En novembre 2019, peu de temps aprĂšs que l’ombudsman Mandelblit ait dĂ©cidĂ© de dĂ©poser un acte d’accusation contre Netanyahu, et que certaines des mĂ©thodes de fonctionnement de la police et du bureau du procureur aient Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©es, le prĂ©sident du barreau, Avi Himi, a dĂ©clarĂ© ce qui suit au tribunal judiciaire de HaĂŻfa :
« Lorsque des preuves d’une prĂ©tendue violation des droits fondamentaux sont rĂ©vĂ©lĂ©es par des suspects et des personnes faisant l’objet d’une enquĂȘte, nous n’avons pas l’intention de garder le silence. (…) J’ai contactĂ© Ă plusieurs reprises le procureur gĂ©nĂ©ral Avichai Mandelblit et lui ai demandĂ© d’examiner de maniĂšre approfondie l’information qui a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e. Par ailleurs, j’ai ordonnĂ© cette semaine la mise en place d’une Ă©quipe spĂ©ciale qui examinera les limites de ce qui est interdit et de ce qui est permis dans les exercices d’enquĂȘte et donnera ses recommandations. Cette importante commission ne se contentera pas de rĂ©diger un rapport avec des conclusions et des recommandations – et j’ai l’intention de mener Ă la formulation d’une initiative lĂ©gislative qui protĂ©gera et garantira les droits de toute personne faisant l’objet d’une enquĂȘte, qu’elle soit ou non un « tĂ©moin clé ». »
Ses paroles ont provoquĂ© l’indignation d’autres membres du bureau, dont la prĂ©occupation pour les droits des suspects change de forme si le suspect est un Premier ministre nommĂ© Netanyahu. Le prĂ©sident du bureau du district de Tel-Aviv, Amit Bacher, a Ă©crit en rĂ©ponse au sujet d’une « attaque dangereuse et sans prĂ©cĂ©dent contre des responsables de l’application des lois », et a Ă©galement notĂ© que « l’exagĂ©ration de la prĂ©somption d’innocence dans ces circonstances crĂ©e Ă©galement une injustice pour les accusĂ©s » en gĂ©nĂ©ral et les autres accusĂ©s dans les « milliers » d’affaires en particulier qui ne sont pas des Ă©lus. » Bacher a qualifiĂ© l’importance que Hami attribuait Ă la prĂ©somption d’innocence de « sharbob » inutile.
Himi Ă©tait soupçonnĂ© de ne pas ĂȘtre assez choquĂ© par le mantra Ă la mode de « corruption, fraude et abus de confiance », et on pouvait avoir l’impression qu’il Ă©tait plus troublĂ© par la façon dont les forces de l’ordre ont agi pour accuser Netanyahu de ce qui-ne devrait pas t-ĂȘtre tout en violant les droits des personnes faisant l’objet d’une enquĂȘte et des tĂ©moins – dont l’ampleur devient maintenant claire au tribunal de district de JĂ©rusalem. En tout cas, force est de constater que Himi n’est pas aveuglĂ© par la sublime splendeur de la justice israĂ©lienne. Mais Dieu merci, il a Ă©tĂ© guĂ©ri de cette maladie.
La semaine derniĂšre, Himi est apparu pour une interview dans le supplĂ©ment « Haaretz ». DerriĂšre lui, plusieurs semaines d’opposition vocale Ă la rĂ©forme juridique, de participation et de discours dans des manifestations et des studios. L’intervieweur a tĂ©moignĂ© que les yeux de Himi se sont levĂ©s lorsqu’elle a entendu ses paroles, elle l’a appelĂ© le « leader Ă©minent de la protestation contre le coup d’Ătat », et Himi, pour sa part, a recommandĂ© de fermer l’Ă©conomie, de bloquer les routes, a a fait l’Ă©loge de l’ombudsman , Harav Miara, « une femme courageuse et sĂ©rieuse, un bon conseiller juridique » et a conseillĂ© que Netanyahu soit emmenĂ© en prison – c’est peut-ĂȘtre une extension des droits des suspects et des personnes sous enquĂȘte.
