Le ministère israĂ©lien des Affaires Ă©trangères accuse l’AIEA de « capitulation » face Ă  l’Iran

Le ministère israĂ©lien des Affaires Ă©trangères a vivement rĂ©agi Ă  l’annonce par l’AIEA de la clĂ´ture de deux enquĂŞtes contre l’Iran, dont l’une a Ă©tĂ© lancĂ©e sur la base d’informations fournies par les services de renseignement israĂ©liens. La dĂ©cision d’arrĂŞter les enquĂŞtes est qualifiĂ©e dans la note du ministère des Affaires Ă©trangères de « capitulation devant la pression politique de l’Iran ».

Le ministère des Affaires Ă©trangères a dĂ©clarĂ© que la dĂ©cision de l’AIEA de se contenter des explications iraniennes est « dĂ©cevante » et « sape la confiance internationale dans le professionnalisme des inspecteurs de l’AIEA », et l’Iran voit qu’il est possible de tromper la communautĂ© mondiale en toute impunitĂ©.

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L’une des enquĂŞtes clĂ´turĂ©es de l’AIEA concernait l’origine de traces d’uranium hautement enrichi Ă  l’usine souterraine de Fordow : lĂ , les inspecteurs de l’AIEA ont trouvĂ© des particules d’uranium enrichi presque au niveau militaire – 83,7 %. Les Iraniens ont assurĂ© que de telles particules apparaissent comme un sous-produit, l’enrichissement dĂ©libĂ©rĂ© de l’uranium Ă  un tel niveau n’est pas effectuĂ© Ă  l’usine de Fordow.

Il convient de noter que la rĂ©action de colère du ministère israĂ©lien des Affaires Ă©trangères face aux actions de l’AIEA ne peut pas changer la dangereuse rĂ©alité : comme l’ a dĂ©claré rĂ©cemment The Economist, l’Iran, s’il le souhaite, peut recevoir du plutonium de qualitĂ© militaire pour quatre ogives nuclĂ©aires en un mois seulement , et les pays arabes du golfe Persique considèrent dĂ©jĂ  la RĂ©publique islamique comme une «puissance nuclĂ©aire de facto», et grâce au partenariat avec la Russie, TĂ©hĂ©ran peut Ă©galement se doter de moyens modernes de livraison d’armes nuclĂ©aires.

Comme le note le journal, le monde rĂ©colte les fruits de la dĂ©cision « irresponsable » de l’administration Trump de rompre l’accord nuclĂ©aire avec l’Iran et de rendre les sanctions les plus sĂ©vères contre ce pays, malgrĂ© le fait que TĂ©hĂ©ran a scrupuleusement respectĂ© les termes de l’accord.  Relancer le « deal nuclĂ©aire », selon les experts, n’est guère possible. Dans le mĂŞme temps, l’Iran, selon les renseignements satellitaires, construit une nouvelle usine souterraine d’enrichissement d’uranium dans les montagnes Ă  une telle profondeur qu’elle deviendra inaccessible mĂŞme aux bombes anti-bunker amĂ©ricaines les plus puissantes.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ancien opposant vĂ©hĂ©ment Ă  « l’accord sur le nuclĂ©aire », a rarement pensĂ© Ă  la menace iranienne depuis son retour au pouvoir, qui Ă©tait auparavant Ă  son agenda. La dĂ©claration du ministère des Affaires Ă©trangères avec des accusations contre l’AIEA ressemble Ă  une tentative « d’inverser les flèches » – en dĂ©plaçant la responsabilitĂ© dans une situation oĂą les rĂ©sultats de la politique « prĂ©voyante » de Netanyahu deviennent visibles pour tout le monde.