L’AutoritĂ© palestinienne devra fournir des explications Ă  Biden sur le cruel centre de torture de JĂ©richo

Personne ne sait ce qui se passe dans ses murs, ce batiment n’est pas surveillĂ© et il n’est pas ouvert Ă  la communication. Non loin du casino qui fonctionnait Ă  JĂ©richo il y a 20 ans jusqu’au dĂ©but de la seconde intifada, se trouve le cauchemar de tout dĂ©tenu palestinien. La prison de JĂ©richo est devenue le nom de code du centre de torture numĂ©ro un de l’AutoritĂ© palestinienne dans les territoires. Quiconque y arrive sait exactement Ă  quoi s’attendre.

Des Palestiniens rĂ©cemment dĂ©tenus dans un centre de dĂ©tention de JĂ©richo se plaignent d’avoir Ă©tĂ© soumis Ă  de cruelles tortures physiques et mentales. Les histoires horribles qui sortent de prison, ou comme on l’appelle plus communĂ©ment « l’abattoir de JĂ©richo », mettent en lumière les mĂ©thodes d’interrogatoire et les graves tortures subies sur les dĂ©tenus palestiniens. Certains appellent l’endroit le  » Guantanamo de l’AutoritĂ© Palestinienne « , le comparant Ă  la prison que les AmĂ©ricains ont installĂ©e Ă  Cuba Ă  l’Ă©poque, et qui a depuis fermĂ©.

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D’après les tĂ©moignages de Palestiniens arrĂŞtĂ©s Ă  l’Ă©tablissement de JĂ©richo, la torture consiste Ă  frapper toutes les parties du corps, Ă  leur couvrir la tĂŞte, Ă  ​ lier les mains derrière le dos pendant de longues heures, Ă  attacher une chaise dans des positions douloureuses, Ă  empĂŞcher la nourriture et le sommeil, Ă  interdire les rĂ©unions avec des avocats et des membres de la famille, menaces de violence sexuelle contre les femmes, extorsion, intimidation et menaces de nuire aux membres de la famille.

Des groupes palestiniens de dĂ©fense des droits de l’homme rapportent que les forces de sĂ©curitĂ© palestiniennes ont procĂ©dĂ© ces dernières semaines Ă  une vague d’arrestations d’activistes palestiniens soupçonnĂ©s d’ĂŞtre impliquĂ©s dans des activitĂ©s politiques et de propagande contre l’AutoritĂ© palestinienne ou d’appartenir au Hamas. Les avocats des dĂ©tenus et les membres de leur famille se sont plaints de torture sĂ©vère au centre de dĂ©tention de JĂ©richo. Il y a quelques jours, une manifestation de protestation a eu lieu sur la place Manara au centre-ville de Ramallah, au cours de laquelle ils ont appelĂ© Ă  la libĂ©ration des dĂ©tenus et Ă  la fermeture de la tristement cĂ©lèbre prison.

« Depuis une semaine, je suis battu sur toutes les parties de mon corps, menottĂ© dans toutes sortes de positions d’une manière qui me fait plier le dos ou mes mains sont suspendues, et de lourds objets en fer sont placĂ©s sur mes jambes », a dĂ©clarĂ© le dĂ©tenu palestinien Ahmad Harish lors de sa comparution devant le tribunal.

« Ahmed ne peut pas marcher, ni bouger la tĂŞte ni faire de mouvements. Il ne rĂ©pond pas, et nous comprenons qu’il est torturĂ©, ligotĂ© avec des câbles, ses yeux sont constamment couverts et battus. Il a perdu la moitiĂ© de son poids, et « Il a dit qu’il n’avait jamais connu une telle torture », a dĂ©clarĂ© la sĹ“ur de Harish, rejetant la responsabilitĂ© de la vie d’Ahmad sur les responsables de l’AutoritĂ© palestinienne, les tribunaux et le parquet. « Nous n’attendrons pas que mon frère soit Nizar Banat », a-t-elle dĂ©clarĂ©, faisant rĂ©fĂ©rence Ă  un militant politique d’HĂ©bron qui a Ă©tĂ© battu Ă  mort par les forces de sĂ©curitĂ© palestiniennes lors de son arrestation l’annĂ©e dernière.

