Le judaïsme à portée de clic : le projet qui relie l’intelligence artificielle à la tradition

Des figures de premier plan du monde des médias israéliens, aux côtés de personnalités clés et d’investisseurs issus de la high-tech, se sont réunies dans la localité de Savyon pour le lancement d’un nouveau projet technologique : « Jewit — Simplement être juif ». Il s’agit d’une plateforme numérique et d’un projet inédit, combinant des technologies avancées d’intelligence artificielle dans le but de rendre accessibles le monde des commandements, de la halakha et de la tradition juive à toute personne, où qu’elle se trouve et en temps réel.

Le rabbin Shmouel Bistritzky, rabbin de Savyon et émissaire du mouvement Habad, a dévoilé le projet lors de cet événement. Parmi les intervenants principaux de la soirée figurait le Dr Ben Chaklai, vice-président des technologies nationales chez Microsoft Israël et maître de conférences senior à l’université Reichman. À ses côtés se sont exprimés Ohad Plutnik, résident de Savyon et expert reconnu en cybersécurité, ainsi que Roni Morel, qui représentait le groupe de résidents locaux ayant cru au projet et y ayant investi leur énergie et leurs moyens financiers.

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Une plateforme pensée pour accompagner chaque étape du quotidien juif

Le site, disponible en quatre langues — hébreu, anglais, français et russe —, propose une enveloppe complète pour accompagner la vie quotidienne et le cycle de l’année juive. Il comprend un moteur d’intelligence artificielle interactif : un chat IA intelligent capable de répondre aux questions halakhiques et traditionnelles dans un langage clair et accessible, y compris pour les personnes sans bagage en études talmudiques.

La plateforme propose également des guides pratiques : des contenus à lire et à visionner sur des sujets tels que la pose des tefillin, la fixation d’une mezouza, la construction d’une souccah, ou encore les premiers pas dans l’observance du Chabbat et de la cacherout. S’y ajoutent des outils personnalisés, dont un calendrier hébraïque dynamique et un livre de prières numérique, ainsi qu’un réseau de mise en relation en temps réel avec plus de 1 000 rabbins à travers le monde, permettant d’obtenir une réponse directe selon la localisation géographique de l’utilisateur.

« Que l’on souhaite savoir comment fixer une mezouza, construire une souccah, poser les tefillin, ou comment commencer à observer la cacherout et le Chabbat pour la première fois — Jewit propose une solution immédiate », a expliqué le rabbin Bistritzky lors de la présentation.

Un rabbin déjà connu pour marier tradition et innovation technologique

Le rabbin Bistritzky, né à Safed, dirige depuis 2014 la maison Habad de Savyon et occupe depuis 2022 la fonction de rabbin du conseil religieux de la localité. Il est également le fondateur de la maison d’édition « Ledorot » et l’éditeur de la collection « Yahadouton », consacrée à la vulgarisation des connaissances halakhiques pour le grand public, reconnu comme un spécialiste de l’accessibilité du judaïsme y compris pour des publics sans formation religieuse préalable. Ce n’est pas la première fois qu’il explore les usages de l’intelligence artificielle au service de la transmission juive : il avait déjà, en 2024, présenté une Haggada de Pessah conçue avec l’aide de l’IA, comprenant des illustrations générées par intelligence artificielle pour représenter les dix plaies d’Égypte et les grands moments du récit de la sortie d’Égypte.

« Ce projet marque une époque où la distance entre le progrès technologique et le cœur de la tradition n’a jamais été aussi courte », a résumé le rabbin Bistritzky en clôture de la soirée de lancement. « Le fait que tous les pans du public se rassemblent autour d’une telle plateforme prouve la volonté commune de se reconnecter à cet héritage — on choisit simplement le judaïsme. »

L’initiative s’inscrit dans une tendance plus large d’expérimentation entre monde religieux juif et intelligence artificielle, un sujet qui suscite à la fois enthousiasme et débat au sein des communautés, entre ceux qui y voient un outil précieux de transmission et ceux qui s’interrogent sur la fiabilité des réponses générées par ces technologies sur des questions de halakha.