Des ministres du cabinet israélien se sont opposés lundi soir avec une grande fermeté à la demande des États-Unis et du Conseil de la paix de faire avancer le plan de retrait de la bande de Gaza. Selon des propos rapportés dans l’édition centrale de la chaîne N12, ces ministres ont affirmé que « les États-Unis sont en train de créer à Gaza une entité qui récompense les assassins de juifs, ce n’est pas ça, le désarmement. Tous les objectifs fixés comme objectifs de guerre sont jetés à la poubelle. »
Ces déclarations font suite à une réunion tendue tenue ce même jour entre le Premier ministre Benyamin Netanyahou et le directeur général du Conseil de la paix, Nikolai Mladenov. Lors de cet entretien, Mladenov aurait demandé à Netanyahou : « Arrêtez immédiatement les frappes et les liquidations pendant 14 jours, afin que nous puissions finaliser les derniers détails. » Une source politique a ensuite précisé qu’Israël ne se retirerait pas de la ligne actuelle dans la bande de Gaza, et continuerait à déjouer toute menace.
Le Conseil de la paix a par la suite publié un communiqué qualifiant la réunion de « productive et détaillée », précisant que les deux parties partagent une compréhension commune des objectifs de la démarche, à savoir le désarmement complet de la bande de Gaza et le transfert du pouvoir à une autorité civile. Le Conseil a également souligné que, contrairement à certaines informations imprécises, le retrait de Tsahal au-delà de la ligne jaune ne se ferait qu’après l’achèvement complet du désarmement, et que sa mise en œuvre serait supervisée par la force de stabilisation internationale ainsi que par un comité d’application incluant à la fois les États-Unis et le Conseil de la paix.
Les « petits détails » évoqués par Mladenov lors de son échange avec Netanyahou représentent en réalité, du point de vue israélien, des enjeux majeurs — en particulier pour certains ministres du cabinet, comme Orit Strock et Bezalel Smotrich. Les deux ministres ont d’ailleurs exigé la convocation du cabinet politico-sécuritaire, afin de faire voter une décision qui viendrait bloquer ce document.
Ces mêmes ministres estiment que Netanyahou « ménage » le président américain Donald Trump, et que c’est la raison pour laquelle il ne se désolidarise pas du plan. Selon eux, ce plan retire tout fondement à l’idée d’un désarmement qui devait initialement précéder tout retrait. « D’un retrait uniquement après le désarmement des armes du Hamas, nous sommes passés à des retraits progressifs à chaque fois qu’une quelconque opération de désarmement partiel du Hamas a lieu », ont affirmé ces ministres du cabinet. Ils ont ajouté qu’il s’agissait selon eux d’un « faux désarmement », dans la mesure où les armes et l’autorité à Gaza reviendraient in fine aux mains des Palestiniens.
Sur fond de cette réunion entre le Premier ministre et le directeur général du Conseil de la paix, et de l’exigence américaine de retrait, les responsables israéliens ont clairement indiqué que cette demande serait fermement rejetée. Des sources américaines auraient affirmé ces derniers jours à Netanyahou et à d’autres responsables qu’Israël était devenu, selon leurs propres termes, « un État lépreux » en raison de ce qui s’est produit à Gaza. Malgré cela, à Jérusalem, on continue d’insister sur la nécessité de s’assurer que le Hamas ne demeure pas de facto dans la bande de Gaza.
Dans le même temps, après plus de 30 heures sans qu’aucune frappe de Tsahal n’ait été enregistrée dans l’enclave, un drone de l’armée de l’air a frappé il y a peu un véhicule dans la rue Al-Rachid, dans la ville de Gaza. Selon des sources palestiniennes, deux personnes ont été tuées dans cette frappe. Il s’agit de la première frappe menée dans la bande de Gaza depuis plus d’une journée, malgré l’exigence du Conseil de la paix de suspendre les frappes pendant 14 jours.
Liens internes :
- https://infos-israel.news/trump-propose-un-plan-pour-la-sortie-de-la-guerre-a-gaza-jerusalem-replique-israel-ne-sera-pas-contraint/
- https://infos-israel.news/%F0%9F%94%B4sirenes-a-jerusalem-apres-la-frappe-de-doha-et-paris-se-retourne-a-nouveau-contre-israel/






