Le neveu du dĂ©funt prĂ©sident palestinien Yasser Arafat, Nasser al-Qidwa, a accusĂ© jeudi IsraĂ«l d’avoir empoisonnĂ© son oncle au polonium, exigeant que « les responsables de cet assassinat soient jugĂ©s ».
Le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu a aussitĂ´t rĂ©affirmĂ© qu' »IsraĂ«l n’Ă©tait pas impliquĂ© dans la mort d’Arafat ».
« Tous les dossiers mĂ©dicaux sont dans les mains des Palestiniens et ce n’est pas IsraĂ«l qui empĂŞche leur publication », a dĂ©clarĂ© Ă l’AFP le porte-parole de M. Netanyahu, Mark Regev.
Le dossier mĂ©dical, qui n’Ă©lucide pas les causes de la mort, a Ă©tĂ© publiĂ© Ă partir de 13H00 locales (10H00 GMT) sur le site de la Fondation Yasser Arafat, www.yasserarafat.ps, comme venait de l’annoncer dans une confĂ©rence de presse Ă Ramallah le chef du comitĂ© mĂ©dical de la fondation, le Dr Abdallah al-Bachir. « Depuis le martyre du dĂ©funt prĂ©sident Yasser Arafat, nous avons dit qu’il avait Ă©tĂ© assassinĂ© par empoisonnement, mais nous n’avions aucune preuve tangible. Mais après le documentaire d’Al-Jazeera affirmant son empoisonnement au polonium il n’y a plus de doute », a indiquĂ© Ă l’AFP Nasser al-Qidwa, Ă©galement prĂ©sident de la fondation Yasser Arafat, joint par tĂ©lĂ©phone Ă Genève par l’AFP.
« Nous accusons IsraĂ«l d’avoir empoisonnĂ© Yasser Arafat au moyen de cette substance mortelle et nous rĂ©clamons que les responsables de cet assassinat soient jugĂ©s », a-t-il ajoutĂ©.
AssiĂ©gĂ© depuis avril 2002 au siège de la prĂ©sidence Ă Ramallah par IsraĂ«l qui recherchait ouvertement son Ă©viction, Yasser Arafat n’en Ă©tait sorti que pour aller se faire soigner en France, oĂą il est dĂ©cĂ©dĂ© le 11 novembre 2004 Ă l’hĂ´pital militaire français de Percy, près de Paris.
L’Institute for Radiation Physics de Lausanne (Suisse), qui a analysĂ© des Ă©chantillons biologiques prĂ©levĂ©s sur les effets personnels d’Arafat remis Ă sa veuve, Souha Arafat, par l’hĂ´pital, y a dĂ©couvert « une quantitĂ© anormale de polonium », selon un documentaire diffusĂ© le 3 juillet par la chaĂ®ne qatarie Al-Jazeera.
« La Fondation Arafat a pris contact avec le laboratoire suisse pour l’informer qu’elle n’avait pas d’objection Ă l’analyse d’Ă©chantillons du corps du dĂ©funt prĂ©sident palestinien Yasser Arafat si cela Ă©tait nĂ©cessaire », a prĂ©cisĂ© M. Qidwa.
Le prĂ©sident palestinien Mahmoud Abbas et Souha Arafat ont dĂ©jĂ donnĂ© leur accord Ă des prĂ©lèvements sur les restes du dĂ©funt, qui repose dans un mausolĂ©e Ă la prĂ©sidence Ă Ramallah, ce qui impliquerait son exhumation. La direction palestinienne a demandĂ© la semaine dernière la crĂ©ation d’une commission d’enquĂŞte internationale sur le modèle de celle formĂ©e sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005.
La Tunisie, oĂą le chef historique palestinien a vĂ©cu de 1982 Ă 1994 avant de rejoindre les Territoires palestiniens, a repris cette revendication le 5 juillet, rĂ©clamant Ă©galement une rĂ©union d’urgence des ministres des Affaires Ă©trangères de la Ligue arabe.
Le polonium est une substance radioactive hautement toxique, qui a servi Ă l’empoisonnement en 2006 Ă Londres d’Alexandre Litvinenko, un ex-espion russe devenu opposant au prĂ©sident Vladimir Poutine.
Dans le documentaire, le directeur du laboratoire, François Bochud, souligne que seuls peuvent avoir accès Ă cette substance radioactive « des gens qui s’intĂ©ressent ou construisent des armes nuclĂ©aires ». « L’unique moyen » de faire la lumière, selon lui, serait « une exhumation d’Arafat qui nous fournirait un Ă©chantillon Ă haute teneur en polonium, s’il a Ă©tĂ© empoisonné ».
Un cabinet d’avocats parisien a annoncĂ© mardi avoir Ă©tĂ© mandatĂ© par la veuve de Yasser Arafat « pour dĂ©poser plainte contre X devant les juridictions françaises ».





Le polonium est traçable, ça veut dire qu’il porte la signature des laboratoires qui l’ont fabriquĂ©. Je m’attends au pire.