Pour servir sincèrement l’Eternel, nous devons ĂŞtre capables de nous libĂ©rer de notre Ă©go, en faisant place Ă l’autre. Si nous sommes esclaves de notre moi, il nous sera impossible de nous rapprocher de Dieu. Il n’est certes guère facile de faire abstraction de notre amour-propre et parvenir Ă aimer notre prochain, mais après avoir dĂ©passĂ© ce stade, nous parviendrons Ă©galement Ă l’amour de Dieu. Cela prend Ă©videmment du temps, et c’est lĂ un trait de caractère qu’il vaut mieux commencer de dĂ©velopper depuis la plus tendre enfance, car il s’agit de parvenir Ă un degrĂ© d’amour tel que l’on se sente pleinement heureux de son propre bonheur ainsi que du bonheur d’autrui.
Seule la condition de couple peut permettre d’atteindre le summum de l’amour du prochain. Il est donc de notre devoir moral d’ĂŞtre gĂ©nĂ©reux d’abord Ă l’Ă©gard de ceux qui nous sont proches. A plus forte raison lorsqu’il s’agit du compagnon ou de la compagne qui partage notre vie et notre destin. Ce n’est qu’Ă l’intĂ©rieur de la cellule familiale que l’on peut prendre en compte dans leur ensemble toutes ces considĂ©rations Ă la fois, et rendre vraiment heureux ceux que l’on aime.
Selon le Maharal de Prague, le fondement de l’amour d’autrui repose sur la similitude des âmes, toutes d’essence divine. Certains agissements de nos concitoyens nous semblent mĂ©riter le blâme, mais notre indignation, ne doit en aucun cas tempĂ©rer notre amour pour eux. Nous devons constamment les entourer d’un amour chaleureux et fraternel mĂŞme si celui-ci s’Ă©loigne du droit chemin, il reste notre frère, et rien ne pourra jamais rompre notre lien Ă©ternel avec lui, ni briser notre relation fidèle et dĂ©sintĂ©ressĂ©e. De tout temps, lorsqu’un juif a trĂ©buchĂ©, il s’en est toujours trouvĂ© un autre pour l’aider Ă se relever.
Malheureusement, nous nous attachons de manière excessive et spontanĂ© Ă ce qui nous diffĂ©rencie, c’est Ă dire Ă l’aspect superficiel des ĂŞtres, plutĂ´t qu’Ă ce qui nous uni profondĂ©ment. Nous mettons en avant tout ce qui nous oppose au lieu de considĂ©rer ce qui nous rapproche. Pourtant, bien qu’il ne soit guère aisĂ© de surmonter nos divergences de vue, il est impĂ©ratif de nous retrouver sur une base de solidaritĂ© avec nos semblables, et de saisir les points que nous possĂ©dons en commun: nous, ĂŞtres HĂ©breux.
Au fil des siècles, cette devise a Ă©tĂ© largement mise en pratique au sein des communautĂ©s juives, ce qui leur a permis de faire face Ă tous les dangers de l’Histoire. Mais aujourd’hui, alors que nous nous retrouvons sur notre terre ancestrale, il convient de ne pas oublier ces principes de base. MalgrĂ© les diffĂ©rends qui nous opposent Ă nos frères, nous devons continuer Ă diffuser vers eux ce message de patience et d’amour, ce message jaillissant de nos sources communes, et grâce Ă lui, ensemble, nous rapprocher des chemins du peuple, de la terre et de la Tora d’IsraĂ«l.




