Le grand rabbin séfarade David Yosef : « Le peuple palestinien n’est pas un peuple et n’a jamais existé en tant que tel »

Le grand rabbin séfarade d’Israël, le Rishon LeTsion David Yosef, a tenu des propos sans équivoque lors d’une visite jeudi soir au musée de Gouch Katif à Jérusalem, affirmant notamment que « Gaza, c’est à nous, Naplouse c’est à nous, Jénine c’est à nous », et déclarant que « le peuple palestinien n’est pas un peuple et n’a jamais existé en tant que tel, et qu’il n’a pas de droits ici ».

Cette visite intervenait à l’occasion de la commémoration des 21 ans du démantèlement de Gouch Katif, le bloc de 17 implantations israéliennes du sud de la bande de Gaza évacuées en août 2005 dans le cadre du désengagement unilatéral décidé par le gouvernement israélien de l’époque.

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« Nous ne précipitons pas la fin, nous attendons »

Au cours de la visite, guidée notamment par le président du musée de Gouch Katif, Shlomo Wasserteil, le rabbin David Yosef a été interrogé par l’un des participants sur la pertinence de prier pour un retour à Gaza. Sa réponse a été sans détour : « Prier, certainement que oui, il faut prier. Agir concrètement, c’est une autre question. » Il a précisé que cette prière ne concernait pas uniquement Gouch Katif, mais l’ensemble de Gaza, de la Judée-Samarie, de Naplouse, et de tous ces territoires, y compris les zones où se trouvent aujourd’hui Gaza-ville et Khan Younès. « C’est à nous, nous le déclarons clairement », a-t-il résumé.

Le rabbin a insisté à plusieurs reprises sur le fait que cette espérance devait rester du domaine de la prière et de l’attente religieuse, et non d’une action concrète immédiate. « Nous ne précipitons pas la fin, a-t-il martelé. Nous attendons, nous avons la patience. Nous savons que lorsque viendra la délivrance, ce sera un tel acte de bravoure du peuple d’Israël face à toutes les nations. » Il a par ailleurs conclu son intervention en soulignant qu’on ne pouvait connaître, selon ses mots, « les calculs du Ciel », invitant plutôt son auditoire à poursuivre l’étude de la Torah et la préservation de la mémoire de Gouch Katif, en exprimant l’espoir d’un retour futur où « nous nous assiérons tous ensemble pour refaire la répartition des synagogues, des bains rituels et de tout ce qui » existait sur place.

Une déclaration qui s’inscrit dans une ligne déjà connue

Le rabbin est également revenu sur le sort des synagogues laissées derrière lors de l’évacuation de Gouch Katif en 2005, rappelant qu’elles étaient restées, selon lui, dans leur sainteté, avant d’être profanées. « Rien que pour cela, dit-il, ils méritent que le Saint béni soit-Il détruise toute cette Gaza, et que nous y retournions. »

Cette sortie ne constitue pas un cas isolé dans le discours du rabbin David Yosef sur les questions territoriales. Il avait notamment tenu des propos similaires lors d’une visite au tombeau de Joseph, en Judée-Samarie, affirmant alors : « Pourquoi sommes-nous ici ? Parce que c’est à nous. Nous sommes ici parce que le peuple d’Israël en est le propriétaire, non seulement de cet endroit, mais de toute la Terre d’Israël. » David Yosef, fils du regretté grand rabbin Ovadia Yosef et actuel Rishon LeTsion depuis septembre 2024, s’inscrit ainsi dans la continuité de la ligne défendue par son père et son frère, l’ancien grand rabbin séfarade Yitzhak Yosef, tous deux connus pour leurs prises de position fermes sur les questions liées à la Terre d’Israël.

Ces déclarations, largement reprises et commentées dans la presse internationale, ont suscité une vague de réactions critiques de la part de plusieurs organisations, notamment aux États-Unis. Cette sortie du grand rabbin séfarade intervient dans un contexte où la question de l’avenir de Gaza et d’une éventuelle présence israélienne renouvelée dans le territoire continue de diviser profondément la classe politique et religieuse israélienne, entre partisans d’un désengagement total et défenseurs d’un retour à la souveraineté juive sur ces terres.

Sur les débats liés à la souveraineté israélienne et à l’avenir des territoires, nos lecteurs peuvent consulter Vote à l’ONU sur la « Palestine » adoptée par 142 pays contre 10 : Yariv Levin répond par un appel à la souveraineté israélienne, ainsi que Un nouveau sondage montre que les Arabes palestiniens ne veulent pas la paix, dans toutes les circonstances.