Le parquet de l’État a dĂ©posĂ© auprès du tribunal de district de JĂ©rusalem une demande reconventionnelle contre l’exploitante de la ferme aux crocodiles de Petzael, exigeant le remboursement de plus d’un million de shekels de frais. Selon l’État, celui-ci a Ă©tĂ© contraint de mener sur place des opĂ©rations nĂ©cessaires pour Ă©carter un danger pesant sur le public et sur les animaux eux-mĂŞmes.
Cette demande reconventionnelle a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e en parallèle d’un mĂ©moire en dĂ©fense, dans le cadre d’une procĂ©dure initiĂ©e par l’exploitante de la ferme contre l’Administration civile, la police israĂ©lienne et l’AutoritĂ© de la nature et des parcs. L’entreprise affirmait avoir subi des dommages Ă la suite d’un changement rĂ©glementaire et des actions menĂ©es par les autoritĂ©s Ă son encontre. L’État demande le rejet de cette plainte et affirme avoir agi conformĂ©ment Ă la loi, dans le cadre de ses compĂ©tences et sur la base de considĂ©rations professionnelles.
Des annĂ©es d’avertissements ignorĂ©s
À découvrir aussi :
Selon l’acte de demande reconventionnelle, dès 2011 s’Ă©tait produite une Ă©vasion de dizaines de crocodiles depuis la ferme. Pendant environ 14 ans, les autoritĂ©s de l’État ont menĂ© des inspections, adressĂ© des mises en garde, organisĂ© des auditions et formulĂ© des exigences rĂ©pĂ©tĂ©es de correction des manquements en matière de sĂ©curitĂ©, de protection et de bien-ĂŞtre des animaux.
Il est Ă©galement allĂ©guĂ© que l’entreprise a ignorĂ© pendant des annĂ©es les instructions des autoritĂ©s, n’a pas corrigĂ© les manquements et a continuĂ© Ă exploiter la ferme, crĂ©ant ainsi un risque continu pour la vie humaine et pour celle des animaux. Selon la plainte, cette gestion a notamment conduit Ă des Ă©vasions rĂ©pĂ©tĂ©es et Ă la nĂ©cessitĂ© d’une intervention continue de la part des autoritĂ©s.
L’acte de plainte prĂ©cise qu’une expertise des services vĂ©tĂ©rinaires a Ă©tabli que les conditions de dĂ©tention des crocodiles relevaient de la maltraitance, de la cruautĂ© ou de la torture. Selon les allĂ©gations, une partie des crocodiles prĂ©sentait des blessures graves, notamment des amputations de membres rĂ©sultant de cannibalisme et de luttes de dominance provoquĂ©es par les conditions de dĂ©tention.
270 crocodiles euthanasiés après une évaluation du danger
Selon l’État, celui-ci a Ă©tĂ© contraint de rĂ©aliser des travaux de clĂ´ture et de sĂ©curisation sur la ferme, des opĂ©rations de contrĂ´le et d’exĂ©cution, ainsi que d’euthanasier 270 crocodiles du Nil. Selon l’acte de plainte, l’ensemble des alternatives a Ă©tĂ© examinĂ©, et il a Ă©tĂ© Ă©tabli qu’il s’agissait d’une mesure nĂ©cessaire face Ă un danger immĂ©diat et rĂ©el pour la vie humaine.
Dans le cadre de cette demande reconventionnelle, l’État cherche Ă contraindre l’entreprise Ă rembourser les frais engendrĂ©s par ces opĂ©rations. L’État affirme que ces coĂ»ts n’auraient pas Ă©tĂ© engagĂ©s sans les actes et les manquements de l’entreprise, et qu’il n’y a pas lieu de faire peser les dĂ©penses de cette intervention sur les finances publiques.
La ferme de Petzael, créée dans les annĂ©es 1990 dans la vallĂ©e du Jourdain comme attraction touristique, avait accueilli jusqu’Ă environ 1 500 crocodiles Ă son apogĂ©e avant de pĂ©ricliter Ă©conomiquement, en partie Ă cause de la Seconde Intifada qui avait mis fin Ă sa frĂ©quentation touristique. Son propriĂ©taire, Gadi Bitan, avait par la suite tentĂ© de reconvertir l’exploitation vers l’industrie du cuir et de la viande, avant que cette activitĂ© ne soit elle aussi interdite par une modification de la loi sur la protection de la faune sauvage. Bitan a de son cĂ´tĂ© dĂ©posĂ© une plainte distincte rĂ©clamant environ 53 millions de shekels Ă l’État pour les prĂ©judices Ă©conomiques qu’il estime avoir subis.
« Quand ils sont venus tuer les crocodiles, ils ont pris le tĂ©lĂ©phone de l’ouvrier agricole pour qu’il ne puisse pas me prĂ©venir, car ils savaient qu’une injonction pouvait ĂŞtre obtenue immĂ©diatement », a dĂ©clarĂ© Beitan Ă ynet. « Tout a Ă©tĂ© perdu. Certains ont Ă©tĂ© tuĂ©s par balles. Les crocodiles avaient entre 50 et 150 ans. C’Ă©tait le travail de toute une vie. Pendant toutes ces annĂ©es, nous avons protĂ©gĂ© les crocodiles et ils n’ont jamais fait de mal Ă personne. Quant aux dĂ©gâts causĂ©s, ce n’est pas un simple coup dur, c’est un vĂ©ritable dĂ©sastre. Quarante ans d’investissement ne disparaissent pas comme ça. »
Selon Beitan, cet incident l’a empĂŞchĂ© de sauver la vie des crocodiles et de respecter un accord lucratif prĂ©voyant leur vente Ă une entitĂ© commerciale marocaine pour des dizaines de millions de shekels.
Pour toute notre actualitĂ© sur la vallĂ©e du Jourdain et la JudĂ©e-Samarie, retrouvez la page d’accueil d’Infos-Israel.News : https://infos-israel.news/






