Le président Trump à Barak Ravid : « Je considère une attaque massive, plus grande que tout ce qui a existé auparavant — je suis proche d’une décision »

Le président Donald Trump a déclaré aujourd’hui (jeudi) au journaliste Barak Ravid, lors d’un bref entretien téléphonique, qu’il envisageait sérieusement un retour à une guerre élargie contre l’Iran, avec une offensive plus vaste que l’opération « Epic Fury » (Colère Puissante). Une déclaration qui intervient dans un climat de dréssure extrême, alors que la région retient son souffle depuis plusieurs jours.

« Je considère une attaque massive. Plus grande que tout ce qui a existé auparavant. Je suis proche de prendre une décision. Nous y sommes pleinement préparés », a affirmé Trump lors de ce court échange. Le président américain a précisé qu’il était conscient qu’une telle décision aurait des conséquences importantes, tout en soulignant qu’il n’avait pas encore tranché définitivement. Il n’a donné aucune date pour cette décision, et deux hauts responsables américains supplémentaires ont confirmé qu’aucune décision n’avait encore été prise et qu’aucune nouvelle instruction n’avait été transmise à l’armée.

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Israël « dans les deux minutes », mais des conséquences en jeu

Sur le rôle d’Israël dans une éventuelle escalade, Trump a été tout aussi direct. Il a affirmé qu’Israël « rejoindrait la campagne en l’espace de deux minutes » s’il le demandait, tout en ajoutant que les États-Unis « n’avaient besoin de personne » pour ouvrir une nouvelle opération contre l’Iran. Il a néanmoins averti qu’il y aurait des « conséquences » si Israël venait à rejoindre les frappes contre l’Iran — une allusion à peine voilée à une possible riposte iranienne visant directement le territoire israélien.

Interrogé sur l’état des discussions avec Téhéran, Trump a affirmé que les Iraniens « veulent négocier », mais qu’ils ne sont, à ce stade, pas disposés à conclure un accord. « Ils n’ont pas encore encaissé assez de douleur », a-t-il lancé. Deux sources régionales impliquées dans les efforts de médiation ont confirmé que la direction iranienne n’avait pas encore donné son accord à la dernière proposition présentée par les médiateurs de la région. « Nous essayons, mais les Iraniens ne coopèrent pas », a résumé l’une de ces sources.

Une escalade à plusieurs fronts, du détroit d’Ormuz à la mer Rouge

Le tableau d’ensemble dressé par cet entretien s’inscrit dans une escalade progressive : les États-Unis ont intensifié graduellement leurs frappes contre l’Iran au cours des douze derniers jours, dans une tentative d’endiguer les attaques iraniennes contre les navires marchands transitant par le détroit d’Ormuz. Jusqu’à présent, les Iraniens n’ont montré aucune volonté de modifier leur politique, et ont au contraire poursuivi l’escalade des attaques dans la région.

Les rebelles houthistes du Yémen, soutenus par l’Iran, ont de leur côté commencé à cibler des navires saoudiens en mer Rouge, aggravant ainsi les tensions sur une autre voie maritime essentielle au transport pétrolier et fragilisant davantage le marché mondial de l’énergie. Sur son compte Truth Social, Trump a écrit que si les Houthis reprenaient leurs tirs contre des bâtiments en mer Rouge, « les États-Unis tiendront l’Iran pour responsable ». Selon lui, les Houthis sont un relais de l’Iran, si bien que « l’Iran — et bien sûr les Houthis eux-mêmes — subiront une lourde sanction militaire ».

En marge de cet échange consacré à l’Iran, Trump a également évoqué la scène diplomatique bilatérale avec Israël. Il a indiqué que le Premier ministre Benjamin Netanyahou souhaitait se rendre la semaine prochaine à Washington pour assister à la cérémonie funéraire du sénateur Lindsey Graham. « Les relations avec Bibi sont très bonnes. Je le rencontrerai s’il est en ville », a déclaré le président américain.

Cet entretien, aussi bref soit-il, condense à lui seul l’ensemble des lignes de tension actuelles : une Maison-Blanche qui se dit prête à une frappe d’ampleur inédite, un Israël tenu à distance mais susceptible d’être engagé en quelques minutes, une médiation régionale qui patine face à l’intransigeance de Téhéran, et un second front qui s’ouvre en mer Rouge sous l’impulsion des Houthis. De quoi confirmer, s’il en était besoin, que la région se trouve à un tournant particulièrement sensible de ce conflit déjà vieux de douze jours.

À lire aussi sur infos-israel.news : notre article sur l’élimination des chefs houthistes par Tsahal, ainsi que notre analyse sur le jeu dangereux de Trump face à l’Iran.