Le jeune homme d’Ashkelon lève des fonds et dépose un recours à la Haute Cour contre la nomination de Roman Gofman à la tête du Mossad — jusqu’à ce qu’il rende des comptes

Uri Almakais avait 17 ans lorsqu’il a été recruté par la 210e division de l’armée israélienne pour diffuser des informations et collecter du renseignement via sa chaîne Telegram — une activité qu’il menait, dit-il, au service de la sécurité de l’État. Ce qu’il n’imaginait pas, c’est que cette même activité allait lui valoir une arrestation par le Shin Bet, des interrogatoires intenses, et une accusation d’atteinte à la sécurité nationale.

Lorsqu’il a affirmé avoir été recruté et opéré sous les ordres de la 210e division, alors sous le commandement du général Roman Gofman, ce dernier a nié les faits. Almakais s’est retrouvé seul face à une machine judiciaire implacable — sans soutien officiel, sans reconnaissance de son rôle. Deux ans de combat, avec l’aide de ses avocats Orit Hayoun et Din Kokhavi, ont finalement abouti à sa complète mise hors de cause.

La nomination qui rouvre tout

Aujourd’hui, le général Roman Gofman — secrétaire militaire du Premier ministre Netanyahu — est sur le point d’être nommé directeur du Mossad. La commission des hauts fonctionnaires chargée d’examiner cette nomination l’a approuvée, en dépit de l’opposition du juge Gronius. Et c’est précisément cette nomination qu’Uri Almakais a décidé d’attaquer devant la Haute Cour de Justice.

Sa demande est simple et directe : geler la nomination de Gofman jusqu’à ce que celui-ci prenne ses responsabilités pour ce qui lui a été fait. « J’étais heureux de contribuer à l’État et j’ai vraiment apporté une aide significative. Jusqu’à ce que je sois arrêté et qu’une injustice me soit faite. Après mon acquittement, c’est clair pour tout le monde. Maintenant j’espère obtenir des réponses. »

Un financement participatif pour tenir

La procédure devant la Haute Cour est coûteuse. Almakais a lancé une campagne de financement participatif pour couvrir les frais juridiques. Son appel au public est empreint d’une sincérité désarmante : « Pensez-y — si c’était votre enfant, que feriez-vous ? » Une question qui résume à elle seule l’absurdité de sa situation : un adolescent recruté par l’armée, utilisé pour servir l’État, puis accusé par les services de l’État d’avoir nui à ce même État — avant d’être blanchi après deux années de procédure.

L’affaire pose des questions qui dépassent le seul destin d’Uri Almakais. Elle soulève la question de la responsabilité des officiers qui recrutent des civils — et notamment des mineurs — pour des missions informelles de collecte de renseignement, sans leur garantir une couverture légale ou institutionnelle en cas de problème. Si Gofman a effectivement utilisé ce jeune homme de 17 ans pour ses besoins opérationnels, puis l’a abandonné face au Shin Bet en niant tout lien, la question de son aptitude à diriger le service de renseignement extérieur israélien mérite d’être posée publiquement — et c’est précisément ce qu’Almakais entend faire devant les juges de la Haute Cour.


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