Un tĂ©moignage supplĂ©mentaire vient de l’avocat Ahmad Khassib, un habitant d’un des villages proches de Ramallah, qui a Ă©galement Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© et dĂ©tenu dans une prison de JĂ©richo. Il les a qualifiĂ©es de « fausses accusations » en rapport avec l’incident du laboratoire d’explosifs Ă  Beituniya, affirmant qu’il a Ă©tĂ© exposĂ© Ă  des interrogatoires barbares et Ă  des tortures. », a dĂ©clarĂ© Karaja.

La prison de JĂ©richo a un comitĂ© mixte qui comprend des reprĂ©sentants de tous les services de sĂ©curitĂ© palestiniens et son rĂ´le est de s’occuper des dĂ©tenus problĂ©matiques et dangereux. Le centre de dĂ©tention comprend non seulement des membres du Hamas et du Jihad islamique et des membres indisciplinĂ©s du Fatah soupçonnĂ©s d’ĂŞtre des « ennemis de l’AutoritĂ© palestinienne », mais aussi des militants de l’opposition soupçonnĂ©s d’ĂŞtre des opposants au rĂ©gime et toute personne que l’AP dĂ©cide de qualifier de « portant atteinte Ă  l’ordre public et Ă  l’ordre national et la stabilitĂ©. »

Il y a deux ans et demi, c’est Suha Jabara, une mère de trois enfants, dont le tĂ©moignage a agitĂ© la rue palestinienne. Elle a Ă©tĂ© dĂ©tenue dans une prison de JĂ©richo après avoir Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©e pour avoir reçu de l’argent illĂ©gal et collaborĂ© avec l’ennemi. « L’interrogateur m’a menacĂ©e de viol. Ils m’ont aspergĂ©e d’eau froide et ont menacĂ© de m’enlever mes enfants », a-t-elle dĂ©clarĂ© dans un tĂ©moignage enregistrĂ© sur la vidĂ©o. L’AutoritĂ© palestinienne a dĂ©menti ces allĂ©gations. En raison de la torture, elle a Ă©tĂ© forcĂ©e de suivre un traitement psychiatrique et son procès est toujours en cours.

Selon l’AutoritĂ© palestinienne des droits de l’homme, 252 plaintes pour torture ont Ă©tĂ© enregistrĂ©es dans les prisons de l’AP en 2021. Selon une source palestinienne, le nombre de cas rĂ©els de torture est bien supĂ©rieur au nombre de plaintes enregistrĂ©es. Sur le papier, la loi palestinienne interdit ostensiblement la torture, et il y a quelques annĂ©es, l’AutoritĂ© palestinienne a rendu une dĂ©cision dans cet esprit. Mais dans la pratique, les preuves montrent que la pratique consistant Ă  torturer les dĂ©tenus dans les centres d’interrogatoire se poursuit et n’est pas efficacement supervisĂ©e. « C’est très dĂ©rangeant et contraire Ă  tout l’art et Ă  la pratique internationale. Quelqu’un doit intervenir dans ce qui se passe lĂ -bas. Le travail du comitĂ© mixte des mĂ©canismes de la prison de JĂ©richo doit ĂŞtre arrĂŞtĂ©. Suite Ă  la critique de la torture, il y a eu un dĂ©cision il y a deux ans.

Le Dr Omar Rachel, directeur du Centre Ashmas pour les droits de l’homme et la dĂ©mocratie Ă  Ramallah, dĂ©clare qu’« il devrait y avoir une supervision et une mise en Ĺ“uvre des dĂ©cisions de la loi. « Il n’y a pas de dĂ©cision planifiĂ©e et dĂ©libĂ©rĂ©e d’en haut d’utiliser la torture, et il se trouve que cela est fait par des gens sur le terrain. »

Les organisations de dĂ©fense des droits de l’homme accusent IsraĂ«l de violer les droits et son traitement des dĂ©tenus palestiniens, tandis que la plupart d’entre elles ignorent les plaintes de torture au sein de l’AP. Le mois prochain, le prĂ©sident amĂ©ricain Joe Biden se rendra au Moyen-Orient et rencontrera le prĂ©sident de l’AP, Mahmoud Abbas. Au consulat saoudien en Turquie, les Palestiniens devront fournir des explications, mais avant cela, les AmĂ©ricains devront les exiger.