Le président de la Chambre des représentants américaine, Mike Johnson, estime que la guerre contre l’Iran pourrait être achevée avant que les Américains ne se rendent aux urnes pour les élections de mi-mandat du 3 novembre. S’exprimant à distance depuis Washington devant le sommet annuel des dirigeants de la Coalition juive républicaine réuni à Las Vegas, le responsable républicain a évoqué un calendrier particulièrement précis : les 64 prochains jours.
Son message ne se limitait pourtant pas à annoncer une possible fin des opérations. Johnson a simultanément insisté sur la nécessité d’aller jusqu’au bout des objectifs fixés par les États-Unis.
« Nous devons résoudre cela », a-t-il déclaré. Selon lui, Washington doit parvenir à une résolution du conflit, mais ne peut se retirer avant que le travail ne soit entièrement achevé.
À découvrir aussi :
Le président de la Chambre a directement lié cette nécessité à la menace nucléaire iranienne. Un Iran disposant de l’arme nucléaire constituerait, selon ses mots, « une menace pour la liberté partout ». Johnson considère que l’objectif poursuivi était donc essentiel et affirme que celui-ci a été atteint.
À ses yeux, la phase actuelle est désormais celle d’une sortie progressive du conflit. « Nous sommes maintenant en train de mettre fin à tout cela », a-t-il expliqué devant les participants au rassemblement de Las Vegas. Johnson s’est montré confiant dans la capacité des États-Unis à terminer cette séquence.
C’est à ce moment qu’il a introduit le calendrier électoral américain dans son intervention. Si les opérations peuvent être bouclées « dans les 64 prochains jours », a-t-il expliqué, ce serait une bonne chose à l’approche des élections de mi-mandat.
La date n’est évidemment pas anodine. Les élections américaines de mi-mandat doivent se tenir le 3 novembre 2026 et représentent un rendez-vous politique crucial pour le Parti républicain. Johnson a toutefois pris soin de préciser que la nécessité stratégique du conflit pourrait être défendue même si celui-ci n’était pas terminé avant le scrutin.
« Même si ce n’est pas le cas, je pense que nous pouvons expliquer pourquoi cela était nécessaire », a-t-il déclaré.
La formule révèle la double dimension de son intervention. D’un côté, le président de la Chambre envisage publiquement une fin de la guerre avant les élections. De l’autre, il refuse de présenter cette échéance politique comme une date butoir susceptible de forcer Washington à abandonner ses objectifs militaires ou stratégiques.
La réunion de la Coalition juive républicaine a également été marquée par l’intervention de Ron Dermer, ancien ambassadeur d’Israël aux États-Unis et ancien ministre israélien des Affaires stratégiques. Son diagnostic sur l’Iran a été encore plus radical.
Dermer considère que la République islamique a déjà subi des dommages considérables. Selon lui, « l’Iran a été très durement battu » et se dirige désormais « vers les poubelles de l’Histoire ».
L’ancien responsable israélien a détaillé les éléments sur lesquels repose cette appréciation. Il estime que les capacités militaires iraniennes ont été sévèrement dégradées et souligne également la pression économique actuellement exercée par les États-Unis contre Téhéran.
Dans une autre intervention lors du même sommet, Dermer a affirmé que la capacité nucléaire militaire de l’Iran avait été détruite. Selon lui, il reste de l’uranium enrichi enfoui dans plusieurs sites iraniens, matériel qui demeure sous surveillance. Il a également estimé que les capacités avancées de missiles et les moyens de production iraniens avaient été repoussés de plusieurs années.
À cela s’ajoute, dans son analyse, l’affaiblissement du réseau régional construit par Téhéran. Dermer a cité les coups portés au Hamas et au Hezbollah, ainsi que l’affaiblissement plus général des relais iraniens dans la région.
Mais l’ancien ambassadeur ne veut pas que Washington s’arrête à l’affaiblissement militaire et économique du régime. Il appelle désormais Donald Trump et le vice-président JD Vance à aller beaucoup plus loin : faire du changement de régime en Iran un objectif stratégique américain.
