Ă€ Gaza, l’argent du Qatar est arrivĂ© et les vents se calment, mais la rĂ©gion de JudĂ©e-Samarie est en train d’exploser. Presque tous les mois, plusieurs attaques terroristes et tentatives d’attaques minent la paix dans la rĂ©gion. Pour calmer la situation, il faut renforcer les forces militaires et augmenter la vigilance.
Il y a quelques mois, le chef d’Ă©tat-major de l’armĂ©e israĂ©lienne, Gadi Eizenkot, a dĂ©clarĂ© qu’il existait une forte probabilitĂ© d’escalade en JudĂ©e-Samarie, ce que Nadav Argaman, chef du Shin Bet, a aussi confirmĂ©, en disant que la rĂ©gion est en train de « bouillonner » et que « le calme est trompeur ».
Les dĂ©clarations du chef de cabinet semblaient quelque peu exagĂ©rĂ©es, d’autant plus que la première moitiĂ© de 2018 avait enregistrĂ© une baisse des attaques terroristes et de la terreur populaire en JudĂ©e-Samarie, malgrĂ© le transfert de l’ambassade amĂ©ricaine Ă JĂ©rusalem et d’autres Ă©vĂ©nements susceptibles d’avoir Ă©clairĂ© la rĂ©gion. Alors que les Palestiniens en JudĂ©e-Samarie semblaient indiffĂ©rents, il semble que les vents aient tournĂ©. Gaza se calme, du moins semble-t-il, alors que les attaques Ă la bombe et Ă l’arme blanche en JudĂ©e-Samarie se multiplient.
Les raisons du calme qui règne dans la bande de Gaza sont claires : le Hamas gagne lentement les avantages économiques qu’il veut et il peut également attribuer cela à la « marche du retour » et à la terreur des cerfs-volants et des ballons qui ont été intenses depuis la fin du mois de mars.
La mĂ©diation obstinĂ©e de l’Égypte et les perspectives d’un règlement global fonctionnent, et nous avons mĂŞme appris hier dans le journal Al-Hayat que le prĂ©sident Ă©gyptien Sisi avait finalement rĂ©ussi Ă convaincre Abou Mazen de conclure une trĂŞve dans la bande de Gaza. Cela signifie qu’Abou Mazen injectera au moins une partie des sommes qu’il doit dans les salaires des employĂ©s de l’AP dans la bande de Gaza, et surtout qu’il s’abstiendra de resserrer la bande de Gaza, en stoppant les transferts des besoins humanitaires depuis le dĂ©but de l’annĂ©e pour contrer le Hamas.
Les habitants de la bande de Gaza, au bord d’une crise humanitaire catastrophique, ne se sont pas rebellĂ©s contre le Hamas, mais Abou Mazen s’est apparemment rendu compte que cela ne se produirait plus et qu’il ne pourrait plus rĂ©sister aux pressions exercĂ©es par l’Égypte et IsraĂ«l. Il est impossible de savoir le futur, avec l’instable Abou Mazen, mais pour le moment, il semble vouloir coopĂ©rer pour apaiser la situation dans la bande de Gaza, peut-ĂŞtre parce qu’il comprend que les troubles dans la bande de Gaza ont apparemment commencĂ© Ă se rĂ©pandre en JudĂ©e-Samarie.
Les responsables de la sĂ©curitĂ©, prĂ©venus d’une Ă©ventuelle escalade en JudĂ©e-Samarie, estiment que l’option la plus dangereuse dans la situation actuelle consiste en des perturbations massives accompagnĂ©es de coups de feu et d’attaques de couteau qui Ă©clateront Ă la suite d’un incident alĂ©atoire qui enflammera la rĂ©gion.
De telles perturbations, au cours desquelles des coups de couteau et d’autres formes de terreur populaire seront Ă©galement perpĂ©trĂ©es, et pourraient entraĂ®ner des morts et des blessĂ©s des deux cĂ´tĂ©s et nĂ©cessiteraient un effort militaire et des efforts de renseignement concertĂ©s et prolongĂ©s pour les calmer. Par consĂ©quent, il est important de comprendre la cause des troubles actuels en JudĂ©e-Samarie, dont 90% se dĂ©roulent et ne sont pas reflĂ©tĂ©s dans les mĂ©dias, et les rĂ©centes attaques ne sont que la partie visible de l’iceberg.
Le chef du Shin Bet a dĂ©clarĂ© Ă la commission des affaires Ă©trangères et de la dĂ©fense que son organisation avait dĂ©jouĂ© 480 attaques terroristes cette annĂ©e, arrĂŞtĂ© 219 cellules du Hamas et contrecarrĂ© 590 attaques terroristes isolĂ©es, dont la grande majoritĂ© ont Ă©tĂ© menĂ©es Ă la suite de rĂ©seaux sociaux et d’une opĂ©ration antiterroriste classique. Par consĂ©quent, nous n’avons pas entendu parler de ces attaques, mais leur nombre indique que le volcan en JudĂ©e-Samarie est sur le point de se transformer en Ă©ruption.
La principale raison de ces troubles est apparemment la volontĂ© des palestiniens de JudĂ©e Samarie d’imiter le comportement de ceux de Gaza et d’amĂ©liorer leur situation gĂ©nĂ©rale, sociale, Ă©conomique et politique dans toute la JudĂ©e-Samarie. Bien entendu, leur situation Ă©conomique est bien meilleure que celle des habitants de la bande de Gaza, mais le taux de chĂ´mage parmi les jeunes est toujours estimĂ© Ă deux chiffres et l’horizon politique n’existe pas en raison de la rupture avec les États-Unis. La situation Ă©conomique, qui n’est en tout Ă©tat de cause pas bonne, s’est considĂ©rablement dĂ©gradĂ©e Ă la suite des coupes budgĂ©taires du gouvernement Trump en faveur de l’AutoritĂ© palestinienne et de l’UNRWA.
Les personnes tuĂ©es et blessĂ©es sur la clĂ´ture de Gaza, en particulier l’incitation au Hamas et les tentatives de l’organisation de mener des attaques meurtrières dans la rĂ©gion au lieu de ce qu’elle ne peut pas faire depuis la bande de Gaza, sont Ă©galement Ă l’origine des troubles. Le Hamas utilise tous les canaux Ă sa disposition Ă partir de Gaza, du Liban et de la Turquie pour transfĂ©rer de l’argent, mais aussi des instructions et des motivations Ă tuer en JudĂ©e-Samarie. La plupart des tentatives d’attaques sur le terrain est effectuĂ© par d’anciens prisonniers dans les prisons israĂ©liennes libĂ©rĂ©es dans le cadre de l’accord Shalit.






