L’ancien chef de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure libanais et ancien ministre libanais de la Justice, le gĂ©nĂ©ral Ă la retraite Ashraf Rifi, a dĂ©clarĂ© plus tard cette semaine qu’une cargaison de nitrate d’ammonium qui a explosĂ© dans un port de Beyrouth le 4 aoĂ»t avait Ă©tĂ© envoyĂ©e au Hezbollah par le Corps des gardiens de la rĂ©volution islamique iranien (CGRI). Il a dĂ©clarĂ© jeudi qu’il avait informĂ© les enquĂŞteurs d’une commission spĂ©ciale enquĂŞtant sur les circonstances de l’explosion.
«J’ai dit dans mon tĂ©moignage et je le rĂ©pète encore et encore : le nitrate d’ammonium a Ă©tĂ© envoyĂ© au Hezbollah par le CGRI iranien. Une partie a Ă©tĂ© utilisĂ©e par le rĂ©gime syrien, et une partie a Ă©tĂ© envoyĂ©e par le Hezbollah Ă des groupes terroristes Ă Chypre, au KoweĂŻt, en Allemagne et dans d’autres pays », a Ă©crit Ashrfa Rifi sur Twitter.
«Le service de sĂ©curitĂ© sait que le Hezbollah contrĂ´le le port de Beyrouth pour la contrebande d’explosifs. Le Hezbollah est prĂ©sent dans la zone de sĂ©curitĂ© et de douane du port de Beyrouth, Ă©crit Rifi. – J’ai appelĂ© l’enquĂŞteur Ă publier mon tĂ©moignage. Ne pensez pas que vous pouvez limiter l’enquĂŞte sur un crime au port. Certains fonctionnaires savaient qu’une importante cargaison de nitrate d’ammoniac se trouvait dans le port et se sont tus – soit par peur, soit en tant que complices. «Â
Le gĂ©nĂ©ral Rifi, un sunnite de Tripoli, est l’un des rares Ă avoir osĂ© s’opposer publiquement au Hezbollah. Sur la base des mĂ©dias sociaux libanais, il ne fait guère de doute dans le pays que le port de Beyrouth est sous le contrĂ´le du Hezbollah et que l’immense entrepĂ´t de salpĂŞtre Ă haute densitĂ© appartenait au parti chiite.
Une importante cargaison de salpĂŞtre s’est retrouvĂ©e Ă Beyrouth en 2013. Puis le navire « Rhosus », propriĂ©tĂ© de l’homme d’affaires russe Igor Grechushkin, est allĂ© avec une cargaison de nitrate d’ammonium de la GĂ©orgie au Mozambique. Le navire est entrĂ© dans le port libanais comme par accident et y est restĂ© pour des raisons techniques. En rĂ©alitĂ©, selon les donnĂ©es publiĂ©es,  il s’agissait uniquement d’une opĂ©ration de couverture pour offrir un «cadeau» dangereux au Hezbollah.
Après l’explosion de Beyrouth, les mĂ©dias ont rappelĂ© les entrepĂ´ts de nitrate d’ammonium que le Hezbollah avait créés Ă des fins terroristes au Royaume-Uni et en Allemagne. En 2015, sur un conseil du Mossad, les services de renseignement britanniques ont arrĂŞtĂ© quatre agents du Hezbollah qui stockaient 3 tonnes de nitrate d’ammonium sous couvert de farine. En Allemagne, des agents de l’organisation chiite libanaise ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s pour possession de salpĂŞtre, ce qui suffirait Ă dĂ©truire la ville. «C’est ce que le Hezbollah allait faire en Europe. A en juger par la taille de l’entrepĂ´t du port de Beyrouth, Nasrallah allait l’utiliser pendant la troisième guerre du Liban », commentait alors la Treizième chaĂ®ne israĂ©lienne.
Il y a deux semaines, le Hezbollah a poursuivi plusieurs politiciens libanais pour avoir ouvertement blâmĂ© l’organisation chiite pour le bombardement.
Des documents officiels montrent que les autoritĂ©s portuaires, les services de sĂ©curitĂ© et les responsables politiques, jusqu’au prĂ©sident Michel Aoun, connaissaient les dangers posĂ©s par la cargaison de salpĂŞtre dans le port, mais n’ont rien fait pour l’Ă©vacuer.
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