Mardi, la commission de la Knesset rĂ©unissait ses membres pour prĂ©parer la proposition de loi d’interdiction de la fraude en matière de cacherout Ă sa deuxième et troisième lecture. Le Grand Rabbin d’IsraĂ«l, le Gaon Rabbi Kalman Meir Bar, a choisi cette sĂ©ance pour prendre une position publique tranchĂ©e, dans un discours qui a secouĂ© la salle.
Dès ses premiers mots, le ton Ă©tait donnĂ©. « Le public veut savoir qu’il peut faire confiance au certificat de cacherout et Ă l’organisme qui en est responsable », a dĂ©clarĂ© le Grand Rabbin. « La cacherout n’est pas une marque commerciale, c’est une responsabilitĂ© publique qui exige une supervision professionnelle, continue et fiable. » Le Rav Bar a soulignĂ© que le système national de cacherout du Rabbinat constitue un service public essentiel sur lequel s’appuient des millions de citoyens de toutes les composantes de la sociĂ©tĂ© israĂ©lienne — religieux, traditionnels et laĂŻcs confondus.
Fort de ses douze ans d’expĂ©rience comme rabbin de la ville de Netanya, le Grand Rabbin a expliquĂ© aux dĂ©putĂ©s pourquoi la supervision locale des rabbinats de ville est le mĂ©canisme le plus efficace et le plus professionnel existant sur le terrain. « Le rabbin de la ville et le dĂ©partement de cacherout connaissent de près les Ă©tablissements, les besoins spĂ©cifiques de la rĂ©gion et les dĂ©fis quotidiens. On ne peut pas gĂ©rer une cacherout sĂ©rieuse Ă distance, sans prĂ©sence constante sur le terrain. »
L’argument le plus fort dĂ©veloppĂ© par le Grand Rabbin porte sur la nature Ă©conomique des organismes privĂ©s : ils opèrent dans une logique de profit, ce qui crĂ©e inĂ©vitablement un conflit d’intĂ©rĂŞts avec leur mission de contrĂ´le. Face Ă ce modèle, le Rav Bar a opposĂ© celui du Rabbinat : « C’est le seul organisme dans le système qui fonctionne totalement sans objectif lucratif. Les inspecteurs et superviseurs ne sont pas rĂ©munĂ©rĂ©s Ă la pièce selon le nombre d’Ă©tablissements contrĂ´lĂ©s, donc la seule considĂ©ration qui les guide est l’intĂ©rĂŞt de la cacherout et du public. »
Ce n’est pas lĂ un argument purement thĂ©orique. Le Grand Rabbin a rĂ©vĂ©lĂ© une tendance de terrain inquiĂ©tante : dans de nombreux cas, les commerces qui migrent d’un organisme Ă l’autre le font prĂ©cisĂ©ment parce que le Rabbinat leur a demandĂ© de corriger des manquements professionnels. « Quand un Ă©tablissement se voit obligĂ© de se conformer Ă la rĂ©glementation et choisit Ă la place de chercher un organisme plus permissif pour contourner les problèmes — l’homogĂ©nĂ©itĂ© du système est atteinte et la confiance du public est gravement blessĂ©e. »
Ces dernières annĂ©es, plusieurs affaires de fraude Ă la cacherout ont Ă©tĂ© portĂ©es devant les tribunaux israĂ©liens, des commerces ayant prĂ©sentĂ© des produits comme cachère sans certification valide du Grand Rabbinat. Ces cas ont nourri le projet de loi sur l’interdiction de la fraude que le Grand Rabbin est venu soutenir.
Dans sa conclusion, le Rav Bar a lancĂ© un appel direct aux membres de la Knesset pour adopter la loi : « La cacherout est une question de confiance. Cette confiance se construit sur une supervision professionnelle, cohĂ©rente et indĂ©pendante d’intĂ©rĂŞts Ă©conomiques. »
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