Depuis que les efforts des États-Unis pour parvenir Ă un règlement politique et Ă un cessez-le-feu au Liban se sont intensifiĂ©s, sur la base de la mise en Ĺ“uvre de la rĂ©solution 1701 de l’ONU et du dĂ©ploiement de l’armĂ©e libanaise Ă la frontière avec IsraĂ«l, l’organisation Hezbollah mène une campagne Ă travers ses mĂ©dias et rĂ©seaux sociaux pour noircir l’image de l’armĂ©e libanaise.
Par ailleurs, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Hezbollah, Cheikh Naim Kassem, a appelĂ© la semaine dernière l’armĂ©e libanaise Ă publier une dĂ©claration officielle sur les circonstances de l’incident au cours duquel une force de Tsahal a kidnappĂ© un membre actif de la force navale du Hezbollah Ă Albatroon, dans la rĂ©gion du nord du Liban.
Il a dĂ©clarĂ© que « cette action a portĂ© prĂ©judice au Liban et constitue une grave violation de la souverainetĂ© libanaise », faisant allusion Ă un Ă©chec majeur de l’armĂ©e libanaise. Les rĂ©seaux sociaux ont fait Ă©cho Ă ses propos et des membres du Hezbollah ont laissĂ© entendre que l’armĂ©e libanaise aurait pu empĂŞcher l’opĂ©ration d’enlèvement, mais elle ne l’a pas fait.
Au Liban, le parti « Forces libanaises », dirigĂ© par Samir Jajah, considère cela comme faisant partie de la campagne d’incitation du Hezbollah contre l’armĂ©e libanaise et son chef. Le dĂ©putĂ© libanais Mishal Daher des « Forces libanaises » a dĂ©clarĂ© que la campagne du Hezbollah nuit Ă l’armĂ©e libanaise Ă un moment sensible et que son objectif est d’affaiblir l’armĂ©e libanaise Ă la lumière de l’intention d’appliquer la rĂ©solution 1701 sur le terrain.
La dĂ©putĂ©e Hayat Yazbek, Ă©galement issue du parti « Forces libanaises », a estimĂ© que « le Hezbollah est dĂ©connectĂ© de la rĂ©alité », et l’a appelĂ© Ă faire le point. Il a rejetĂ© les accusations de Kassem selon lesquelles l’armĂ©e libanaise n’a pas rĂ©ussi Ă protĂ©ger un membre du Hezbollah kidnappĂ© par IsraĂ«l, et l’a appelĂ© Ă constater les destructions causĂ©es au Liban Ă cause du Hezbollah.
Yazbek a affirmĂ© que l’armĂ©e libanaise Ă©tait la première victime de l’État du Hezbollah Ă©tabli au Liban. « Il s’agit d’une tumeur cancĂ©reuse dans le corps libanais qui a Ă©tĂ© semĂ©e au dĂ©but des annĂ©es 1990, qui a empĂŞchĂ© l’armĂ©e libanaise de s’armer, et l’armĂ©e travaille, malgrĂ© les crises, Ă maintenir la paix dans la sociĂ©tĂ© libanaise », a-t-il dĂ©clarĂ©.
Il s’est moquĂ© du Hezbollah et a demandĂ© comment une organisation dont la direction a Ă©tĂ© Ă©liminĂ©e par IsraĂ«l, qui a Ă©galement fait exploser ses soldats, ose interroger l’armĂ©e libanaise sur l’incident d’Albathrun, mĂŞme si elle sait qu’il s’agit d’une opĂ©ration commando difficile Ă empĂŞcher et pourquoi ne enquĂŞte-t-il pas lui-mĂŞme sur ce qui lui est arrivĂ© ?
Yazbek a exigĂ© que le Hezbollah soumette un rapport sur ce qui s’est passĂ© Ă Albathrun, dans le nord du Liban, sur l’assassinat du Premier ministre libanais Rafik al-Hariri, sur la Seconde Guerre du Liban en 2006 et ses consĂ©quences dĂ©vastatrices. « Ils devraient soumettre ces rapports, sinon Naim Kassem et les dirigeants de l’organisation devraient garder le silence », a dĂ©clarĂ© Yazbek, accusant le Hezbollah de travailler pour l’agenda iranien.
Selon les commentateurs au Liban, on craint que l’incitation du Hezbollah contre l’armĂ©e libanaise n’enflamme davantage les esprits et ne conduise Ă une guerre civile sur fond d’Ă©vĂ©nements difficiles de la guerre. Le Hezbollah est considĂ©rĂ© comme l’instigateur d’une guerre civile afin de se dĂ©barrasser de la responsabilitĂ© de l’échec de la guerre contre IsraĂ«l.
Le Premier ministre libanais Najib Mikati a annoncĂ© la semaine dernière que le gouvernement avait l’intention de dĂ©ployer environ dix mille soldats de l’armĂ©e libanaise Ă la frontière avec IsraĂ«l. La semaine dernière, le gouvernement libanais a approuvĂ© le recrutement de 1 500 soldats supplĂ©mentaires dans l’armĂ©e libanaise.






