La relation entre Jacob et Lavan rĂ©git les lois de travail entre un salariĂ© et son Boss…

Yaakov Avinu, après avoir endurĂ© vingt ans de mauvais traitements et de ruses de la part de son oncle et beau-père, Lavan, estime enfin que le moment est venu d’exprimer ses griefs. En comparant le comportement de Lavan avec le sien, Yaakov dĂ©clare Ă  Lavan : «Ces vingt annĂ©es de prĂ©sence avec vous, vos brebis et vos chèvres qui n’ont jamais fait une fausse couche et je n’ai pas mangĂ© de bĂ©liers de votre troupeau. Ce qui a Ă©tĂ© mutilĂ©, je ne vous l’ai jamais apportĂ© – moi-mĂŞme je supporte la perte, vous l’exigeriez, qu’elle soit volĂ©e le jour ou la nuit. Voici comment je me trouvais : le jour, la chaleur torride me consumait et le gel la nuit ; mon sommeil a dĂ©rivĂ© de mes yeux… »(Breishis 31: 38-40)

En examinant le comportement de Yaakov, dĂ©crit dans le passage ci-dessus, on pourrait en conclure que ceci est un autre exemple de nos ancĂŞtres agissant d’une manière qui dĂ©passe les exigences normales de la halakha. Après tout, il existe dans ces parashiot de nombreux exemples d’Avot agissant Ă  un niveau presque surhumain.

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En effet, selon Choshen Mishpat, Yaakov n’Ă©tait pas tenu d’assumer la perte d’un mouton dĂ©vorĂ© par un animal prĂ©dateur. En revanche, si nous examinons la halakha, Ă©noncĂ©e dans le Shulchan Aruch, Choshen Mishpat 303: 2, nous constatons que, lorsque Yaakov est restĂ© au travail, peu importe sa froideur, sa chaleur ou sa fatigue, il ne faisait que s’acquitter de ses responsabilitĂ©s fondamentales en tant que gardien rĂ©munĂ©rĂ©.

Au moment oĂą un gardien rĂ©munĂ©rĂ© est en service, il est obligĂ© de «rester assis et de regarder» pendant tout le temps (voir Tur Ch ”M 303: 1) et il ne peut quitter son poste pour quelque raison que ce soit sans qu’un accord ait Ă©tĂ© conclu. En outre, la «halacha» rend financièrement responsable un gardien rĂ©munĂ©rĂ© de tout vol ou perte de l’objet qui survient pendant la pĂ©riode oĂą il a Ă©tĂ© payĂ© pour surveiller, mĂŞme si la perte ou le vol s’est produit parce qu’il ne pouvait plus rester Ă©veillĂ© et s’endormait, ou il est tombĂ© malade. Il est seulement exemptĂ© du fait que l’objet lui-mĂŞme a subi un dommage alors que le gardien le surveillait (et non que l’objet a Ă©tĂ© volĂ© ou perdu du fait que le gardien lui-mĂŞme a eu un accident personnel) qu’il est exemptĂ© de payer pour la perte.

En vĂ©ritĂ©, jusqu’oĂą s’Ă©tend l’obligation financière d’un garde rĂ©munĂ©rĂ© est une question de dĂ©saccord. Comme nous l’avons expliquĂ©, certaines autoritĂ©s n’acceptent pas l’affirmation d’un garde qu’il Ă©tait simplement trop fatiguĂ© ou trop malade pour assumer ses responsabilitĂ©s. Son obligation financière pour le retour en toute sĂ©curitĂ© de l’objet ne permet aucune exception. Toutefois, certaines autoritĂ©s estiment qu’un accident personnel, tel qu’une maladie imprĂ©vue, dispense un gardien rĂ©munĂ©rĂ© de sa responsabilitĂ© pĂ©cuniaire (voir Shach 303: 4, Ketzos Hachoshen 303: 1).

Tous acceptent toutefois l’obligation que, sauf indication contraire, un gardien rĂ©munĂ©rĂ©, lorsqu’il est de service, doit rĂ©ellement garder physiquement l’objet pour lequel il a assumĂ© la responsabilitĂ©, mĂŞme s’il est très difficile pour lui de le faire. Il n’est pas autorisĂ© Ă  simplement placer l’objet dans un endroit sĂ»r et Ă  s’Ă©loigner ou Ă  dormir. Par consĂ©quent, lorsque Yaakov Avinu protĂ©geait les moutons de Lavan lorsqu’il faisait froid, qu’il faisait chaud ou qu’il Ă©tait très fatiguĂ©, il remplissait simplement son exigence halachique en tant que gardien rĂ©munĂ©rĂ©.

