« LE DEFI D’ETRE … JUIF », le nouveau livre de ThĂ©rĂšse Zrihen-Dvir – Par Philippe ARNON

 
C’est accepter d’ĂȘtre, naturellement, en se conformant Ă  la Loi !
 
VoilĂ  un roman qui normalement devrait faire beaucoup parler de lui d’autant plus que le contexte s’y prĂȘte Ă  merveille. En fait, c’est plus qu’un roman, c’est un essai, un appel Ă  un nouvel existentialisme, un existentialisme oĂč, Ă  l’angoisse du Juif, rĂ©pond plus que jamais le message de Hashem. Si un Ă©diteur, parmi les lecteurs de ce texte, est intĂ©ressĂ© Ă  lire le livre de Madame Zrihen-Dvir, je l’invite Ă  prendre contact avec elle. Voici son adresse-courriel : [email protected]. Je pense qu’il ne sera pas déçu et fera Ă  mon avis une bonne affaire s’il acceptait de le publier ! Mais, revenons Ă  l’analyse du livre de Madame Zrihen-Dvir.
DĂšs sa naissance, le petit de l’homme est posĂ© -par qui ? Dieu ? Le Malin ? Le hasard ?- sur une embarcation que cet inconnu effrayant, justement parce qu’inconnu, pousse d’un grand coup de rein, vers la large. Et trĂšs tĂŽt, le petit de l’homme sait qu’il n’aura jamais un port d’attache ou tout au moins que celui-ci ne sera que … la mort ! Sa vie durant, la mer sera souvent agitĂ©e jusqu’Ă  se transformer parfois en tempĂȘtes. D’autres fois, elle sera calme, sans aucun souffle dans les voiles de l’embarcation. D’autres fois encore par contre, le petit de l’homme -qui devient homme avec les ans qui passent-, ira de l’avant, sans encombre, presque joyeux. Et cela, parce que se sentant seul maĂźtre Ă  bord, il aura fini, inquiet tout de mĂȘme, par se choisir une Ă©toile pour se guider et Ă©chapper, du moins le croira t-il, Ă  l’inconnu effrayant qui tient les rĂȘnes de son destin. C’est lĂ  le propre du dĂ©fi d’ĂȘtre …
Mais il est un peuple Ă  part dont l’ocĂ©an sur lequel il a toujours voguĂ©, n’a jamais connu de calme plat mais au contraire, que d’horribles tempĂȘtes l’entraĂźnant toujours dans une suite irrĂ©pressible de naufrages. Ce peuple, c’est le peuple juif, Ă©videmment ! a t-on envie d’ajouter et « le dĂ©fi d’ĂȘtre … Juif » va ĂȘtre ainsi plus prĂ©gnant pour lui que pour les autres peuples, Ă  cause justement de cet acharnement rĂ©pĂ©tĂ© sur son destin. Mais lui, plus que tous les autres, il s’est choisi une Ă©toile fort Ă©tincelante qui lui a permis de mieux tenir le cap tout simplement parce qu’elle a initiĂ©, il y a plus de 5000 ans, un profond dialogue avec lui et l’a dĂ©signĂ© comme son propre peuple, un peuple Ă  qui elle a confiĂ© la mission d’instructeur des autres peuples. Ce n’est pas rien !
Or, voilĂ  qu’aujourd’hui, la lumiĂšre de cette Ă©toile, hier si puissante et si rĂ©confortante, s’estompe de jour en jour jusqu’Ă  presque disparaĂźtre, mĂȘme si certains la perçoivent encore distinctement. Et c’est alors le sens de l’existence du peuple juif qui disparaĂźt et avec lui, la pĂ©nombre qui s’impose, la perte de tout repaire et avec elle, l’Ă©parpillement de la communautĂ© et l’apparition d’une multitudes de clans mĂȘme pas capables de s’entendre, comme elles s’Ă©taient entendues, certes dans la perversion, au temps du Veau d’or. C’est l’Ă©poque des LaĂŻcs, des renonciateurs, du troupeau dispersĂ© sans Ăąmes, Ă  deux pas du prĂ©cipice.
Mais alors, qu’est-ce qui pousse JĂ©rĂ©mie, le hĂ©ros du roman qui vit en balieue parisienne, Ă  Ă©carter Ă  grands coups d’esprit, le brouillard qui cache la lumiĂšre de l’Ă©toile ? Bref, pourquoi s’engage t-il lui, comme un volontaire en temps de guerre, Ă  contre-courant de la doxa ? Pourquoi en fait, renoue t-il lui, avec « le dĂ©fi d’ĂȘtre … Juif », c’est Ă  dire de marcher sur le chemin de la GuĂ©oula ChĂ©lĂ©ma ? Pourquoi dĂ©cide t-il, presque sur un coup de tĂȘte, de risquer s’engouffrer dans ce qu’on a appelĂ© le martyrologe juif, cet ocĂ©an perpĂ©tuellement en tempĂȘtes finissant donc toujours en milliers de naufrages ?
D’abord parce que le hasard -sa circoncision- le fait dĂ©couvrir juif. Ensuite, parce que son meilleur ami Daniel, est juif avec des parents juifs de tradition (le papa est d’ailleurs rabbin) et qu’il va l’aider dans cette voie. Et cette voie va alors carrĂ©ment le plonger dans une exaltation salvifique alors qu’Ă©trangement Daniel, progressivement va suivre la voie inverse, c’est Ă  dire se dĂ©judaĂŻser et aller ainsi d’Ă©chec en Ă©chec comme si son retrait du judaĂŻsme s’apparentait Ă  une immense punition. Heureusement, quelque temps avant sa mort, dans le combat contre le Hamas aprĂšs le 7 octobre, grĂące Ă  l’amour d’une jeune femme trĂšs croyante, il renouera avec le judaĂŻsme comprenant alors avec JĂ©rĂ©mie que rien ne vaut mieux que de suivre la voie proposĂ©e par Hashem aux enfants que Celui-ci a Ă©lus. Car « Le dĂ©fi d’ĂȘtre … Juif », c’est de ne pas s’Ă©carter, mieux encore, de ne pas s’Ă©loigner, de rester toujours fidĂšle, c’est accepter d’ĂȘtre, naturellement, en se conformant Ă  la Loi.
Pour l’auteur du livre, « Le dĂ©fi d’ĂȘtre … Juif », c’est se dire : « On m’a placĂ© lĂ  alors que je n’avais rien demandĂ© et l’on m’a enjoint de passer ce temps qu’on m’a imparti. Alors, le dĂ©fi d’ĂȘtre, et pour que ce temps, ma vie donc, ne s’analyse pas en une pauvre absurditĂ©, c’est de l’affronter, de la prendre au cou, de la serrer pour dire que je triomphe. Or, je sais en mĂȘme temps que je ne suis pas seul, que celui qui me met face Ă  ce dĂ©fi, me soutient, paradoxalement il est vrai, parce que je tiens en fait ma misĂšre de Lui ! et qu’il fait alors que ma vie et mon combat ont un sens ».
Les parents de JĂ©rĂ©mie qui sont juifs, ont Ă©tĂ© traumatisĂ©s -le mot est encore trop faible !- par la Shoah. Sur l’ocĂ©an, une immense partie du peuple juif a sombrĂ© dans les profondeurs froides du nĂ©ant. Et beaucoup de Juifs se sont dits alors que cette fois, ce n’Ă©tait plus possible, que l’horreur exterminatrice Ă©tait allĂ©e beaucoup trop loin ; et qu’il Ă©tait dĂ©sormais urgent de renoncer, surtout pour les enfants qui devaient vivre comme tous les enfants du monde ; et qu’enfin, « le dĂ©fi d’ĂȘtre …Juif », Ă©tait dĂ©sormais fini pour eux, qu’ils se contenteraient … d’avoir celui des autres, en toute simplicitĂ©, sans revendication d’aucune originalitĂ©, cette originalitĂ© qui n’avait Ă©tĂ© jusque lĂ  qu’un boulet accrochĂ© aux pieds de tous les Juifs, comme s’ils avaient plus pĂ©chĂ© que les autres.

