Les anciens habitants des villes du NĂ©guev ont fui leurs maisons, il y a plus de 1000 ans. Les archĂ©ologues Ă©tudient les restes d’ordures et de nourriture laissĂ©s pour essayer de comprendre pourquoi ils sont partis.
Ces derniers mois, une Ă©quipe de l’UniversitĂ© de HaĂŻfa, dirigĂ©e par le prof. Guy Bar-Oz  voyage dans le sud du pays toutes les deux semaines pour examiner les restes d’ordures laissĂ©es par les habitants des villes anciennes de Nitzana, Haluza et Shivta.
Le projet de grande envergure, d’une durĂ©e de cinq ans a Ă©tĂ© estimĂ© et financĂ© par l’Union europĂ©enne, il vise Ă percer le mystère de la raison pour laquelle ces centres commerciaux et culturels autrefois prospères ont finalement Ă©tĂ© abandonnĂ©es.
Sur ​​une longue période de temps, les résidents ont disparu sans jamais revenir.
« Les gens qui vivaient ici avaient une énergie considérable dans la construction et les infrastructures. Ils voulaient rester ici pour toujours, mais quelque chose a mal tourné», a dit Bar-Oz.
Un certain nombre de thĂ©ories possibles dans l’abandon de ce site ont Ă©tĂ© proposĂ©es par les archĂ©ologues :
- Le changement climatique
- Le changement culturel suite Ă la conquĂŞte musulmane
- Une Ă©pidĂ©mie comme la peste qui a frappĂ© la rĂ©gion au VIe ​​siècle.Â
« Nous essayons de rĂ©soudre le mystère pour lequel ils ont quittĂ© une fois pour toutes ces villes et nous constatons l’effondrement de la sociĂ©tĂ© byzantine dans le NĂ©guev. »
Ajoutant : « Nous pensons que trois villes du sud sont associĂ©es Ă l’apparition de règlement nabatĂ©en (siècle, du premier tiers de l’ère chrĂ©tienne), mais aucun artefact NabatĂ©en a Ă©tĂ© retrouvĂ© jusqu’Ă prĂ©sent. Je ne veux pas dĂ©nigrer l’archĂ©ologie israĂ©lienne, mais nous sommes loin de dĂ©terminer si les fouilles et les analyses dans les examens de laboratoire, sont des artefacts NabatĂ©ens», a dit Bar-Oz. Dans tous les cas, l’Ă©quipe actuelle est intĂ©ressĂ©e Ă explorer les consĂ©quences de l’abandon de ces villes au septième siècle, et la transition de l’Ă©poque byzantine Ă la pĂ©riode musulmane primitive ».
A son apogĂ©e, la ville comptait environ 170 maisons et une population d’environ 2000 personnes, « explique le Dr Yotam Tepper, un collègue de Bar-Oz, responsable de la gestion des fouilles sur le site ». Mais Ă la fin, il n’y avait que 20 Ă 25 maisons, et les maisons abandonnĂ©es ont Ă©tĂ© utilisĂ©es comme dĂ©potoirs ».
Dans l’une de ces maisons, Racheli Belvis une Ă©tudiante diplĂ´mĂ©e en archĂ©ologie, a passĂ© au crible ces dĂ©chets. Après un effort ardu, il a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ© que de nombreuses pierres ont Ă©tĂ© utilisĂ©es pour tapisser le fond des fours anciens, des tessons de poterie, des pièces de monnaie, des puits vieux de 1500 ans. La conclusion la plus frappante sont les arĂŞtes de poisson, dans une ville au milieu du dĂ©sert, loin de la mer. En particulier, les anciens habitants utilisaient le poisson ScaridĂ©s (de perroquet), qui ont Ă©tĂ© amenĂ©s de la mer Rouge, puis ont Ă©tĂ© sĂ©chĂ©s et conservĂ©s ».
Ils ont trouvĂ© Ă©galement des os de moutons et de porcs. La quantitĂ© relativement importante d’os de poisson, tĂ©moigne de la puissance Ă©conomique, et peut-ĂŞtre de repas qui Ă©tait un symbole de statut. Les gens peuvent avoir apprĂ©ciĂ© montrer leur richesse en ayant une alimentation riche en poissons dans le milieu du dĂ©sert. Nous savons qu’il y avait une viticulture très dĂ©veloppĂ©e et l’industrie du vin qui Ă©tait aussi pour un usage personnel.
« Les vignobles sont irriguĂ©s avec de l’eau recueillie par un système sophistiquĂ© de barrages et de grands quantitĂ© de vins qui ont Ă©tĂ© produits et ont ensuite Ă©tĂ© envoyĂ©s par le port de Gaza – et les produits exportĂ©s sont revenus avec des poissons avec la prĂ©sence aussi de restes de crocodile et la prĂ©sence de produits exotiques consommĂ©s par des personnes fortunĂ©es dans le monde antique.
Les os ont Ă©tĂ© utilisĂ©s pour fertiliser les champs, et l’ont peut trouver des monticules d’ordures hors de la ville, ce qui peut nous apprendre sur les changements dans les habitudes de consommation comme, par exemple, le fait de cesser de manger du porc au cours de la pĂ©riode musulmane ».




