« Décrivez-le comme un cadre, pas comme un accord. » Cette directive, envoyée aux ministres israéliens par le secrétaire du Cabinet avant les interviews avec les médias, résume la stratégie actuelle du Premier ministre Benjamin Netanyahu .
Avec l’accord sur la libĂ©ration de 33 otages en Ă©change de plus de 1 000 prisonniers palestiniens, associĂ© Ă un cessez-le-feu Ă Gaza et au retrait des troupes de Tsahal de certaines zones, Netanyahou s’efforce de prĂ©senter cette Ă©volution non pas comme la fin de la guerre mais comme une pause stratĂ©gique. Dans sa dĂ©claration de samedi soir, il a soulignĂ© : « Il s’agit d’un cessez-le-feu temporaire ».
Mais Netanyahou doit faire face au scepticisme de sa base politique et des membres de sa propre coalition. Nombre de ses électeurs et alliés doutent de l’affirmation selon laquelle il s’agit d’une mesure purement temporaire.
Après près d’un an et demi de combats contre le Hamas, la perspective d’une suspension des opĂ©rations pendant 42 jours, permettant aux civils de retourner dans le nord de Gaza et de retirer l’armĂ©e israĂ©lienne des zones urbaines de Gaza apparaĂ®t, pour certains, comme la fin de la guerre plutĂ´t qu’une trĂŞve. Les critiques affirment qu’une reprise des combats sera quasiment impossible une fois le cessez-le-feu instaurĂ© et la normalitĂ© revenue Ă Gaza, en particulier avec l’influence grandissante du prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump .
Netanyahou a cherchĂ© Ă rassurer son cabinet, dĂ©clarant lors de la rĂ©union du gouvernement de vendredi : « J’ai insistĂ© sur le fait que nous pourrions retourner Ă la guerre avec le soutien ou l’absence d’opposition du prĂ©sident amĂ©ricain. » Il a ajoutĂ© : « Trump a donnĂ© son soutien Ă cette approche, et s’ils nous disent « non », nous le ferons quand mĂŞme. » Ces remarques reflètent les tentatives de Netanyahou d’affirmer qu’IsraĂ«l conserve son autonomie et sa dĂ©termination, mĂŞme sous l’Ĺ“il vigilant de son alliĂ© le plus important.
Risques politiquesÂ
Le véritable test de ce cadre aura lieu dans six semaines. Netanyahou devra démontrer si Israël peut reprendre ses opérations militaires de manière crédible si les conditions sur le terrain l’exigent.
Les risques politiques sont toutefois importants. Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, qui a démissionné du gouvernement, et le ministre des Finances Bezalel Smotrich, qui a menacé de faire de même, ont adopté une ligne dure : sans retour à la guerre, le gouvernement actuel perdra sa légitimité à gouverner.
L’incertitude s’étend au-delà des frontières d’Israël. La double personnalité du président Trump – celui qui se proclame « négociateur » et cherche à mettre fin aux guerres, et celui qui soutient les objectifs militaires d’Israël – pourrait influencer le processus de prise de décision. Trump soutiendra-t-il une opération de grande envergure visant à démanteler le Hamas, ou son aversion pour les conflits prolongés l’emportera-t-elle ?
Alors que le cessez-le-feu s’installe, le gouvernement de Netanyahou se trouve Ă la croisĂ©e des chemins. Les semaines Ă venir dĂ©termineront si ce « cadre » mènera Ă une reprise des hostilitĂ©s ou marquera la fin de la campagne militaire israĂ©lienne Ă Gaza. Ce qui est clair, cependant, c’est que les enjeux pour Netanyahou, sa coalition et la sĂ©curitĂ© d’IsraĂ«l sont plus Ă©levĂ©s que jamais.





