L’ancien garde du camp de concentration nazi âgĂ© de 93 ans, Bruno Dey, a prĂ©sentĂ© ses excuses aux victimes de l’Holocauste lundi devant un tribunal de Hambourg, avant le verdict dans un procès de haut niveau pour sa complicitĂ© dans les atrocitĂ©s de la Seconde Guerre mondiale selon l’AFP.
«Aujourd’hui, je veux m’excuser auprès de ceux qui ont traversĂ© l’enfer de cette folie, ainsi que de leurs proches. Une telle chose ne devrait plus jamais se reproduire », a dĂ©clarĂ© Bruno Dey du banc des accusĂ©s.
Bruno Dey est accusĂ© de complicitĂ© dans le meurtre de 5 230 personnes alors qu’il travaillait comme gardien de la tour SS dans le camp de Stutthof, près de ce qui Ă©tait alors Dantzig, aujourd’hui Gdansk en Pologne.
Le tribunal devrait rendre son verdict jeudi.
Les procureurs ont demandĂ© une peine de trois ans de prison. Mais dans son rĂ©sumĂ© lundi, l’avocat de la dĂ©fense de Bruno Dey Stefan Waterkamp a demandĂ© au tribunal un acquittement ou une condamnation avec sursis, affirmant que son client « ne survivrait pas » en prison.
Bruno Dey lui-mĂŞme a niĂ© tout blâme pour ce qui s’est passĂ© dans le camp, affirmant que le procès « a demandĂ© beaucoup d’efforts ».
«Je voudrais souligner Ă nouveau que je ne me serais jamais enrĂ´lĂ© volontairement dans les SS ou dans aucune autre unitĂ©, surtout pas dans un camp de concentration. Si j’avais vu une opportunitĂ© de me retirer du service, je l’aurais fait », a dĂ©clarĂ© Bruno Dey dans ses dĂ©clarations finales avant que le tribunal ne rende son verdict.
Les procureurs soutiennent que son implication a Ă©tĂ© cruciale pour les meurtres, car son passage dans les SS a coĂŻncidĂ© avec l’ordre de la «solution finale» d’exterminer systĂ©matiquement les juifs par le gaz, la famine ou le refus de soins mĂ©dicaux.
En octobre, Bruno Dey a dĂ©clarĂ© qu’il regrettait ses actes, tout en insistant sur le fait qu’il ne s’Ă©tait pas volontairement joint Ă l’opĂ©ration meurtrière.
Bruno Dey est jugĂ© par un tribunal pour mineurs parce qu’il avait entre 17 et 18 ans Ă l’Ă©poque.
Les nazis ont créé le camp de Stutthof en 1939, en l’utilisant initialement pour dĂ©tenir des prisonniers politiques polonais. Il a fini par dĂ©tenir 110 000 dĂ©tenus, dont de nombreux juifs. Quelque 65 000 personnes ont pĂ©ri sur le terrain.
L’affaire Bruno Dey est l’une des nombreuses qui ont Ă©tĂ© ouvertes contre des criminels de guerre nazis ces dernières annĂ©es.
La rĂ©pression a commencĂ© après le procès de Munich en 2011 de John Demjanjuk, un criminel de guerre nazi accusĂ© d’avoir contribuĂ© au meurtre de 28 060 personnes au camp d’extermination de Sobibor et condamnĂ© Ă cinq ans. Il est dĂ©cĂ©dĂ© en 2012.
Certaines des personnes reconnues coupables de crimes de guerre de l’Ă©poque nazie n’ont jamais purgĂ© leur peine car elles sont mortes avant d’ĂŞtre emprisonnĂ©es.
L’un de ces condamnĂ©s, Reinhold Hanning , a Ă©tĂ© reconnu coupable de complicitĂ© dans les meurtres de masse d’Auschwitz. Cependant, Hanning est dĂ©cĂ©dĂ© Ă l’âge de 95 ans en juin 2017, avant de pouvoir purger sa peine.
Dans une affaire similaire, Oskar Groening, connu sous le nom de «comptable d’Auschwitz», est dĂ©cĂ©dĂ© en mars 2018 avant de pouvoir commencer Ă purger une peine de quatre ans de prison après avoir Ă©tĂ© reconnu coupable du crime de complicitĂ© dans le meurtre de 300 000 personnes Juifs hongrois Ă Auschwitz.
En avril, un tribunal allemand a abandonné une affaire contre Johann Rehbogen, ancien gardien du camp de concentration nazi, âgé de 95 ans, le jugeant inapte à être jugé en raison de sa maladie.