De mĂŞme, nous constatons qu’un salariĂ© est averti de ne pas perdre de temps dans les services de son employeur. Comme le souligne le Shulchan Aruch (Choshen Mishpat 337: 20), les sages ont mĂŞme exemptĂ© le travailleur salariĂ© de la rĂ©citation de la quatrième bĂ©nĂ©diction de la Grâce après les repas (Birchas Hamazon) afin d’Ă©viter de perdre inutilement le temps de l’employeur. En fait, il est enjoint Ă  l’employĂ© de travailler de toutes ses forces, car nous voyons que Yaakov a proclamĂ© qu’il avait travaillĂ© pour Lavan de toutes ses forces et qu’il avait donc droit aux troupeaux de moutons qu’il avait reçus de Lavan en rĂ©munĂ©ration. Le dĂ©vouement de Yaakov Ă  son travail ne va pas au-delĂ  de l’appel du devoir ; il est plutĂ´t demandĂ© Ă  tous les employĂ©s de travailler avec le mĂŞme dĂ©vouement, de donner tous ses efforts Ă  son employeur en Ă©change d’un salaire.

Le comportement de Choni Hama’agal et de son petit-fils, Abba Chilkiya, tĂ©moigne d’un dĂ©vouement total Ă  son travail, qui ne voulait mĂŞme pas rĂ©pondre aux salutations d’une personne en cours d’emploi (voir Taanis 23). Alors que cela pourrait ĂŞtre un niveau auquel on ne peut pas s’attendre d’une personne moyenne, le Sefer Chassidim Ă©crit que celui qui a la peur de Dieu devrait suivre leurs traces.

De toute Ă©vidence, la première Ă©tape consiste Ă  comprendre qu’il faut ĂŞtre très mĂ©ticuleux pour ne pas perdre de temps ou prendre le temps qui a Ă©tĂ© embauchĂ© pour l’employeur. Sauf autorisation prĂ©alable de l’employeur, s’occuper de ses affaires personnelles, telles que prendre rendez-vous chez le mĂ©decin, etc… ou prendre de longues pauses-cafĂ© pour bavarder Ă  propos de la politique de bureau, etc… revient Ă  voler. La mĂŞme chose pourrait ĂŞtre dite en ce qui concerne l’utilisation personnelle des installations et des fournitures de bureau. Le Pischei Choshen (vol. 4, chapitre 7, note 24) indique qu’une telle utilisation personnelle est strictement interdite sans l’autorisation prĂ©alable de l’employeur.

Lorsqu’on envisage l’application pratique de toutes les règles susmentionnĂ©es rĂ©gissant les obligations du salariĂ© envers son patron, il est important de comprendre que ces règles n’existent pas en vase clos. En l’absence d’un accord spĂ©cifique sur une question particulière, la directive qui rĂ©git la relation employeur-employĂ© est la coutume du lieu de travail en question, le minhag hamedina (voir Shulchan Aruch Ch ”M 331: 1,2). Par consĂ©quent, si la norme consiste Ă  autoriser des dĂ©placements occasionnels Ă  la machine Ă  cafĂ© ou au refroidisseur d’eau, l’employĂ© a certainement le droit d’en profiter. Il peut mĂŞme utiliser un trombone ou deux si tout le monde, y compris son employeur, comprend et accepte que cela soit l’un des avantages habituels du travail. Comme pour tout ce qui concerne Choshen Mishpat, en cas de doute, une autoritĂ© compĂ©tente de Choshen Mishpat devrait ĂŞtre consultĂ©e.

Bien que la coutume actuelle dĂ©termine gĂ©nĂ©ralement les droits et les responsabilitĂ©s d’un travailleur, notre ancĂŞtre Yaakov et son dĂ©vouement envers son employeur tordu, Lavan, peuvent nous apprendre une leçon très pertinente pour le monde du travail d’aujourd’hui. Comment Yaakov aurait-il pu ĂŞtre aussi dĂ©vouĂ© que lui envers un employeur aussi terrible que Lavan ? La vĂ©ritĂ© est que Yaakov n’Ă©tait pas dĂ©diĂ© Ă  son patron, Lavan, mais plutĂ´t Ă  son patron, Hashem. Yaakov a compris que l’intĂ©gritĂ© sur le lieu de travail est une question de principes et de caractère propres. Cela ne dĂ©pend pas de l’intĂ©gritĂ© correspondante de son employeur. Nous pouvons regarder des Ă©crans d’ordinateur plutĂ´t que des moutons et travailler dans des bureaux bien Ă©clairĂ©s et climatisĂ©s plutĂ´t que sur le terrain, mais la leçon est la mĂŞme. C’est la leçon de Yaakov Avinu, l’employĂ© de Hachem.

Source : Thehalachacenter.org

Pour l’Ă©lĂ©vation des Ames de Louise Yoheved Bat Noira Shoshana et Adina Gilda bat Louise Yoheved