La Haute Cour annule la décision des rabbins : Une femme qui a trompé son mari recevra la moitié des biens acquis en commun. 

La Cour suprĂŞme de justice a annulĂ© aujourd’hui un autre verdict du Grand Tribunal rabbinique et a une fois de plus statuĂ© que l’adultère, mĂŞme pendant de nombreuses annĂ©es, ne peut constituer une circonstance affectant le partage des biens des Ă©poux dans une procĂ©dure de divorce. Une femme qui a trompĂ© son mari pendant dix ans recevra la moitiĂ© des biens acquis en commun.

Un panel de trois juges a statuĂ© en faveur de l’Ă©pouse infidèle sur la base du verdict du panel Ă©largi de la Haute Cour suprĂŞme de justice de juin de l’annĂ©e dernière. Six juges de la Cour suprĂŞme ont alors reconnu une « faute grave » et annulĂ© la dĂ©cision du collège de trois de leurs collègues de ne pas s’immiscer dans les dĂ©cisions des rabbins.

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En juin 2018, le tribunal grand rabbinique a rendu un verdict qui a fait jurisprudence privant une Ă©pouse « traĂ®tre » de ses droits Ă  une part dans une maison familiale construite en commun. Le mari a dĂ©clarĂ© qu’il n’Ă©tait «pas prĂŞt Ă  accepter le fait que le nouveau cohabitant jouira des fruits de son travail», et les rabbins ont accĂ©dĂ© Ă  sa demande – ils ont jugĂ© que l’Ă©pouse «traĂ®tre» s’Ă©tait privĂ©e du droit Ă  une part dans la maison commune. Un panel de trois juges de la Cour suprĂŞme Ă  la majoritĂ© de deux voix (David Mintz et Alex Stein) a refusĂ© d’interfĂ©rer dans la dĂ©cision des rabbins, et un an plus tard, la Cour du Grand Rabbin a de nouveau statuĂ© que l’adultère prolongĂ© Ă©tait un motif de privation une femme de la plupart des droits de propriĂ©tĂ©: 80% de la propriĂ©tĂ© commune après le divorce, les juges ont acquittĂ© le mari, la femme n’a reçu que 20%.

Cette fois, les rabbins ont statué que le mariage « de facto » se rompt au moment oĂą une femme commence Ă  rencontrer un homme extĂ©rieur – et donc tous les biens acquis les annĂ©es suivantes doivent rester la propriĂ©tĂ© du mari. Ce verdict a renforcĂ© un prĂ©cĂ©dent qui va Ă  l’encontre du droit civil israĂ©lien, qui stipule clairement que l’adultère n’est pas liĂ© aux conflits de propriĂ©tĂ© entre Ă©poux divorcĂ©s – les problèmes de partage des biens sont rĂ©solus indĂ©pendamment des relations personnelles et de la fidĂ©litĂ© conjugale.

Le collège Ă©largi de la Haute Cour satisfait Ă  l’appel de la femme « punie » par les rabbins et confirme la suprĂ©matie du droit civil dans le règlement des litiges immobiliers. Trois juges de la Haute Cour – Alex Stein, Noam Solberg et David Mintz – ont une opinion dissidente : ils insistent sur le fait que la Cour suprĂŞme ne devrait pas interfĂ©rer avec les dĂ©cisions des tribunaux rabbiniques.