La nièce de Soleimani expulsée des États-Unis : Washington traque les soutiens du régime iranien jusqu’en Californie

Pendant que les missiles iraniens frappaient Tel Aviv et que des commandos israéliens opéraient sur le sol de la République islamique, une autre bataille se jouait en silence sur le sol américain. Des agents fédéraux ont arrêté Hamideh Soleimani Afshar, nièce du général Qassem Soleimani, ancien commandant de la Force Qods des Gardiens de la Révolution, ainsi que sa fille. Toutes deux résidaient en Californie, munies d’une carte verte — un titre de séjour permanent aux États-Unis. Ce n’est plus le cas. Le secrétaire d’État Marco Rubio a personnellement révoqué leur statut de résidente légale, ouvrant la voie à leur expulsion du territoire américain.


Qui est Hamideh Soleimani Afshar ?

Hamideh Soleimani Afshar est la nièce de Qassem Soleimani, le général des Gardiens de la Révolution iraniens qui fut éliminé par une frappe de drone américaine ordonnée par Donald Trump en janvier 2020, à l’aéroport de Bagdad. Soleimani était considéré par Washington comme l’architecte principal des opérations terroristes iraniennes dans la région, responsable de la mort de centaines de soldats américains et de milliers de civils à travers le Moyen-Orient.

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Sa nièce vivait, jusqu’à ces derniers jours, une existence apparemment ordinaire en Californie — et simultanément, selon les autorités américaines, une existence de propagandiste active pour le régime qui a formé et armé son oncle. Des publications sur ses réseaux sociaux la montraient célébrant des attaques contre des soldats américains et des installations militaires au Moyen-Orient, désignant les États-Unis comme le « Grand Satan », et louant le nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei — fils du guide suprême Ali Khamenei, éliminé lors de la frappe israélienne qui a ouvert la campagne militaire actuelle contre l’Iran.


La décision de Rubio : une ligne claire sur la tolérance zéro

Le secrétaire d’État Marco Rubio a publié sur X un message qui ne laisse aucune ambiguïté sur la doctrine de l’administration Trump dans ce dossier. Il y précise qu’Hamideh Soleimani et sa fille détenaient une carte verte et vivaient aux États-Unis dans un niveau de vie élevé, avant de dresser la liste des comportements qui ont justifié la révocation de leur statut : soutien public au régime iranien, célébration d’attaques contre des Américains, éloge du commandement des Gardiens de la Révolution, et usage répété de l’expression « Grand Satan » pour désigner les États-Unis.

Le département d’État américain a publié une déclaration parallèle confirmant que les deux femmes ont été arrêtées par des agents fédéraux après la révocation de leur titre de résidence permanente légale, et les décrit comme des « soutiens actifs du régime totalitaire et terroriste iranien ».

Rubio a conclu en des termes directs : l’administration ne permettra pas que les États-Unis deviennent un foyer pour des ressortissants étrangers soutenant des régimes terroristes anti-américains.


Une pétition publique avait précédé l’arrestation

L’arrestation n’est pas survenue de nulle part. Dès fin janvier, une pétition publique réclamant l’expulsion d’Afshar avait été mise en ligne par un utilisateur se présentant sous le nom de « Saeed », recueillant plus de 4 400 signatures. La pétition arguait qu’elle entretenait des « liens avec l’une des figures les plus tristement célèbres de l’histoire moderne » — son oncle Qassem Soleimani — et que sa présence sur le sol américain soulevait des préoccupations significatives pour la sécurité nationale.

En mars, la journaliste conservatrice Laura Loomer, connue pour sa proximité avec Donald Trump, avait publiquement alerté sur la présence de la nièce de Soleimani à Los Angeles, exigeant son expulsion immédiate. L’alerte avait largement circulé sur les réseaux sociaux américains, amplifiant la pression sur les autorités fédérales pour agir.


Une double vie californienne

Ce qui a particulièrement frappé les observateurs dans cette affaire, c’est le contraste documenté entre la vie publique californienne d’Afshar et ses prises de position en ligne. Des photographies diffusées sur les réseaux sociaux la montrent vêtue à l’occidentale, sans voile islamique — une liberté que le régime qu’elle soutient publiquement interdit aux femmes en Iran sous peine d’arrestation et de violences. Simultanément, son compte Instagram — depuis bloqué ou supprimé — la montrait publier des contenus de soutien aux Gardiens de la Révolution et au leadership de la République islamique.

Cette contradiction n’a pas échappé aux utilisateurs des réseaux sociaux iraniens en exil et aux militants des droits de l’homme, qui ont été parmi les premiers à documenter et à diffuser ses publications.


Un signal politique fort dans le contexte de la guerre

L’arrestation et l’expulsion d’Hamideh Soleimani Afshar ne sont pas un acte administratif ordinaire. Dans le contexte de la guerre en cours entre les États-Unis, Israël et l’Iran, elles envoient un signal politique délibéré : l’administration Trump est prête à utiliser tous les leviers disponibles — y compris la révocation de titres de séjour accordés de longue date — pour frapper les soutiens du régime iranien, où qu’ils se trouvent, y compris sur le sol américain.

C’est une extension du principe de pression maximale à la sphère intérieure américaine. La guerre ne se joue pas seulement dans les airs au-dessus de Téhéran ou dans les rues du bloc Dan. Elle se joue aussi dans les consulats, les bureaux de l’immigration, et les décisions prises dans les couloirs du département d’État à Washington.

La nièce de l’homme qui a consacré sa vie à frapper les Américains au Moyen-Orient vivait à Los Angeles avec une carte verte. Plus maintenant.


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