Le plan pour noyer les soldats de Tsahal : le piège fou que le Hezbollah prépare dans le sud du Liban

Pendant que les contacts diplomatiques se poursuivent entre IsraĂ«l et le Liban, au sein de l’armĂ©e israĂ©lienne la pression monte pour approfondir les opĂ©rations contre le Hezbollah. Le chercheur Tal Bari, spĂ©cialiste du mouvement, a formulĂ© une Ă©valuation particulièrement sombre dans une interview diffusĂ©e ce lundi sur la radio du Nord 104.5 FM : le Hezbollah est non seulement capable de causer une catastrophe nationale au Liban pour stopper Tsahal — il y est prĂŞt.

La stratĂ©gie qu’il dĂ©crit est saisissante. Selon Bari, le Hezbollah envisage de faire sauter le barrage dans le secteur du Beaufort, dans le sud du Liban, afin d’inonder le terrain et d’empĂŞcher les forces israĂ©liennes de franchir le Litani. L’objectif serait de dĂ©truire l’Ă©quipement blindĂ© et potentiellement de noyer des soldats pour bloquer l’avance de Tsahal. Une action qui provoquerait une catastrophe d’une ampleur comparable Ă  l’explosion du port de Beyrouth en 2020, voire supĂ©rieure, dans le sud du pays. « Dans la vision du Hezbollah, il est prĂŞt Ă  provoquer une catastrophe nationale de cet ordre de grandeur dans le sud du Liban, uniquement pour stopper Tsahal qui avance vers le Beaufort », a dĂ©clarĂ© Bari. « Il a pensĂ© que s’il faisait sauter le barrage, qu’il noyait l’Ă©quipement et les soldats, il empĂŞcherait Tsahal de franchir le Litani. C’est un Hezbollah qui agit exclusivement selon ses intĂ©rĂŞts, et rien d’autre ne l’intĂ©resse vraiment. »

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

Ce positionnement radical s’accompagne d’un constat plus gĂ©nĂ©ral : ces derniers jours, le Hezbollah a concentrĂ© ses frappes principalement contre les forces de Tsahal opĂ©rant Ă  l’intĂ©rieur du Liban. Bari y voit un possible changement tactique au service de certains intĂ©rĂŞts propres Ă  l’organisation. Il note que cette Ă©volution constitue un dĂ©fi pour le cĂ´tĂ© israĂ©lien, qui doit adapter son dispositif Ă  une menace qui se focalise dĂ©sormais davantage sur ses troupes en zone de combat.

Plus fondamentalement, Bari remet en question toute la dynamique des nĂ©gociations en cours avec le gouvernement libanais. Il estime qu’on ne peut pas parler de rĂ©glement au Liban sans s’attaquer au statut du Hezbollah. « Tant qu’on n’extrait pas l’État du Hezbollah de l’État libanais, il n’y a pas vraiment de sens aux nĂ©gociations », a-t-il dĂ©clarĂ©. Il a commentĂ© les propos de l’ambassadeur d’IsraĂ«l aux États-Unis, qui a dĂ©crit les pourparlers comme se dĂ©roulant « comme si le Hezbollah n’existait pas » — une formulation que Bari juge en dĂ©calage avec la rĂ©alitĂ© : tant que l’organisation conserve sa puissance militaire, son statut politique et sa capacitĂ© Ă  dicter des lignes rouges, les chances d’un rĂ©sultat effectif sont au mieux très limitĂ©es, au pire inexistantes.

Au sein de l’armĂ©e israĂ©lienne, la demande est de plus en plus nette d’Ă©largir les opĂ©rations. Selon un responsable militaire citĂ© dans l’article, si IsraĂ«l veut rĂ©ellement combattre le Hezbollah, il faut agir partout — sans quoi il faudrait accepter un cessez-le-feu immĂ©diat. Le mĂŞme responsable souligne que le Hezbollah est actuellement affaibli et qu’il faut profiter de cette fenĂŞtre pour frapper lĂ  oĂą ça fait mal.

Les Ă©valuations israĂ©liennes replacent la stratĂ©gie du Hezbollah dans le cadre de la campagne rĂ©gionale conduite par l’Iran : l’organisation servirait aussi, Ă  ce stade, de levier de pression iranien sur les États-Unis, dans un contexte d’affrontement avec TĂ©hĂ©ran et de tractations diplomatiques qui continuent d’influer sur le front nord. Le Hezbollah subit par ailleurs une critique croissante de l’intĂ©rieur du Liban — d’une partie de l’opinion publique et du système politique — ainsi que des pressions rĂ©gionales de la Syrie et d’autres pays opposĂ©s au renforcement de l’influence iranienne.

Dans ce contexte, la perspective d’un cessez-le-feu rapide au nord paraĂ®t, pour l’heure, très limitĂ©e.

Pour aller plus loin :