Pour Dermer, la principale faiblesse de la République islamique se trouve à l’intérieur même du pays. Il affirme que la population iranienne déteste le régime et souhaite retrouver sa liberté.
Son conseil à l’administration américaine est donc sans ambiguïté. Les États-Unis devraient adopter une politique visant à ce que, lorsque Donald Trump quittera la Maison-Blanche, « l’Iran soit libre ». Dermer a précisé que cette politique n’avait pas nécessairement besoin d’être annoncée publiquement.
Il s’adressait directement au président américain, tout en rappelant que JD Vance devait lui aussi intervenir devant le rassemblement de la Coalition juive républicaine.
L’ancien responsable israélien considère que la pression économique constitue un élément central de cette stratégie. Les États-Unis, a-t-il expliqué, sont en train de « presser » économiquement l’Iran. Les sanctions et les autres mesures prises par Washington placeraient désormais Téhéran dans une situation particulièrement difficile.
Dermer recommande donc aux États-Unis de maintenir cette ligne tout en y ajoutant deux éléments.
Le premier consiste à répondre militairement à toute nouvelle provocation iranienne. Selon lui, Téhéran doit comprendre qu’une attaque contre les États du Golfe, Israël ou des intérêts américains dans la région entraînera une réponse américaine particulièrement forte.
Le second est précisément cette politique de changement de régime qu’il souhaite voir adoptée par Washington.
Dermer a même fixé son propre horizon. Le régime iranien, qui existe depuis près de cinq décennies, ne devrait selon lui pas atteindre son cinquantième anniversaire. Il estime qu’une combinaison de pression économique américaine et de coopération discrète entre les États-Unis, Israël et leurs partenaires arabes pourrait contribuer à cet objectif.
Sa vision de l’après-régime est tout aussi claire : une fois la République islamique disparue, Dermer prévoit que l’Iran et Israël pourraient redevenir amis et alliés.
L’intervention de Mike Johnson est moins explicite sur cette question. Le président de la Chambre s’est concentré sur la nécessité de terminer le travail engagé et sur la possibilité de parvenir à une résolution avant les élections américaines. Mais les deux interventions se rejoignent sur un point essentiel : aucun des deux responsables ne considère qu’une sortie du conflit doit intervenir avant que les objectifs recherchés soient atteints.
Le calendrier évoqué par Johnson intervient alors que la situation entre Washington et Téhéran reste particulièrement fragile. Les relations entre les deux pays ont déjà traversé plusieurs phases depuis le début du conflit, entre opérations militaires, pressions économiques et tentatives diplomatiques.
La question nucléaire reste au centre du bras de fer. Sur ce point, Johnson présente l’objectif comme essentiel : empêcher l’émergence d’un Iran doté de l’arme nucléaire.
Dermer va plus loin. Pour lui, les capacités nucléaires et militaires détruites ou affaiblies ne constituent qu’une partie de l’équation. La survie même du régime iranien reste le problème à résoudre.
Les « 64 prochains jours » évoqués par Mike Johnson dessinent donc un premier compte à rebours, celui qui conduit aux élections américaines du 3 novembre. Mais le président de la Chambre a lui-même refusé d’en faire une limite absolue.
Son message aux participants de Las Vegas tient finalement en deux impératifs : Washington souhaite mettre un terme à la guerre, mais pas au prix d’un travail laissé inachevé. Si la fin intervient avant les élections de mi-mandat, Johnson s’en félicitera. Si elle intervient plus tard, il estime que les républicains devront expliquer aux électeurs pourquoi la poursuite de l’opération était nécessaire.
Ron Dermer, lui, regarde déjà au-delà de ces 64 jours. Son échéance n’est pas novembre 2026 mais la fin de la présidence Trump. Et son objectif dépasse la fin des combats : il veut qu’à cette date, la République islamique telle qu’elle existe aujourd’hui ait disparu.
Pour suivre les développements autour du bras de fer entre Washington et Téhéran, Infos-Israel.News revient également sur la « guerre des horloges » entre l’Iran et les États-Unis, ainsi que sur la montée en puissance de la guerre économique américaine contre l’Iran. À lire également : l’enquête sur les démarches secrètes israéliennes visant le régime iranien.






