La ganenette filmée criant « je vous ferai pleurer » présente ses excuses : « J’assume et je prends mes responsabilités »

Après la diffusion d’enregistrements ayant provoqué une onde de choc parmi les parents, la jardinière Anat Degani, surnommée « la jardinière פלפלת », a choisi de sortir du silence et de s’exprimer publiquement. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, elle reconnaît avoir tenu des propos inacceptables envers les enfants de son jardin d’enfants à Ramat Gan, tout en affirmant qu’ils ont été prononcés dans une situation extrême.

Les enregistrements, diffusés initialement par des parents puis relayés par les médias, laissent entendre la jardinière élever la voix jusqu’au cri et lancer aux enfants : « Ne me testez pas, je vous ferai pleurer ». À un autre moment, elle s’adresse à un enfant en l’avertissant que s’il ne la respecte pas, « ça se passera très mal au jardin », ajoutant qu’elle convoquera l’ensemble des parents. Elle évoque également un durcissement de son rôle, se décrivant comme une « policière » plutôt que comme une éducatrice, et menace d’annuler des activités.

Face à la polémique, Anat Degani a confirmé être bien la personne entendue sur les bandes. « Oui, deux phrases ont été dites, et je n’en suis pas fière. J’en prends l’entière responsabilité et je m’en excuse du fond du cœur », a-t-elle déclaré. Elle insiste toutefois sur le contexte : selon elle, les propos remontent à environ un an et demi et ont été prononcés lors d’une « situation de limite extrême », marquée par des comportements qu’elle jugeait dangereux pour les enfants.

La jardinière, employée du Ministère israélien de l’Éducation, affirme être une professionnelle chevronnée, reconnue dans sa ville et également active comme conseillère parentale. Elle explique que, dès la découverte des enregistrements à l’époque, les parents du jardin avaient été informés, avaient écouté les bandes, et avaient néanmoins choisi de lui maintenir leur confiance. « Les parents étaient alors, et sont toujours aujourd’hui, à mes côtés », affirme-t-elle.

Pour illustrer son propos, elle compare la situation à une intervention parentale face à une dispute violente entre frères et sœurs à la maison : « Quand il y a un danger réel, ne hausse-t-on pas la voix ? ». Elle précise que dans son jardin, les incidents concernaient notamment des jets d’objets, des dessins sur les murs et d’autres comportements risqués. Elle réfute fermement certaines accusations apparues après la diffusion des enregistrements, assurant n’avoir jamais privé les enfants de nourriture ni de sortie en extérieur, et expliquant que certaines mesures disciplinaires visaient uniquement à prévenir les accidents, sans humiliation.

Dans sa prise de parole, Degani dénonce également le lynchage public dont elle dit faire l’objet : insultes, menaces et diffamation, selon elle, de la part de personnes qui ne connaîtraient ni le contexte ni son travail quotidien. « Avant de juger et de condamner quelqu’un, arrêtez-vous un instant », appelle-t-elle, tout en réaffirmant sa ligne de défense : elle reconnaît ses erreurs verbales, s’en excuse, mais refuse que l’ensemble de sa carrière soit résumé à ces quelques phrases.

L’affaire relance un débat sensible en Israël sur les conditions de travail dans les jardins d’enfants, la pression exercée sur les éducateurs, et la ligne parfois ténue entre autorité, protection et dérive verbale. Si l’enquête administrative suit son cours, le cas d’Anat Degani illustre surtout la difficulté de gérer des situations de crise avec de très jeunes enfants — sous le regard permanent des parents et, désormais, des enregistreurs.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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