L’Allemagne et la Hongrie ont exprimĂ© leur opposition Ă la dĂ©cision de la Cour pĂ©nale internationale (CPI) d’enquĂŞter sur IsraĂ«l pour des crimes de guerre prĂ©sumĂ©s.
Le ministre allemand des Affaires Ă©trangères Heiko Maas a dĂ©clarĂ© : «Notre point de vue juridique sur la compĂ©tence de la CPI en relation avec les crimes prĂ©sumĂ©s commis dans les territoires palestiniens reste le mĂŞme. La cour n’a pas compĂ©tence, en raison de l’absence de l’Ă©lĂ©ment d’État palestinien requis par le droit international.
Maas a ajoutĂ© que l’Allemagne soutenait la CPI en gĂ©nĂ©ral, ainsi que la crĂ©ation d’un État palestinien.
La déclaration du ministre allemand des Affaires étrangères est intervenue un jour après son entretien avec le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi.
Vendredi, la Chambre prĂ©liminaire de la CPI a statuĂ© qu’elle Ă©tait compĂ©tente pour enquĂŞter sur les crimes de guerre Ă Gaza, en JudĂ©e Samarie et Ă JĂ©rusalem-Est qui auraient Ă©tĂ© commis depuis le 13 juin 2014. Cela pourrait inclure d’Ă©ventuelles poursuites contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, les ministres de la DĂ©fense et d’autres des hauts fonctionnaires, ainsi que des soldats et des commandants. L’enquĂŞte comprend l’opĂ©ration Ă Gaza et en JudĂ©e Samarie.
Le procureur gĂ©nĂ©ral Avichai Mandelblit a rĂ©itĂ©rĂ© la position d’IsraĂ«l sur la dĂ©cision lors d’une confĂ©rence mardi, dĂ©clarant : «Il n’y a pas d’État de Palestine en vertu du droit international. Huit grands pays ont rejoint notre position… Selon les Accords d’Oslo, il n’y a pas d’État de Palestine, il n’a pas de frontières… et il n’a pas compĂ©tence pour juger les IsraĂ©liens. C’est une dĂ©cision malheureuse et erronĂ©e ».
Mandelblit a ajoutĂ© qu’il ne voyait aucun danger immĂ©diat pour les IsraĂ©liens.
« Ce tribunal a Ă©tĂ© créé pour enquĂŞter sur les atrocitĂ©s « , a dĂ©clarĂ© le procureur gĂ©nĂ©ral lors d’un Ă©vĂ©nement parrainĂ© par le pamphlet de la droite religieuse B’Sheva. «Il y a des atrocitĂ©s dans ce monde. IsraĂ«l ne commet pas d’atrocitĂ©s ; nous avons des lois de la guerre, nous avons un système judiciaire glorieux et de renommĂ©e mondiale ».
L’Australie, l’Allemagne, la RĂ©publique tchèque, la Hongrie, l’Autriche, le BrĂ©sil, l’Ouganda et le Canada ont exprimĂ© leur opposition Ă une enquĂŞte de la CPI sur IsraĂ«l avant la dĂ©cision, et JĂ©rusalem espère gagner leur soutien public par la suite.
Ashkenazi a continuĂ© Ă appeler les alliĂ©s d’IsraĂ«l mardi Ă renforcer son argumentation contre une enquĂŞte de la CPI, s’entretenant avec ses homologues canadien, hongrois et chypriote.
Le ministre hongrois des Affaires Ă©trangères PĂ©ter SzijjártĂł a Ă©crit sur Facebook que «la Hongrie n’est pas d’accord avec cette dĂ©cision. Au cours de la procĂ©dure judiciaire, nous avons dĂ©jĂ soulignĂ© que, selon notre position, la Palestine n’a pas de juridiction pĂ©nale sur les citoyens israĂ©liens ».
« Nous avons toujours soutenu le droit d’IsraĂ«l Ă se dĂ©fendre et nous pensons que la paix dans la rĂ©gion ne peut ĂŞtre obtenue que par des nĂ©gociations basĂ©es sur le respect mutuel », a ajoutĂ© SzijjártĂł. « La dĂ©cision de la CPI ne nous rapproche pas de cela. »
Le ministre chypriote des Affaires Ă©trangères, Nikos Christodoulides, a laissĂ© la CPI en dehors de sa dĂ©claration sur l’appel avec Ashkenazi, affirmant qu’ils avaient eu un «échange de vues opportun et utile» et «discutĂ© de la coopĂ©ration bilatĂ©rale, y compris COVID-19, et des derniers Ă©vĂ©nements dans notre rĂ©gion».
Ashkenazi s’est entretenu avec le ministre canadien des Affaires Ă©trangères, Marc Garneau, mardi après-midi, après la dĂ©claration de Garneau en faveur de la position d’IsraĂ«l.
Hier soir, Garneau a dĂ©clarĂ© : «La crĂ©ation d’un État palestinien ne peut ĂŞtre rĂ©alisĂ©e que par des nĂ©gociations directes entre les parties. Tant que ces nĂ©gociations n’auront pas abouti, la position du Canada demeure qu’elle ne reconnaĂ®t pas un État palestinien et ne reconnaĂ®t donc pas son adhĂ©sion Ă la CPI. «Â
Plus tĂ´t cette semaine, Ashkenazi s’est entretenu une deuxième fois avec le secrĂ©taire d’État amĂ©ricain Antony Blinken, le remerciant pour son soutien public après que la Cour pĂ©nale internationale a dĂ©cidĂ© qu’elle pouvait enquĂŞter sur IsraĂ«l pour des crimes de guerre prĂ©sumĂ©s, une dĂ©cision que Ashkenazi a qualifiĂ©e de «scandaleuse».
« J’ai soulignĂ© au secrĂ©taire d’État que la dĂ©cision du tribunal est erronĂ©e dans son essence et met en pĂ©ril la rare opportunitĂ© de promouvoir la paix dans notre rĂ©gion », a tweetĂ© Ashkenazi après l’appel.
Samedi soir, le porte-parole du dĂ©partement d’Etat amĂ©ricain Ned Price a dĂ©clarĂ© : « Nous ne pensons pas que les Palestiniens soient un Etat souverain… Nous sommes très prĂ©occupĂ©s par les tentatives de la CPI d’exercer sa juridiction sur le personnel israĂ©lien ». Les États-Unis ont toujours soutenu que la compĂ©tence de la cour devrait ĂŞtre rĂ©servĂ©e aux pays qui donnent leur consentement ou qui sont renvoyĂ©s par le Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies.
La ministre australienne des Affaires Ă©trangères, Marise Payne, a exprimĂ© sa « profonde inquiĂ©tude » face Ă la dĂ©cision de la CPI et a demandĂ© que la Cour ne s’implique pas dans le conflit israĂ©lo-palestinien.
« L’Australie ne reconnaĂ®t pas un » État de Palestine « , soulignant que les problèmes liĂ©s au territoire et aux frontières ne peuvent ĂŞtre rĂ©solus que par des nĂ©gociations directes entre IsraĂ«l et les Palestiniens », a dĂ©clarĂ© Payne samedi. «Nous avons clairement indiquĂ© dans nos observations Ă la Chambre prĂ©liminaire que l’Australie ne reconnaĂ®t donc pas le droit de tout prĂ©tendu « État de Palestine » d’adhĂ©rer au Statut de Rome. La [CPI] ne devrait pas exercer sa compĂ©tence en la matière ».