En outre, il s’est dĂ©clarĂ© apolitique, et a utilisĂ© tout le bon arsenal d’arguments, avec les mises en garde et les insinuations habituelles : « Tous les signes que les politologues pointent dans la montĂ©e des dictatures apparaissent .Pour le chef, le fait que plus vous l’adorez plus vous progressez dans la destruction de la justice, l’Ă©crasement des mĂ©dias. Nous suivons toutes les Ă©tapes scientifiques vers une dictature. »
Quelques jours plus tard, Ayala Hasson a publiĂ© sur News 12 que Himi avait commis un acte indĂ©cent devant une jeune avocate qui lui a demandĂ© de la recommander pour un procĂšs. Les institutions du pays ont tremblĂ© – car quoi faire, le sexe n’est pas moins intĂ©ressant qu’une interview poignante dans un journal ou un discours lors d’une manifestation.Â
Il y en a des dizaines d’affaires, mais une affaire de sexe , c’est au top ? DĂ©lices rares. Un jour aprĂšs la publication de la nouvelle, Himi a dĂ©missionnĂ© de son poste de prĂ©sident du Barreau, a admis qu’il avait une relation intime avec l’avocate, mais a niĂ© Ă la fois la coercition et la corruption sexuelle en Ă©change d’une recommandation au juge. Ses paroles envers Netanyahu en 2019 concernant la prĂ©somption d’innocence, et je suis prĂȘt Ă le croire jusqu’Ă ce qu’il soit prouvĂ© font maintenant raisonnante pour lui mĂȘme.
Ensuite, j’attendrai patiemment de voir si ses tĂ©lĂ©phones portables seront Ă©galement piratĂ©s contre la loi, tout comme ils l’ont fait pour son prĂ©dĂ©cesseur, Efi NavĂ©. Dans son cas Ă©galement, le piratage a Ă©tĂ© couvert par le procureur Amit Isman, comme l’a fait Shai Nitzan.
Il est possible que la police enquĂȘte sur Himi et il est possible que l’affaire se rĂ©sume Ă un dĂ©bat public sur la conduite du prĂ©sident, qu’il y ait ou non un crime dans ses actions. Mais l’intĂ©rĂȘt que suscite une telle affaire cache ce qui a prĂ©cĂ©dĂ© l’affaire et par le fait que Himi asservira l’Association du barreau dans la lutte pour la rĂ©forme. Cela est dĂ©montrĂ© par le fait qu’il a limogĂ© le vice-prĂ©sident, l’avocat Yitzchak Netovitch.
Netovitch, ainsi que plusieurs autres avocats, ont exprimĂ© leur soutien Ă la rĂ©forme et a Ă©crit : « Nous voudrions souligner qu’au sein de l’Ordre des avocats, y compris dans le conseil national en exercice qui comprend des reprĂ©sentants du public au nom de tous les avocats, il y a de nombreuses voix dans des positions diffĂ©rentes de vos positions ci-dessus et de vos dĂ©clarations ci-dessus en tant que chef de l’Association du Barreau, peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme la position de l’Association du Barreau. »
Himi a Ă©liminĂ© les nids d’opposition dans une chambre qui Ă©tait comme son royaume privĂ©. Cela dĂ©rangeait moins les fidĂšles de la justice. Tout comme l’Ă©diteur de Haaretz, Amos Shokan, qui a mis Himi en couverture, se mobilise pour contrecarrer la rĂ©forme et va donc cesser de publier des articles en faveur de ce dernier dorĂ©nvant. »
L’alliance qu’Efi Neve a conclue avec la ministre de la Justice Ayelet Shaked au sein de la commission de nomination des juges a suscitĂ© la fureur de la justice contre lui, qui en rĂ©ponse a jetĂ© ses droits civiques Ă la poubelle, enfreint la loi et exposĂ© son vie sexuelle. Himi est dĂ©jĂ venu prĂ©parĂ©. Six mois avant les Ă©lections Ă la tĂȘte du bureau, il a dĂ©jĂ annoncĂ© qu’il ne se prĂ©senterait plus Ă ce poste, et la rĂ©ponse Ă l’article de Hasson a Ă©tĂ© envoyĂ©e en son nom par un publiciste de la manifestation, qui a ignorĂ© les accusations portĂ©es contre lui et a concentrĂ© sur le chant bien connu de la « machine Ă poison » de « coup d’Ătat politique » – deux fois – et bien sĂ»r « écraser la dĂ©mocratie et celle d’IsraĂ«l ».