Mais JĂ©rĂ©mie est un adolescent et donc, un rebelle. Il ne l’entend pas ainsi : lui au contraire deviendra Juif et jusqu’Ă  mĂȘme devenir rabbin, n’en dĂ©plaise Ă  ses parents, surtout Ă  sa mĂšre puisque son papa lui, est bien plus ouvert d’esprit. Son inconscient collectif, c’est Ă  dire ses puissantes racines juives vibrantes en son esprit , lui ont livrĂ© l’intuition exacte du chemin qu’il devait suivre : « l’annĂ©e prochaine Ă  JĂ©rusalem ! ». Il accomplira son alyah. Il a senti Ă  travers elles, le sens infini de son existence, infini parce qu’il a compris en un instant qu’elles Ă©taient en fait le souffle de Hashem qui se manifestait en lui et l’interpelait. Mieux ! Il a compris que le CrĂ©ateur l’aidait Ă  braver le dĂ©fi que Lui-mĂȘme avait assignĂ© aux hommes. Tout « Le dĂ©fi d’ĂȘtre … Juif » est lĂ  : dans la symbiose parfaite entre le CrĂ©ateur et sa CrĂ©ation. « Le dĂ©fi d’ĂȘtre … Juif », c’est finalement une adĂ©quation parfaite, mathĂ©matique mĂȘme ! entre ce qu’Unamuno appelait « le sentiment tragique de la vie » qui a trouvĂ© un sens qui fait que tout devient ordre presque parfait et ainsi satisfaction gĂ©nĂ©rale. Bref, « Le dĂ©fi d’ĂȘtre … Juif », c’est d’avoir tout compris et ĂȘtre tout simplement heureux. En conclusion, « Le dĂ©fi d’ĂȘtre … juif » est un espoir pour les Juifs et mĂȘme pour les LaĂŻcs, Ă©tant entendu que vibre toujours en chacun d’eux un brin de judĂ©itĂ©. C’est mĂȘme une voie Ă  suivre, non seulement spirituelle mais surtout peut-ĂȘtre, une voie politique dont IsraĂ«l jamais ne devrait s’Ă©carter. Merci Ă  ThĂ©rĂšse Zrihen-Dvir de nous avoir aidĂ© Ă  mieux saisir ce qui devrait ĂȘtre constamment pour tous les Juifs, une Ă©vidence ! Qu’ils en prennent sur le champ conscience, et encore une fois, ils se propulseront dans l’Ă©ternitĂ© … car entre dĂ©fi et Ă©ternitĂ©, il y a toujours eu pour eux, une connivence, sacrĂ©e Ă©videmment !!!

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Je suis goy. Vive Israël !
Philippe ARNONÂ