners… we, as Palestinians, do not accept… We did not stop the payment… pic.twitter.com/sOTjHZnPkO— Palestinian Media Watch (@palwatch) September 7, 2026
Le ministère enfonce le clou dans la même publication : « Malgré la pression internationale pour y mettre fin, l’AP continue de verser des récompenses financières mensuelles à des terroristes condamnés et à leurs familles, en utilisant des circuits bancaires détournés et des réseaux indirects conçus pour échapper à la supervision étrangère. Chemin différent. Même récompense pour la terreur. »
« Nous n’avons pas arrêté le paiement des salaires »
Dans l’extrait, le porte-parole commence par cadrer la position officielle de Ramallah face à Washington. « Ce que les États-Unis demandent concernant l’arrêt des paiements aux prisonniers et aux martyrs, et la modification des programmes scolaires palestiniens, est quelque chose que, malheureusement, nous, en tant que Palestiniens, n’acceptons pas », déclare-t-il.
L’intervieweur insiste alors sur le point précis : « Mais concernant les salaires des martyrs et des prisonniers, le paiement des salaires à beaucoup d’entre eux a-t-il été arrêté ? »
La réponse tient en un mot, suivi d’une explication qui vaut aveu : « Non. L’argent des taxes a été volé par Israël pour que les paiements n’atteignent pas les familles des martyrs, nos prisonniers et nos blessés. L’AP n’a même pas de budget pour payer les salaires de nos fonctionnaires. Donc, lorsqu’Israël et les États-Unis ont réalisé qu’il existait une porte tournante pour payer les salaires des martyrs et des prisonniers, nous n’avons pas arrêté le paiement des salaires. »
En clair : la retenue par Israël d’une partie des recettes fiscales reversées à l’AP, prévue par la loi israélienne de 2018 contre le « paiement pour meurtre », a compliqué les transferts. Elle ne les a pas stoppés. Ramallah a trouvé d’autres canaux.
Un décret d’Abbas salué en Europe, contredit sur le terrain
Cet aveu s’inscrit dans une séquence qui dure depuis plus d’un an. En février 2025, Mahmoud Abbas avait signé un décret présenté comme la fin du Fonds des martyrs, les allocations devant désormais dépendre des seuls besoins financiers des familles. Le geste, destiné à la nouvelle administration Trump, avait été applaudi par plusieurs capitales européennes, Paris en tête, au moment de préparer la reconnaissance d’un État palestinien.
Dès octobre 2025, Palestinian Media Watch documentait pourtant des versements effectués un samedi matin dans les bureaux de poste de l’AP, sans annonce officielle, précisément pour laisser croire que le programme avait pris fin. Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar déclarait alors depuis Budapest que « contrairement aux promesses de l’AP en anglais », le paiement des salaires aux terroristes et à leurs familles restait la loi palestinienne depuis 2004.
En février 2026, un rapport de PMW estimait à quelque 315 millions de dollars par an les sommes dissimulées depuis 2021 en maquillant plus de 23 000 bénéficiaires en fonctionnaires, membres des forces de sécurité ou retraités. En mai, Mahmoud Abbas lui-même, filmé lors d’une prise de parole, se plaignait que les fonds retenus par Israël lui manquaient pour payer les prisonniers, un lapsus que la presse officielle de l’AP s’était bien gardée de reprendre, selon le directeur de PMW Itamar Marcus.
Le porte-parole de la nouvelle vidéo ne fait donc que dire à voix haute ce que les documents et les témoignages accumulent depuis des mois. La différence, c’est qu’il le dit à la première personne, au nom de l’Autorité palestinienne, et sans la moindre gêne. Pour Jérusalem, l’extrait tombe à point nommé : il arrive au moment où plusieurs gouvernements occidentaux justifient leur soutien financier à Ramallah par des réformes que Ramallah reconnaît elle-même ne pas appliquer.
Infos-Israel.News suit ce dossier de longue date. Retrouvez notre article sur la première mention par la Cour pénale internationale du « paiement pour meurtre » comme possible crime de guerre : https://infos-israel.news/pour-la-premiere-fois-la-cour-penale-internationale-accuse-lautorite-palestinienne-de-crime-de-guerre-pour-le-paiement-aux-familles-des-terroristes/ ainsi que notre reportage sur les banques palestiniennes attaquées après la fermeture des comptes de terroristes : https://infos-israel.news/suite-a-la-fermeture-de-compte-bancaires-de-terroristes-les-palestiniens-attaquent-les-banques/





