L’ambassadeur du Maroc en IsraĂ«l Abdel Rahim al-Bayoud est en IsraĂ«l depuis près d’un an, mais maintient gĂ©nĂ©ralement le silence des mĂ©dias. Cette semaine, il Ă©tait l’invitĂ© d’une confĂ©rence internationale qui s’est tenue au Centre Dahan de l’UniversitĂ© de Bar-Ilan, et a traitĂ© de « la culture et le droit hĂ©breux au Maroc ».
« Comme dans toute autre ambassade marocaine dans le monde, en IsraĂ«l Ă©galement, nous avons l’intention de maintenir des relations diplomatiques approfondies pour amĂ©liorer les relations entre les deux pays dans les domaines politique, Ă©conomique, social et touristique », a dit Abdel Rahim al-Bayoud lors de la confĂ©rence.
Dans son discours, l’ambassadeur a mentionnĂ© la communautĂ© juive marocaine comme la clĂ© des bonnes relations entre les deux pays. « Il est important d’en savoir plus sur notre patrimoine commun, mais nous devons travailler pour le prĂ©server et le transmettre Ă la prochaine gĂ©nĂ©ration », a dĂ©clarĂ© Abdel Rahim al-Bayoud.
« J’Ă©tudie l’hĂ©breu deux fois par semaine », a tĂ©moignĂ© l’ambassadeur, ajoutant qu’il entend favoriser l’ouverture d’Ă©coles en IsraĂ«l qui enseigneront le darija, l’arabe marocain. « Nous avons commencĂ© Ă enseigner en hĂ©breu la langue hĂ©braĂŻque, et bien sĂ»r l’hĂ©ritage des Juifs marocains. Dans les Ă©coles, nous apprenons l’histoire juive et Ă©duquons contre l’antisĂ©mitisme. Notre objectif est de donner Ă la nouvelle gĂ©nĂ©ration autant de connaissances que possible sur la communautĂ© juive marocaine, de la langue Ă la musique, de la nourriture aux coutumes. »
Abdel Rahim al-Bayoud est un diplomate chevronnĂ© qui a servi pendant de nombreuses annĂ©es au ministère marocain des Affaires Ă©trangères. Il a notamment Ă©tĂ© consul gĂ©nĂ©ral Ă New York, chef du dĂ©partement AmĂ©rique du Nord et CaraĂŻbes du ministère marocain des Affaires Ă©trangères et, dans les annĂ©es 1990, conseiller de l’ambassade du Maroc Ă Washington et chargĂ© des relations avec le Congrès. Il a ouvert le Consulat du Maroc Ă Londres et l’a ensuite dirigĂ©. Il a Ă©tĂ© envoyĂ© Ă sa mission actuelle Ă Tel-Aviv en fĂ©vrier.
« Il y a beaucoup de potentiel qui n’a pas encore Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans les relations entre les deux pays suite Ă l’accord », a dit Abdel Rahim al-Bayoud. « Nous voyons dĂ©jĂ des collaborations entre de nombreuses entreprises dans les deux pays, mais ce n’est que le dĂ©but. Il y a des entreprises israĂ©liennes qui travaillent au Maroc, il y a des collaborations dans l’agriculture, la technologie, la mĂ©decine, l’eau et l’Ă©nergie, et il y a des entreprises marocaines qui veulent venir ici et profiter des fruits de l’accord de renouvellement. Je pense que l’avenir est très positif. «Â
L’accord visant Ă Ă©tablir des relations entre IsraĂ«l et le Maroc a Ă©tĂ© signĂ© Ă Rabat en dĂ©cembre 2020, sous le mandat du prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump et du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Ă la suite d’accords avec les Émirats arabes unis, BahreĂŻn et le Soudan. « , a dĂ©clarĂ© l’ambassadeur.
La reconnaissance israĂ©lienne et amĂ©ricaine du Sahara Occidental occupĂ© en tant que territoire souverain du Maroc Ă©tait importante pour la faisabilitĂ© de la signature des accords, et dans son discours Ă la confĂ©rence, l’ambassadeur Abdel Rahim al-Bayoud a Ă©galement abordĂ© cette question.
« Le 6 novembre, nous marquons la ‘Marche verte’ au Maroc », a rappelĂ© l’ambassadeur de 1975, au cours duquel quelque 200 000 Marocains sont entrĂ©s au Sahara occidental et l’ont exigĂ© des Espagnols après avoir annoncĂ© leur intention de se retirer du territoire ouest-africain. « Lors de la Marche verte, musulmans et juifs ont marchĂ© cĂ´te Ă cĂ´te pour libĂ©rer le Sahara marocain. Et le 15 novembre 1955, tous les Marocains, musulmans et juifs, se sont battus ensemble pour ramener le roi Mohammed V sur son trĂ´ne et apporter l’indĂ©pendance au Maroc.
Au cours de la confĂ©rence, des accords de coopĂ©ration acadĂ©mique ont Ă©tĂ© signĂ©s entre le Centre Dahan et le Centre d’Ă©tudes du droit juif d’Assouira, au Maroc. « Nous espĂ©rons que la collaboration conduira Ă l’exposition d’Ĺ“uvres culturelles juives inexplorĂ©es », a dĂ©clarĂ© le Dr Shimon Ohayon, directeur du Centre Dahan.






