Cedric Lodge (55 ans), l’ancien chef de la morgue de la Harvard Medical School de Boston, a Ă©tĂ© accusĂ©, avec quatre autres personnes, dont sa femme Denise (63 ans), d’avoir volĂ© et revendu des parties de corps donnĂ©es Ă la prestigieuse universitĂ©. Cela a Ă©tĂ© annoncĂ© ce soir (entre mercredi et jeudi) par les procureurs fĂ©dĂ©raux.
Lodge, qui a Ă©tĂ© licenciĂ© le mois dernier, a Ă©tĂ© accusĂ© de complot et de transport interĂ©tatique de biens volĂ©s après avoir Ă©changĂ© des parties de corps sur le marchĂ© noir avec les autres accusĂ©s entre 2018 et 2022, selon un communiquĂ© du bureau du procureur amĂ©ricain pour le district intermĂ©diaire de Pennsylvanie. Les procureurs ont dĂ©clarĂ© que Lodge, qui avait Ă©tĂ© embauchĂ© par l’UniversitĂ© de Harvard Ă Boston en 1995, permettait mĂŞme parfois Ă des acheteurs potentiels d’entrer dans la morgue de l’Ă©cole « pour examiner les corps et choisir les pièces Ă acheter ». Les acheteurs revendaient souvent plus tard les pièces qu’ils avaient achetĂ©es, selon les plaignants.
Jeremy Pauley, 41 ans, de Pennsylvanie, avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© inculpĂ© sĂ©parĂ©ment dans l’Arkansas dans le cadre de la mĂŞme enquĂŞte, soupçonnĂ© d’avoir volĂ© des parties du corps dans une morgue oĂą il travaillait, ont dĂ©clarĂ© les procureurs. On ne sait pas si Lodge, qui a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© par le FBI hier, ou les autres accusĂ©s dans l’affaire, y compris l’Ă©pouse de Lodge, ont une reprĂ©sentation lĂ©gale. « Certains crimes dĂ©fient toute logique », a dĂ©clarĂ© Gerard Karam, procureur du district intermĂ©diaire de Pennsylvanie. « Le vol et le trafic de restes humains portent atteinte Ă l’essence de ce qui fait de nous des ĂŞtres humains. »

Il a ajoutĂ© que les pièces vendues appartenaient Ă des personnes qui avaient fait don de leurs restes Ă des fins de recherche et d’Ă©ducation pour les professionnels de la santĂ©. Selon lui, les corps ont Ă©tĂ© enlevĂ©s Ă l’insu ou sans l’autorisation de l’Ă©cole, ajoutant que la facultĂ© a coopĂ©rĂ© Ă l’enquĂŞte. Dès que les corps ne sont plus nĂ©cessaires, notons-le, ils sont incinĂ©rĂ©s et les cendres sont rendues Ă la famille du donateur ou enterrĂ©es dans un cimetière.
Lodge ramenait parfois les parties du corps – qui comprenaient la tĂŞte, la cervelle, la peau et les os – Ă la maison oĂą il vivait avec sa femme Denise. Certains des restes ont mĂŞme Ă©tĂ© envoyĂ©s aux acheteurs par la poste, ont indiquĂ© les autoritĂ©s.
George Daley, doyen de la Harvard Medical School, a dĂ©clarĂ© dans une dĂ©claration Ă la communautĂ© universitaire : « Nous sommes choquĂ©s d’apprendre que quelque chose d’aussi dĂ©rangeant puisse se produire sur notre campus – une communautĂ© dĂ©diĂ©e Ă la guĂ©rison et au service des gens. C’est tout simplement moralement rĂ©prĂ©hensible. »
Daly a Ă©galement dĂ©clarĂ© qu’Ă la Harvard Medical School – qui a appris les accusations pour la première fois en mars – ils ont fouillĂ© les dossiers et en particulier les journaux qui enregistraient quand les restes des donneurs Ă©taient envoyĂ©s pour incinĂ©ration, et quand Lodge Ă©tait sur le campus, pour essayer de dĂ©terminer quelles parties du corps de qui les donneurs ont fait l’objet d’un trafic.
Les Lodges ont comparu à midi (heure des États-Unis) devant le tribunal fédéral de Concord, dans le New Hampshire, et ont été libérés sous engagement personnel. Ils ont refusé de commenter en quittant le palais de justice.






