Le chef du Hamas, Ismail Haniyeh, a dĂ©clarĂ© mardi qu’un accord de trĂŞve avec IsraĂ«l Ă©tait en vue, laissant espĂ©rer que des dizaines de centaines de personnes prises en otage lors des attaques dĂ©vastatrices du groupe terroriste du 7 octobre pourraient ĂŞtre libĂ©rĂ©es.
Des sources palestiniennes ont indiquĂ© qu’un cessez-le-feu de cinq jours serait accompagnĂ© de l’Ă©change de certains otages contre des prisonniers dĂ©tenus dans les prisons israĂ©liennes.
Il existe deux mots arabes qui sont communément traduits en anglais par « trêve », « hudna » et « tahdiya ». Haniyeh a apparemment utilisé le mot « hudna ».
Mais pour le Hamas, ces deux mots signifient un regroupement pour se préparer à davantage de violence.
En juin 2008 , le Hamas et IsraĂ«l ont convenu d’une trĂŞve, que le Hamas a qualifiĂ©e de « tahdiya ». Ă€ l’époque, les dirigeants du Hamas en dĂ©crivaient la signification :
Khaled Mashaal, le leader du Hamas, et son adjoint Ă la direction, Musa Abu Marzouq, ont Ă©laborĂ© ces derniers mois leur interprĂ©tation de la tahdiya. Dans une interview avec Al-Jazeera (26 avril 2008), Mashaal a prĂ©cisĂ© que pour le Hamas, une tahdiya est « une tactique de gestion du conflit et une phase dans le cadre de la rĂ©sistance [c’est-Ă -dire toutes les formes de lutte] ». Il a ajoutĂ© qu’il « n’est pas inhabituel que la rĂ©sistance… s’intensifie parfois et parfois recule un peu au grĂ© de la marĂ©e… La tahdiya crĂ©e une formulation qui forcera IsraĂ«l… Ă lever le siège… et si cela se produit, ce sera un rĂ©alisation remarquable….Nous parlons d’une tahdiya tactique….Tant qu’il y a occupation, il n’y a pas d’autre moyen que la rĂ©sistance (terrorisme). »
InterrogĂ© sur la « tahdiya tactique » de Mashaal, Musa Abu Marzouq a expliquĂ© que « la tahdiya n’est pas une stratĂ©gie ou un objectif en soi, mais c’est une Ă©tape tactique dans ce conflit… Notre objectif est de libĂ©rer notre terre et d’en assurer le retour, de notre peuple. La rĂ©sistance est un outil pour atteindre ce but.»
Dans les faits, la tahdiya a contribuĂ© Ă consolider le Hamas comme leader lĂ©gitime de Gaza, dans les mois qui ont suivi son coup d’État. Ces six mois de tahdiya ont encouragĂ© le Hamas Ă s’armer et Ă se prĂ©parer Ă la prochaine guerre, ce qu’il a fait presque au lendemain de la fin de ces six mois : il a lancĂ© une nouvelle volĂ©e d’attaques Ă la roquette contre IsraĂ«l et a dĂ©clarĂ© la guerre, « OpĂ©ration Nappe de PĂ©trole », qu’IsraĂ«l appellera plus tard Plomb Durci.
L’utilisation précédente du terme « hudna » par le Hamas avec Israël a été tout aussi tactique. Il a été utilisé de manière célèbre en 2004, lorsque Abdel Azizi al Rantisi, alors chef du Hamas, aurait proposé une trêve à long terme où le Hamas obtiendrait des avantages permanents sans aucune concession permanente :
Abdel-Aziz al-Rantissi, haut responsable du Hamas, a dĂ©clarĂ© dimanche Ă Reuters que le Hamas Ă©tait parvenu Ă la conclusion qu’il Ă©tait « difficile de libĂ©rer toutes nos terres Ă ce stade, nous acceptons donc une libĂ©ration progressive « .
« Nous acceptons un Etat en Cisjordanie, y compris JĂ©rusalem, et dans la bande de Gaza. Nous proposons une trĂŞve de 10 ans en Ă©change du retrait (israĂ©lien) et de la crĂ©ation d’un Etat », a-t-il dĂ©clarĂ© lors d’un entretien tĂ©lĂ©phonique depuis sa cachette. Bande de Gaza.
Rantissi a déclaré que cela ne signifierait pas que le Hamas reconnaisse Israël ni ne signifierait la fin du conflit israélo-palestinien.
Pour le Hamas, le seul cadre pour traiter avec IsraĂ«l est le jihad. Son pacte fondateur fait rĂ©fĂ©rence Ă lui-mĂŞme lorsqu’il dit : « Allah est sa cible, le Prophète est son modèle, le Coran sa constitution : le Jihad est sa voie et la mort pour l’amour d’Allah est le plus haut de ses souhaits. » Et aussi : « Il n’y a pas de solution Ă la question palestinienne sauf par le Jihad. Les initiatives, les propositions et les confĂ©rences internationales sont toutes une perte de temps et des efforts vains. »
Aucun des mots utilisés pour désigner la « trêve » par le Hamas ne contredit le moins du monde la charte du Hamas. Il n’acceptera rien qui ne le renforce pas. Et dans son utilisation précédente des termes tahdiyah et hudna, il est devenu plus violent de l’autre côté de la trêve, pas moins.






