Le journaliste haredi appelle à un examen de conscience : « Est-il justifié de manifester à n’importe quel prix ? »

Le journaliste haredi Aryeh Erlich a réagi avec gravité à la mort du jeune Yossef Eisenthal, 14 ans, tué lors de la manifestation haredi à Jérusalem. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il a appelé à un examen de conscience profond et collectif au sein du public haredi, posant des questions difficiles sur les limites de la protestation et la responsabilité morale de la communauté.

« Un peu d’introspection en une soirée aussi effroyable », a écrit Erlich. « La terrible tragédie survenue ce soir sera encore examinée. Les responsables seront identifiés, ou peut-être pas ». Mais au-delà des conclusions judiciaires, le journaliste insiste sur ce qui restera, selon lui, même après la fin de l’enquête : des interrogations lourdes et douloureuses.

Dans son message, Erlich interpelle directement la société haredie : « Nous, en tant que public, resterons avec des points d’interrogation et un examen de conscience interne : est-il justifié de manifester à n’importe quel prix ? La valeur de la vie humaine ne s’est-elle pas un peu dégradée dans notre conscience collective depuis la catastrophe du mont Méron jusqu’à aujourd’hui ? Et quelqu’un assume-t-il la responsabilité des jeunes qui, sous couvert de manifestations, sont entraînés dans des situations dangereuses pour leur corps et leur âme ? »

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Ces propos ont suscité de nombreuses réactions, car ils brisent un certain consensus et introduisent une voix critique venue de l’intérieur même du monde haredi. Erlich ne s’attaque pas seulement aux circonstances immédiates du drame, mais questionne une dynamique plus large, faite de mobilisation permanente, de radicalisation de certaines formes de protestation et de banalisation du risque.

Il conclut son message par une phrase particulièrement sombre : « Beaucoup de questions. Zéro réponse. Et rien ne ramènera la vie du jeune Yossef Eisenthal, que sa mémoire soit bénie ». Une conclusion qui traduit à la fois l’impuissance face à la perte et la nécessité, selon lui, d’un changement profond de regard.

La mort de Yossef Eisenthal est survenue lors d’une manifestation violente contre la conscription à Tsahal, au cours de laquelle des routes centrales de Jérusalem ont été bloquées, des poubelles incendiées et des véhicules encerclés. L’un des bus pris pour cible, sur la ligne 64, est devenu l’épicentre d’un affrontement dramatique. Des témoins décrivent un autobus encerclé par des manifestants, frappé et empêché d’avancer, avant que le conducteur ne démarre brusquement et ne fonce dans la foule.

Plusieurs témoignages font état de scènes de chaos extrême, avec des manifestants traînés sur plusieurs mètres et d’autres projetés au sol. La version exacte des faits fait encore l’objet d’une enquête, mais l’événement a profondément choqué l’opinion publique israélienne, bien au-delà des clivages politiques et communautaires.

L’intervention d’Aryeh Erlich se distingue par son ton introspectif et sa volonté de poser des questions morales plutôt que de désigner immédiatement des coupables. Pour certains, cette prise de parole est courageuse et nécessaire ; pour d’autres, elle dérange et remet en cause des modes de mobilisation considérés comme légitimes face aux décisions de l’État.

Quoi qu’il en soit, son message reflète un malaise réel au sein de la société haredie, confrontée à la mort tragique d’un adolescent et à la nécessité de réfléchir aux moyens d’expression de la protestation. Au cœur de ce débat se trouve une question essentielle : comment défendre des convictions profondes sans mettre en danger la vie humaine.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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